Fiches des espèces floristiques

Éléocharide à deux étamines

Éléocharide à deux étamines. © Jean-Marc Vallières, iNaturalist

Nom français
Éléocharide à deux étamines

Nom anglais
Wright's spikerush

Nom scientifique

Eleocharis diandra C. Wright

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce menacée

Famille
Cyperaceae

Description

L’éléocharide à deux étamines est une plante herbacée annuelle qui peut mesurer jusqu’à 25 cm. Elle pousse en petites touffes sur les rivages sablonneux des cours d’eau et des lacs dans le sud du Québec. Ses tiges sont souvent inclinées et ses fleurs forment un court épi.

Identification

Tige

Les tiges de l’éléocharide à deux étamines se développent à la base de la plante. Elles sont simples, étroites (de 0,3 à 1 mm) et mesurent de 2 à 25 cm de long.

Feuilles

Les feuilles de l’éléocharide à deux étamines sont de petites gaines qui entourent la base des tiges.

Fleurs

La structure des fleurs de l’éléocharide à deux étamines est simple. Chaque fleur est formée de deux étamines Lire le contenu de la note numéro 1 et d’un pistil Lire le contenu de la note numéro 2 fendu en deux à son extrémité. Ces organes sont protégés par une petite écaille ovale, brun pourpre, de 1 à 1,5 mm. Les fleurs sont regroupées en un court épi en forme d’œuf, qui mesure de 2 à 7 mm.

Fruits

L’éléocharide à deux étamines produit des akènes Lire le contenu de la note numéro 3 de 0,7 à 1 mm de long. Ceux-ci ont deux faces convexes comme des lentilles et sont légèrement plus larges dans le haut. Le renflement aplati à une extrémité est le reste de l’organe qui attirerait les insectes par son nectar.

Racines

Le système racinaire de l’éléocharide est formé d’un réseau de fines racines.

Espèces similaires

Éléocharide des estuaires (Eleocharis aestuum)

Éléocharide obtuse (Eleocharis obtusa)

Éléocharide ovale (Eleocharis ovata)

Distinctions

L’éléocharide des estuaires pousse uniquement dans l’estuaire du Saint-Laurent. Les fleurs de l’éléocharide à deux étamines n’ont pas de soies, contrairement aux fleurs de l’éléocharide ovale et de l’éléocharide obtuse.

Observation

La meilleure période pour observer l’éléocharide à deux étamines est d’août à octobre, au moment de sa fructification.

Répartition

L’aire de répartition de l’éléocharide à deux étamines est limitée au nord-est de l’Amérique du Nord. Elle s’étend de l’État de New York jusqu’au Vermont et au sud de l’Ontario et du Québec. Au Québec, l’espèce est présente sur les rives de la baie Missisquoi et de la rivière Richelieu, ainsi qu’à l’embouchure des rivières Rouge et Saint-François.

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, l’éléocharide à deux étamines a été répertoriée dans sept sites. Sa population totale est estimée à moins de 5 000 individus. Sa rareté la rend très vulnérable aux interventions humaines et aux modifications de son habitat.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S2.

Signalement

Si vous repérez une population d’éléocharide à deux étamines, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.

Habitat

L’éléocharide à deux étamines pousse sur les rives sableuses des cours d’eau et des lacs, qui sont inondées au printemps. Elle s’installe sur des sols sans végétation ou parmi d’autres plantes des marais.

Reproduction et propagation

L’éléocharide à deux étamines se reproduit uniquement par ses graines dispersées par l’eau.

Biologie

L’éléocharide à deux étamines fleurit à la fin de l’été et sa fructification a lieu en septembre et en octobre.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur l’éléocharide à deux étamines sont : 

  • la pollution de l’eau;
  • les activités récréatives sur les plages;
  • la stabilisation du niveau de l’eau;
  • les fluctuations extrêmes du niveau de l’eau en lien avec les changements climatiques.

Désignation et rétablissement

Au Québec, l’éléocharide à deux étamines est une espèce désignée menacée depuis 2023 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Deux des sites qui abritent l’éléocharide à deux étamines se trouvent dans des aires protégées.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

Informations complémentaires

Le nom générique Eleocharis, qui vient des mots grecs heleos (« marais ») et charis (« beauté »), fait référence à l’habitat de ces plantes. Le nom diandra signifie « deux étamines », un trait distinctif de l’espèce.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan].

CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.

COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol, New York et Oxford, [En ligne]. [http://beta.floranorthamerica.org].

COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.

MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.

NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [http://www.natureserve.org/explorer].

TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf]

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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