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Fiches des espèces floristiques
Gaylussaquier de Bigelow. © Francis Boudreau, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Gaylussaquier de Bigelow
Nom anglais
Bog huckleberry
Gaylussacia bigeloviana (Fernald) Sorrie & Weakley
Groupe de plantes
Arbustes
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Ericaceae
Description
Le gaylussaquier de Bigelow est un petit arbuste de 10 à 50 cm, de la même famille que le bleuet. Il a des fleurs blanches en forme de clochettes et des fruits ronds, charnus et noirs. Il pousse en petites colonies dans les tourbières.
Identification
Tige
Les jeunes rameaux du gaylussaquier de Bigelow sont brun grisâtre et souvent recouverts de poils glanduleux.
Feuilles
Les feuilles du gaylussaquier de Bigelow se trouvent à l’extrémité des rameaux. Elles mesurent de 2 à 4 cm de long et de 1 à 2 cm de large. Elles sont ovales, vert clair en dessous, vert foncé brillant au-dessus, rétrécies à la base, avec une petite pointe raide appelée « mucron » à l’extrémité. Leur bord est souvent teinté de rouge au début de l’été. Les deux faces des feuilles sont couvertes de petites glandes portées sur un petit support.

Feuilles du gaylussaquier de Bigelow. © Pierre Petitclerc, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fleurs
Les trois à sept fleurs du gaylussaquier de Bigelow sont réunies en petites grappes à l’extrémité des rameaux. Chaque fleur a cinq sépales Lire le contenu de la note numéro 1 et cinq pétales. Les sépales sont vert pâle, très courts (2 mm) et triangulaires. Les pétales, de 6,5 à 8,5 mm de long, sont blancs, parfois rosés, presque entièrement soudés et recourbés au sommet, formant une clochette.

Fleurs du gaylussaquier de Bigelow. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fruits
Les fruits du gaylussaquier de Bigelow ressemblent à ceux du bleuet, mais ils sont noirs et couverts de petites glandes portées sur un petit support. Ils mesurent de 6 à 8 mm de diamètre et contiennent une dizaine de graines. En botanique, ce fruit est appelé « drupe ».

Fruits du gaylussaquier de Bigelow. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Racines
Le système racinaire du gaylussaquier de Bigelow est constitué de rhizomes Lire le contenu de la note numéro 2 horizontaux enfouis dans la tourbe.
Espèces similaires
Gaylussaquier à fruits bacciformes (Gaylussacia baccata)
Distinctions
Le gaylussaquier de Bigelow est plus petit que le gaylussaquier à fruits bacciformes, avec des feuilles terminées par une petite pointe raide. Il est moins jaunâtre et les glandes sur ses feuilles sont visibles à l’œil nu.
Observation
La meilleure période pour observer le gaylussaquier de Bigelow est l’été, au moment de sa floraison et de sa fructification.
Répartition
L’aire de répartition générale du gaylussaquier de Bigelow s’étend sur la côte de l’Atlantique, de la Caroline du Sud jusqu’aux quatre provinces de l’Atlantique au Canada. Au Québec, l’espèce est présente dans les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, le gaylussaquier de Bigelow a été répertorié dans six tourbières. La taille des populations y varie de quelques centaines à quelques dizaines de milliers d’individus, selon la superficie d’habitat disponible. L’espèce est sensible aux modifications de son habitat, surtout lorsqu’on y exploite la tourbe. C’est le cas sur un des tourbières où elle se trouve, mais une zone de 10 ha a été protégée pour préserver une partie de la population.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.
Signalement
Si vous repérez une population de gaylussaquier de Bigelow, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
Le gaylussaquier de Bigelow pousse uniquement dans les tourbières alimentées par l’eau des précipitations. Ce type de tourbière, pauvre en nutriments, est qualifié « d’ombrotrophe ». L’espèce se trouve dans les parties ouvertes de ces tourbières, parmi les sphaignes, dans des zones très humides ou sur de petites buttes plus sèches.
Reproduction et propagation
Le gaylussaquier de Bigelow se reproduit surtout de façon végétative, en formant de nouvelles tiges à partir de son rhizome.
Biologie
Le gaylussaquier de Bigelow préfère la pleine lumière et supporte mal l’ombre. On ne le trouve jamais dans des colonies denses d’autres petits arbustes, comme le cassandre caliculé, une espèce fréquente dans son habitat. Il fleurit de la fin juin à la mi juillet et sa fructification se produit vers la fin d’août. Une étude a révélé que le nombre de fleurs produites dépend de la taille des individus.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur le gaylussaquier de Bigelow sont :
- l’exploitation de la tourbe;
- la circulation de véhicules hors route;
- la cueillette de petits fruits.
Désignation et rétablissement
Au Québec, le gaylussaquier de Bigelow est une espèce désignée menacée depuis 2001 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Deux sites qui abritent le gaylussaquier de Bigelow visent spécifiquement la protection de l’espèce :
l’habitat floristique de la Tourbière-de-L’Anse-à-la-Cabane ;l’habitat floristique de la Tourbière-du-Lac-Maucôque .
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
La découverte du gaylussaquier de Bigelow au Québec est récente. Il avait été récolté pour la première fois en 1962 par l’écologiste Pierre Dansereau, près de la ville de Percé en Gaspésie. Celui-ci avait identifié l’espèce comme du gaylussaquier à fruits bacciformes. Ce n’est qu’en 1973, lors de la visite d’une grande tourbière à Rivière-Ouelle, que les botanistes Robert Gauthier et Pierre Morisset ont identifié l’espèce avec certitude à partir de leurs récoltes.
Le gaylussaquier de Bigelow a été nommé ainsi en l’honneur de deux scientifiques : le chimiste français Joseph Louis Gay-Lussac (1778-1850) et le médecin et botaniste américain Jacob Bigelow (1787-1879).
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+ ). Flora of North America North of Mexico, 25 + vol., New York et Oxford, [En ligne]. [
GAUTHIER, R. (1983). « Gaylussacia dumosa (Andr.) T. & G. var. bigeloviana Fern. nouveau dans la flore du Québec », Le Naturaliste canadien, 110 : 411-420.
GAUTHIER, R., et M. GARNEAU (1998). La situation du gaylussaquier nain variété de Bigelow (Gaylussacia dumosa var. bigeloviana) au Québec, ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, Québec, 36 p.
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
PETITCLERC, P., N. DIGNARD, L. COUILLARD, G. LAVOIE et J. LABRECQUE (2007). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables, Bas-Saint-Laurent et Gaspésie, ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction de l’environnement forestier, Québec, 113 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Bas-Saint-Laurent-Gaspesie.pdf].
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
À consulter aussi
-
Note de bas de page numéro 1Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 1
-
Note de bas de page numéro 2Le rhizome est une tige souterraine, généralement horizontale, qui produit des racines et des tiges aériennes. Retour à la référence de la note numéro 2
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
