Érable noir

Tronc et feuillage de l’érable noir.

Érable noir. © Alexandre Bergeron

Nom français
Érable noir

Nom anglais
Black maple

Nom scientifique

Acer nigrum F. Michaux

Groupe de plantes

Arbres

Situation au Québec

Espèce vulnérable

Famille
Sapindaceae

Description

L’érable noir est un arbre feuillu qui peut atteindre 30 m de haut, 100 cm de diamètre et 250 ans d’âge. Il ressemble beaucoup à l’érable à sucre.

Identification

Tronc

Le tronc de l’érable noir est droit et son écorce est gris brun ou gris foncé, divisée en crêtes allongées, étroites et irrégulières.

Feuilles

Les feuilles de l’érable noir se reconnaissent à leur aspect fané et à leur bord retombant. Elles sont simples et découpées en trois lobes principaux. Elles mesurent de 6 à 18 cm de long et de 8 à 20 cm de large. Leur dessus est vert foncé et leur dessous est vert jaunâtre, couvert de poils fins et doux. À l’automne, les feuilles prennent une coloration jaune brunâtre, parfois orange, mais rarement rouge.

Fleurs

Très petites, les fleurs de l’érable noir pendent au bout de longs pédicelles Lire le contenu de la note numéro 1 velus et de longueur différente. Chaque fleur est constituée de cinq sépales Lire le contenu de la note numéro 2 vert jaunâtre qui entourent les organes reproducteurs. Une fleur peut être unisexuée ou hermaphrodite, c’est-à-dire avoir un pistil (organe femelle) et des étamines (organes mâles).

Fruits

Les fruits de l’érable noir ressemblent à ceux de l’érable à sucre. Chaque fruit contient deux graines disposées côte à côte. Leur enveloppe forme deux ailes parallèles, légèrement écartées et longues de 1,5 à 3,5 cm. Ce type de fruit se nomme « disamare ».

Racines

Le système racinaire de l’érable noir est profond et très étalé.

Distinctions

L’érable à sucre se distingue de l’érable noir par ses feuilles plates d’aspect ferme, sans poils sur le dessous (sauf parfois quelques poils sur les nervures principales) et découpées en cinq lobes distincts. En l’absence de feuilles, il est très difficile de distinguer ces deux espèces avec certitude sans effectuer d’analyse génétique. Cependant, les poils au revers des feuilles de l’érable noir persistent sur les feuilles tombées, même depuis des mois. Celles-ci s’accumulent au pied des tiges et peuvent donc servir à identifier l’espèce en dehors de la période de végétation.

Observation

L’érable noir peut être observé toute l’année, mais il est plus facile à identifier à partir du printemps, lorsque son feuillage est pleinement développé.

Répartition

Aux États-Unis, l’aire de répartition de l’érable noir se concentre autour des Grands Lacs et s’étend vers l’est jusqu’au New Hampshire. Au Canada, il pousse dans le sud de l’Ontario et du Québec. Au Québec, on le trouve de la Montérégie à l’Outaouais et jusque dans Lanaudière vers l’est. Des peuplements isolés sont présents à Mirabel et au mont Orford.

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, l’érable noir a été répertorié dans plus d’une centaine de sites, dont une proportion importante se trouve en milieu urbain et périurbain (banlieue). D’importantes populations sont probablement disparues de l’île de Montréal et de l’île Jésus.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S3.

Signalement

Si vous repérez une population d’érable noir, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.

Habitat

Au Québec, l’érable noir pousse dans les régions les plus chaudes du territoire. On le trouve dans des érablières à sucre, sur des sols modérément humides et souvent sur substrat calcaire.

Reproduction et propagation

L’érable noir se reproduit surtout grâce à ses graines, qui arrivent à maturité à la fin de l’été. Lors des journées venteuses, leurs ailes leur permettent d’être dispersées au loin. La formation de nouvelles tiges à la base de l’arbre (rejets de souche), après une coupe ou une blessure, constitue un autre mode de reproduction de l’espèce.

Biologie

L’érable noir est rarement l’espèce dominante dans les boisés où il croît. On le trouve plutôt en petits groupes dispersés en compagnie d’autres espèces d’arbres comme l’érable à sucre, le tilleul d’Amérique et le caryer cordiforme. Il supporte mieux les sols plus humides que l’érable à sucre et, comme lui, il est très tolérant à l’ombre. Cependant, il profite de la lumière directe (ouverture du couvert) pour s’implanter ou pousser plus rapidement.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur l’érable noir sont :

  • le développement résidentiel et commercial;
  • la coupe et la récolte du bois.

Désignation et rétablissement

Au Québec, l’érable noir est une espèce désignée vulnérable depuis 2012 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Près du cinquième des sites abritant l’érable noir se situent en totalité ou en partie dans des aires protégées.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan].

CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.

COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol., New York et Oxford, [En ligne]. [http://beta.floranorthamerica.org].

COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.

COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].

FARRAR, J. L. (1996). Les Arbres du Canada, Fides et le Service canadien des forêts, Ressources naturelles Canada, Ottawa, 502 p.

MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque, Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].

NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [http://www.natureserve.org/explorer].

TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf].

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

Évaluation de la page
Veuillez compléter la vérification reCAPTCHA.

L’information sur cette page vous a-t-elle été utile?

Pourquoi l’information n’a pas été utile?

Vous devez sélectionner une option

Quel est le problème?

Vous devez sélectionner une option

Pourquoi l’information a été utile?

Veuillez préciser la nature du problème