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Fiches des espèces floristiques
Listère du Sud. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Listère du Sud
Nom anglais
Southern twayblade
Neottia bifolia (Rafinesque) Baumbach
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Orchidaceae
Description
La listère du Sud est une petite orchidée vivace de 20 cm, avec deux feuilles opposées au milieu de la tige et une grappe de fleurs verdâtres ou rougeâtres au sommet. Cette orchidée est si petite qu’elle passe souvent inaperçue.
Identification
Tige
La tige de la listère du Sud est mince, généralement pourpre, parfois verdâtre ou brunâtre, et elle mesure de 10 à 21 cm.
Feuilles
La listère du Sud a deux feuilles opposées à mi-hauteur de la tige. Elles sont ovales, vertes ou vert foncé, rétrécies à l’extrémité, et elles mesurent de 1,3 à 4 cm de long et de 0,5 à 2,1 cm de large.

Feuilles opposées de la listère du Sud. © Frédéric Coursol
Fleurs
La listère du Sud produit de 5 à 25 petites fleurs pourpres, rougeâtres ou verdâtres. Elles sont disposées en grappes lâches en haut de la tige, et portées par un pédicelle Lire le contenu de la note numéro 1 filiforme et glanduleux. Chaque fleur a six parties dont le labelle Lire le contenu de la note numéro 2 , la plus grande, mesure de 6 à 10 mm de long et se divise en deux lobes linéaires légèrement écartés. Les deux pétales de chaque côté du labelle et les trois sépales Lire le contenu de la note numéro 3 , plus petits (de 1,3 à 1,5 mm), sont recourbés vers l’arrière.

Fleurs de la listère du Sud avec leur labelle découpé en deux lobes linéaires. © Frédéric Coursol
Fruits
Les fruits de la listère du Sud sont de petites capsules en forme d’œuf, qui mesurent de 6 à 8 mm de long et 4 à 5 mm de large. Les pièces florales restent sur les capsules jusqu’à la libération des graines, qui sont très petites et peu nombreuses.

Fruits de la listère du Sud. © Sonia Hill
Racines
Le système racinaire de la listère du Sud est composé d'un rhizome Lire le contenu de la note numéro 4 vertical qui produit chaque année des racines horizontales.

Système racinaire de la listère du Sud (source : Atlas of Florida Plants).
Espèces similaires
Listère à feuilles cordées (Neottia cordata)
Distinctions
La listère à feuilles cordées se distingue de la listère du Sud par un pédicelle sans glandes, un labelle plus court (de 3 à 5 mm) et des pièces florales étalées et plus longues.
Observation
La meilleure période pour observer la listère du Sud s’étend de juin à juillet, au moment de sa floraison.
Répartition
Dans le sud des États-Unis, l’aire de répartition de la listère du Sud s’étend de la Floride et du Texas jusqu’en Virginie et au Missouri, et sur la côte est, du Maryland jusqu’au Vermont et à l’État de New York. Au Canada, l’espèce est présente dans les provinces maritimes, à Terre-Neuve, au Québec et en Ontario. Au Québec, on la trouve de la Montérégie jusqu’à la Capitale-Nationale, et au nord du fleuve Saint-Laurent, des Laurentides jusqu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, la listère du Sud a été recensée dans une quarantaine de sites, dont deux dont elle est disparue. La plupart des sites abritent seulement quelques individus, ce qui les rend très vulnérables aux perturbations de leur habitat.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.
Signalement
Si vous repérez une population de listère du Sud, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
La listère du Sud se trouve principalement dans les bordures forestières des tourbières dominées par une végétation de sphaignes Lire le contenu de la note numéro 5 et d’arbustes bas de la famille des éricacées, comme le bleuet. On la trouve aussi à l’intérieur des tourbières, souvent sous des arbustes et près d’un arbre, comme l’épinette noire ou le mélèze.
Reproduction et propagation
La listère du Sud se reproduit par ses graines dont la germination dépend d’une association avec un champignon microscopique, comme la plupart des orchidées. Elle se propage également par son rhizome, qui se ramifie et produit de nouvelles tiges.
Biologie
La listère du Sud émerge de la sphaigne vers la mi-mai. Sa tige pousse rapidement et ses feuilles s'ouvrent dans les jours suivants. La floraison commence au début de juin et la fructification vers la mi-juin. Les capsules s’ouvrent autour de la mi-juillet, puis la partie aérienne de la plante meurt, laissant seulement le système racinaire dans la tourbe.
Chaque année, le rhizome de la plante s’allonge de quelques centimètres, produisant une nouvelle tige et de nouvelles racines horizontales. Cette croissance permet à la plante de s’élever au-dessus de la tourbe, qui continue de s'accumuler.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur la listère du Sud sont :
- le drainage des tourbières pour l’extraction de la tourbe;
- l’implantation de cultures de canneberges;
- la circulation de véhicules hors route.
Désignation et rétablissement
Au Québec, la listère du Sud est une espèce désignée menacée depuis 2010 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Près du cinquième des sites qui abritent l’espèce se situent en totalité ou en partie dans des
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le nom « listère » fait référence à Martin Lister, un physicien et naturaliste britannique du 17e siècle. Le nom spécifique « du Sud » souligne sa répartition jusqu’en Floride.
Au Québec, la première mention de la listère du Sud, due à William Henry Mousley, date de 1940, à Sainte-Dorothée sur l'île de Laval. Ce naturaliste britannique, passionné d’orchidées, vivait dans les Cantons-de-l’Est.
Pour en savoir plus
Références
ASSELIN, A. et J. CAYOUETTE. (2019. Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 4, 1867-1935, Les éditions du Septentrion, Québec, 174 p.
BEAUSÉJOUR, S. (2008). Les orchidées indigènes du Québec-Labrador, Les Éditions Native, Joliette, 176 p.
BOUDREAU, L. (2001). La situation de la listère australe (Listera australis) au Québec : une orchidée rare de nos tourbières, ministère de l’Environnement, Direction du patrimoine écologique et du développement durable, Québec, 72 p.
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol., New York et Oxford, [En ligne]. [
COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.
COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].
MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque, Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
À consulter aussi
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Note de bas de page numéro 1Le pédicelle est une petite tige qui porte une fleur ou un fruit. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Le labelle est un des trois pétales des orchidées. Il est plus long, plus large et plus coloré que les deux autres et sert à attirer les insectes. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Le rhizome est une tige souterraine qui produit des racines et des tiges aériennes. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Les sphaignes sont des mousses qui poussent en coussins ou en tapis denses dans les milieux humides, comme les tourbières. Retour à la référence de la note numéro 5
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
