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Fiches des espèces floristiques
Géranium de Caroline. © Annkatrin Rose, iNaturalist
Nom français
Géranium de Caroline
Autre(s) nom(s) français
Géranium de la Caroline
Nom anglais
Carolina geranium
Geranium carolinianum Linnaeus
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Geraniaceae
Description
Le géranium de Caroline est une plante herbacée annuelle de 10 à 50 cm de haut, caractérisée par ses tiges très ramifiées, ses fleurs rose pâle, lilas ou blanches et ses feuilles profondément lobées. Il pousse uniquement en Outaouais, dans des milieux ouverts rocheux et calcaires.
Identification
Tige
Les tiges du géranium de Caroline sont très ramifiées dès la base, droites ou arquées, souvent rougeâtres et couvertes de poils.
Feuilles
Les feuilles du géranium de Caroline sont grossièrement circulaires ou en forme de rein. Elles mesurent de 3 à 5 cm de long et de 1 à 9 cm de large et elles sont généralement divisées en cinq lobes profonds. La plupart de ces lobes sont à leur tour découpés en lobes étroits, plus ou moins longs, et munis d’une petite pointe rougeâtre à leur extrémité. Les feuilles sont couvertes de poils fins, ce qui leur donne une couleur vert grisâtre. Elles sont disposées par paires sur la tige et portées par des pétioles Lire le contenu de la note numéro 1 verts ou teintés de rouge, couverts de poils, dont la longueur diminue du bas vers le haut de la plante.

Feuilles du géranium de Caroline. © Peter M. Dziuk
Fleurs
Les fleurs du géranium de Caroline se développent par paires sur de courts pédoncules, à l’aisselle des feuilles supérieures. Elles mesurent de 9 à 12 mm de diamètre et se composent de cinq sépales et cinq pétales. Les sépales sont verts, ovales ou en forme de lance, couverts de poils à l’extérieur, et portent une arête pointue qui dépasse les pétales. Les pétales mesurent de 3 à 4 mm de long et 2 mm de large, et ils sont légèrement échancrés au sommet. Leur couleur varie du blanc au lavande rosé, avec des lignes plus foncées à partir de la base.

Fleurs du géranium de Caroline. © Peter M. Dziuk
Fruits
Le géranium de Caroline produit des fruits secs, couverts de poils et surmontés d’un long bec de 1,5 à 2 cm de long. Ils sont entourés par les sépales Lire le contenu de la note numéro 2 de la fleur encore présents. Les fruits sont formés de cinq sections avec à leur base une cavité renfermant une seule graine. À maturité, la partie externe du fruit se dessèche et se contracte. Les cinq sections du fruit se détachent de la base, se relèvent brusquement et, tout en restant fixées dans le haut du bec, projettent les graines avec force comme une catapulte. Les graines, de 2 à 2,2 mm de long, sont bosselées et ornées d’un réseau de lignes fines.

Jeunes fruits du géranium de Caroline. © Frédéric Coursol

Fruits matures du géranium de Caroline. © Nathantay, iNaturalist
Racines
Le système racinaire du géranium de Caroline est une racine pivotante qui peut atteindre 15 cm de profondeur.
Espèces similaires
Géranium de Bicknell (Geranium bicknellii)
Distinctions
Le géranium de Bicknell se distingue principalement du géranium de Caroline par ses fleurs moins entassées, roses ou pourpres, et par les pédicelles Lire le contenu de la note numéro 3 de ses fruits, qui sont deux fois plus longs que les sépales.
Observation
La meilleure période pour observer le géranium de Caroline est l’été, au moment de sa floraison et de sa fructification.
Répartition
L’aire de répartition du géranium de Caroline couvre l’ensemble des États-Unis. Au Canada, l’espèce est présente de la Colombie-Britannique jusqu’au Québec, mais absente des provinces maritimes. Au Québec, elle a été uniquement observée à deux endroits, en Outaouais.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, le géranium de Caroline a seulement été répertorié près de la rivière des Outaouais, dans deux milieux ouverts rocheux et calcaires. Chaque site abrite tout au plus une dizaine d’individus. L’extrême rareté de l’espèce rend sa situation très précaire au Québec.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S1.
Signalement
Si vous repérez une population de géranium de Caroline, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
Le géranium de Caroline pousse sur des plateformes rocheuses et calcaires exposées, partiellement recouvertes par des arbres ou des arbustes, sur un sol mince plutôt sec ou s’asséchant pendant la période estivale.
Reproduction et propagation
Le géranium de Caroline se reproduit uniquement par ses graines qui tombent au sol.
Biologie
Le géranium de Caroline fleurit et fructifie tout au long de la saison de croissance. Ses feuilles et ses fruits peuvent devenir rouge brillant à la fin de l’été.
Menaces pour l’espèce
La principale menace qui pèse sur le géranium de Caroline est la circulation en véhicules tout terrain.
Désignation et rétablissement
Au Québec, le géranium de Caroline est une espèce désignée menacée depuis 2023 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
L’un des sites abritant le géranium de Caroline se trouve dans une
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le nom du genre, Geranium, est issu du mot grec geranos (« grue ») et fait référence au long bec des fruits.
Les plantes cultivées sous le nom « géranium » sont généralement des hybrides ou des variétés du pélargonium zonale, une espèce de la même famille que le géranium de Caroline, mais originaire du sud et de l’est de l’Afrique.
Le géranium de Caroline a déjà été utilisé en médecine traditionnelle pour traiter l'hépatite B et des problèmes inflammatoires.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol, New York et Oxford, [En ligne]. [
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COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf]
MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
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Note de bas de page numéro 1Le pétiole est la petite tige qui relie la feuille au rameau ou à la tige principale d’une plante. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Le pédicelle est une petite tige qui porte une fleur ou un fruit. Retour à la référence de la note numéro 3
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
