Ériocaulon de Parker

Ériocaulon de Parker. © Line Couillard, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Ériocaulon de Parker

Nom anglais
Parker's pipewort

Nom scientifique

Eriocaulon parkeri B.L. Robinson

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce menacée

Famille
Eriocaulaceae

Description

L’ériocaulon de Parker est une petite plante annuelle herbacée qui pousse uniquement dans les marais des estuaires côtiers du nord-est de l’Amérique du Nord. Ses tiges, qui sortent d’une rosette de feuilles en forme de lance, portent chacune un capitule Lire le contenu de la note numéro 1 qui ressemble à un bouton. 

Identification

Tige

Les tiges de l’ériocaulon de Parker sont droites, mesurent de 1 à 20 cm et ont de quatre à cinq crêtes longitudinales. Elles portent à leur sommet un groupe de fleurs appelé « capitule », qui ressemble à un bouton. 

Feuilles

Les feuilles de l’ériocaulon de Parker forment une rosette à la base de la plante. Elles sont fines, longues (de 1 à 6 cm), étroites (de 1 à 4 mm), très pointues, et elles présentent un réseau de nervures qui ressemble à un filet.

Fleurs

Les fleurs de l’ériocaulon de Parker sont unisexuées (mâles ou femelles). Elles sont regroupées en un capitule blanc ou gris terne, en forme de petite boule (de 3 à 6 mm de diamètre), au sommet de la tige. Les fleurs mâles ont deux sépales Lire le contenu de la note numéro 2 , deux pétales et quatre étamines Lire le contenu de la note numéro 3 avec des anthères Lire le contenu de la note numéro 4 noires. Chez les fleurs femelles, deux sépales et deux pétales blanc jaunâtre entourent le pistil Lire le contenu de la note numéro 5 . Lors de leur épanouissement, les fleurs donnent au capitule un aspect laineux.

Fruits

L’ériocaulon de Parker produit une capsule qui contient deux graines brun-rouge, avec un réseau de petits rectangles disposés horizontalement.

Racines

Le système racinaire de l’ériocaulon de Parker est composé de racines fibreuses, pâles et non ramifiées.

Espèces similaires

Ériocaulon aquatique (Eriocaulon aquaticum)

Distinctions

L’ériocaulon aquatique se distingue par ses capitules plus gros (de 5 à 9 mm de diamètre), et il ne pousse pas dans la zone de balancement des marées de l’estuaire du Saint-Laurent.

Observation

La meilleure période pour observer l’ériocaulon de Parker est de juillet à octobre, au moment de sa floraison ou de sa fructification.

Répartition

L’aire de répartition de l’ériocaulon de Parker est limitée aux estuaires côtiers de l’est de l’Amérique du Nord, depuis la Caroline du Nord jusqu’au Nouveau-Brunswick et au Québec, à l’exception du Rhode Island et du New Hampshire. Au Québec, il est présent sur la rive nord du Saint-Laurent, de Batiscan à Boischatel, et sur la rive sud, de Saint-Antoine-de-Tilly à Berthier-sur-Mer. On le trouve aussi dans l’archipel de L’Isle-aux-Grues, à Montmagny. La faible amplitude des marées dans la région de Batiscan et l’accroissement de la salinité de l’eau dans la région de L’Islet limitent sa répartition au Québec.

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, l’ériocaulon de Parker a été répertorié dans 36 sites, dont deux où sa disparition a été constatée. Une vingtaine de sites abritent des milliers d’individus et sept autres en comptent des millions. Malgré cette abondance, l’aire de répartition restreinte de l’espèce rend sa situation précaire.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S3.

Signalement

Si vous repérez une population d’ériocaulon de Parker, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation. 

Habitat

L’ériocaulon de Parker pousse dans les marais de l’estuaire d’eau douce à saumâtre Lire le contenu de la note numéro 6 du Saint-Laurent, inondés deux fois par jour par les marées. Il croît principalement sur des sols vaseux ou sablonneux, dans la partie basse des marais dominée par le scirpe piquant. On le trouve aussi dans de petites flaques d’eau sur des affleurements rocheux.

Reproduction et propagation

L’ériocaulon de Parker se reproduit uniquement par ses graines. Les perturbations du sols causées par les marées emportent une grande partie des graines produites, ce qui entraîne un taux de mortalité élevé.

Biologie

L’ériocaulon de Parker fleurit de juillet à octobre. Ses longues étamines et son style allongé favoriseraient la pollinisation par le vent. Une étude a démontré que le nombre et l’emplacement des individus peuvent changer de manière significative en seulement trois ans.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur l’ériocaulon de Parker sont :

  • la circulation de véhicules tout terrain;
  • la construction d’infrastructures comme des quais et des marinas;
  • l’érosion, qui peut entraîner une perte d’habitat.

Désignation et rétablissement

Au Québec, l’ériocaulon de Parker est une espèce désignée menacée depuis 2001 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Près des trois quarts des sites qui abritent l’ériocaulon de Parker sont situés en totalité ou en partie dans des aires protégées. Deux de ces aires protégées visent spécifiquement la protection de l’espèce :

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

Informations complémentaires

Au Québec, l’éricaulon de Parker est le seul représentant de son genre dans la zone intertidale du Saint-Laurent. Le nom « ériocaulon » vient des mots grecs erion (« laine ») et caulos (« tige ») et fait référence au capitule laineux porté à l’extrémité de la tige des espèces de ce genre.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan].

BROUILLET, L., D. BOUCHARD et F. COURSOL (2004). Les plantes menacées ou vulnérables et autres plantes rares de l’estuaire fluvial du Saint Laurent entre Grondines et Saint Jean Port Joli, rapport préparé pour le gouvernement du Québec, ministère de l’Environnement, Direction du patrimoine écologique et du développement durable, Québec, 92 p.

CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.

COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.

COURSOL, F. (1999). La situation de l’ériocaulon de Parker (Eriocaulon parkeri) au Québec, ministère de l’Environnement, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, Québec, 39 p.

JOLICOEUR, G., et L. COUILLARD (2008). Plan de conservation de l’ériocaulon de Parker (Eriocaulon parkeri) : Espèce menacée au Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Direction du patrimoine écologique et des parcs, Québec, 12 p.

MARIE VICTORIN, FRÈRE (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour et annotée par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet, en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque, Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].

NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [http://www.natureserve.org/explorer].

TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf].

Dernière mise à jour : 8 avril 2026

Évaluation de la page
Veuillez compléter la vérification reCAPTCHA.

L’information sur cette page vous a-t-elle été utile?

Pourquoi l’information n’a pas été utile?

Vous devez sélectionner une option

Quel est le problème?

Vous devez sélectionner une option

Pourquoi l’information a été utile?

Veuillez préciser la nature du problème