Noyer cendré
Noyer cendré. © Line Couillard
Nom français
Noyer cendré
Nom anglais
Butternut
Juglans cinerea Linnaeus
Groupe de plantes
Arbres
Situation au Québec
Espèce susceptible
Famille
Juglandacea
Dans cette page :
Description
Le noyer cendré est un arbre feuillu qui peut atteindre 25 m de haut, 75 cm de diamètre, et vivre jusqu’à 80 ans. On le reconnaît à ses très grandes feuilles composées de 11 à 17 feuilles plus petites (folioles) et à son écorce formée de crêtes aplaties et entrecroisées.
Identification
Tronc
Le tronc du noyer cendré est droit et long, et son écorce est gris pâle et lisse. Avec les années, l’écorce devient plus foncée et se fissure, formant des crêtes aplaties, irrégulières et entrecroisées.
Feuilles
Le noyer cendré possède de très grandes feuilles, mesurant de 30 à 60 cm de long et de 10 à 25 cm de large. Elles sont composées de 11 à 17 feuilles plus petites (folioles), ovales, pointues au sommet, rétrécies à la base et finement dentées. Leur dessus est vert jaunâtre et rugueux tandis que le dessous est plus pâle et poilu.

Feuilles du noyer cendré. © Frédéric Coursol
Fleurs
Les fleurs mâles et femelles du noyer cendré sont séparées. Les fleurs mâles forment des chatons pendants de 6 à 14 cm de long à la base des nouveaux rameaux, tandis que les fleurs femelles se développent en petits groupes de quatre à sept.

Fleurs mâles du noyer cendré. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts

Fleurs femelles du noyer cendré. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fruits
Les fruits du noyer cendré ressemblent à de petits citrons. Leur couleur varie de verdâtre à brun foncé et ils mesurent de 5 à 8 cm de long et de 3 à 4,5 cm de large. Ils ont une enveloppe mince, duveteuse et collante, et un noyau dur qui contient une amande. Ce type de fruit s’appelle une « drupe ».

Fruits du noyer cendré. © Pierre Petitclerc, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Racines
Les racines du noyer cendré sont profondes et étalées. Elles se développent généralement à partir d’un axe central.
Espèces similaires
Noyer noir (Juglans nigra)
Distinctions
Le noyer noir est parfois planté au Québec, mais il n’y pousse pas naturellement. Il se distingue par ses feuilles qui comptent un plus grand nombre de folioles (de 14 à 22). La foliole terminale est absente ou plus petite que les autres. Son fruit est sphérique et dégage une odeur d’agrume.
Observation
Le noyer cendré peut être observé toute l’année.
Répartition
L’aire de répartition du noyer cendré s’étend de la Géorgie et du Kansas jusqu’au Dakota du Nord, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick. Au Québec, il est présent de la Montérégie à l’Outaouais et jusque dans la région de la Capitale-Nationale vers l’est.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Le noyer cendré a été répertorié dans près de 500 sites, mais il est désormais considéré comme rare dans toute son aire de répartition en raison de la forte mortalité causée par un champignon microscopique très virulent, le chancre du noyer cendré.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S1.
Signalement
Si vous repérez une population de noyer cendré, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
Le noyer cendré pousse dans les régions les plus chaudes du Québec, sur des sols bien drainés et rocailleux. On le trouve dans des érablières avec l’érable à sucre, le tilleul d’Amérique, le caryer cordiforme et le frêne blanc. Il se développe aussi sur des sites plus humides, près des cours d’eau, en compagnie du frêne rouge et de l’orme d’Amérique.
Reproduction et propagation
Le noyer cendré se reproduit principalement par ses fruits, qui arrivent à maturité à la fin de l’été. Les petits rongeurs, attirés par ces fruits, les enterrent pour en faire des réserves, aidant ainsi leur propagation.
La formation de nouvelles tiges à la base de l’arbre (rejets de souche), après une coupe ou une blessure, constitue un autre mode de reproduction de l’espèce.
Biologie
Le noyer cendré fleurit au printemps, de la mi-mai à la mi-juin. Les fleurs sont pollinisées par le vent. Les fleurs des deux sexes se développent à des moments différents sur le même arbre, ce qui favorise la pollinisation croisée. Les fruits sont mûrs à l’automne, et les graines germent habituellement au printemps suivant. La production de fruits commence vers l’âge de 20 ans et atteint un maximum entre 30 et 60 ans.
Le noyer cendré est une espèce de pleine lumière qui profite de l’ouverture du couvert forestier pour s’implanter et pousser plus rapidement.
Menaces pour l’espèce
La principale menace qui pèse sur le noyer cendré est le chancre du noyer cendré, un champignon pathogène.
Maladies
Le noyer cendré est menacé par un champignon microscopique originaire d’Asie, le chancre du noyer cendré. Sa présence a été signalée pour la première fois au Québec en 1990. La maladie s’est ensuite propagée rapidement dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. La survie de l’espèce en Amérique du Nord dépend de la conservation et de la propagation d’individus qui montrent une certaine résistance à la maladie.
Désignation et rétablissement
Au Québec, le noyer cendré est une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Près du cinquième des sites qui abritent cet arbre se situent en totalité ou en partie dans des aires protégées.
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Pour connaître le statut de l’espèce au Canada, consultez le Registre public des espèces en péril.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Autrefois, les Amérindiens faisaient bouillir les fruits du noyer cendré pour en extraire une huile utilisée comme beurre, d’où le nom anglais « butternut ». Les amandes, douces et sucrées, étaient séchées et broyées pour enrichir les bouillies de farine de maïs. Dans la région de Montréal, elles auraient été commercialisées pendant un certain temps.
Pour en savoir plus
Références
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Dernière mise à jour : 28 janvier 2026
