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Fiches des espèces floristiques
Oxytrope visqueux. © Francis Boudreau, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Oxytrope visqueux
Nom anglais
Sticky locoweed
Oxytropis borealis DC. var. viscida (Nutt.) S.L. Welsh
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Fabaceae
Description
L’oxytrope visqueux est une plante herbacée vivace de la famille des légumineuses, comme le pois. Ses feuilles sont composées de petites feuilles (folioles) couvertes de poils fins, et ses fleurs sont blanc jaunâtre. Au Québec, on le trouve uniquement au mont Saint-Pierre, en Gaspésie.
Identification
Tige
L’oxytrope visqueux a plusieurs tiges droites, aussi longues ou plus longues que les feuilles. Elles sont couvertes de longs poils blancs et de glandes collantes.

Tige de l’oxytrope visqueux. © Ryan Sealy, iNaturalist
Feuilles
Les feuilles de l’oxytrope visqueux se développent à la base des tiges. Chacune des tiges compte de 11 à 25 paires de petites feuilles (de 8 à 16 mm), ovales ou en forme de lance, pointues et couvertes de poils blancs. La taille des feuilles diminue vers le haut.

Feuilles de l’oxytrope visqueux. © Matt Langemeier, iNaturalist
Fleurs
Les fleurs de l’oxytrope visqueux sont regroupées en petites grappes ou en épis courts de 5 à 20 fleurs. Leur calice Lire le contenu de la note numéro 1 est denté et couvert de poils blancs et de glandes collantes. La corolle Lire le contenu de la note numéro 2 blanchâtre est formée de cinq pétales inégaux. Le pétale le plus grand, appelé « étendard », surmonte les quatre autres plus petits. Deux se déploient comme des ailles, alors que les deux autres, soudés à la base comme la quille d’un bateau, renferment les organes reproducteurs de la fleur. Cette structure, typique des légumineuses, rappelle la forme d’un papillon.

Fleurs de l’oxytrope visqueux. © Bruce Bennett, iNaturalist
Fruits
L’oxytrope visqueux produit de petites gousses Lire le contenu de la note numéro 3 cylindriques d’environ 1 cm de long, orientées vers le haut et couvertes de poils. Elles deviennent brunes à maturité.

Gousses de l’oxytrope visqueux. © Francis Boudreau, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Racines
L’oxytrope visqueux possède une grande racine pivotante plus ou moins ramifiée.

Racines de l’oxytrope visqueux. © Michael John Oldham, iNaturalist
Espèces similaires
Distinctions
L’oxytrope visqueux est l’une des quatre variétés de l’oxytrope boréal. Deux variétés poussent uniquement dans le nord-ouest du Canada et en Alaska. Une autre, présente au Québec (Oxytropis borealis var. hudsonica), n’a été répertoriée que le long de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava. L’oxytrope visqueux est donc facilement identifiable.
Observation
La meilleure période pour observer l’oxytrope visqueux est l’été, au moment de sa floraison et de sa fructification.
Répartition
L’aire de répartition de l’oxytrope visqueux se trouve dans deux régions éloignées. À l’ouest, elle s’étend de la Californie et du Colorado, jusqu’en Alberta, en Colombie-Britannique, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Yukon et en Alaska. À l’est, on le trouve au Minnesota, en Ontario et au Québec, où il est uniquement présent en Gaspésie.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
L’oxytrope visqueux a été répertorié uniquement au mont Saint-Pierre, en Gaspésie. Environ 500 individus ont été observés au bas d’une pente. Une perturbation majeure de son habitat pourrait causer sa disparition au Québec.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S1.
Signalement
Si vous repérez une population d’oxytrope visqueux, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
L’oxytrope visqueux pousse dans les crevasses des escarpements rocheux et sur les talus d’éboulis de schistes Lire le contenu de la note numéro 4 calcaires.
Reproduction et propagation
L’oxytrope visqueux se reproduit par ses graines qui tombent au sol ou sont dispersées par le vent.
Biologie
L’oxytrope visqueux fleurit en juillet et en août. Ses fleurs sont pollinisées par des insectes. La fructification débute peu après la floraison.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur l’oxytrope visqueux sont :
- le piétinement;
- l’aménagement de sentiers récréatifs.
Désignation et rétablissement
Au Québec, l’oxytrope visqueux est une espèce désignée menacée depuis 2023 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le nom générique « oxytrope », qui vient des mots grecs oxus (« aiguisé ») et tropis (« quille de bateau »), fait référence à la forme d’une partie de la fleur. Le nom de la variété viscida vient du latin viscum (« glu »), qui fait référence aux glandes collantes de la plante.
La présence de l’oxytrope visqueux à des milliers de kilomètres de son aire de répartition principale, dans l’ouest nord-américain, intéresse les scientifiques qui étudient la migration des plantes après la dernière glaciation. Cette espèce, comme plusieurs autres de répartition similaire, serait une relique de la végétation qui poussait près des glaciers. Aujourd’hui, ces espèces sont uniquement présentes dans des régions montagneuses, sur des milieux rocheux escarpés, hostiles à la majorité des plantes.
Certaines espèces d’oxytrope sont utilisées comme plantes médicinales, comme ingrédients alimentaires ou comme plantes ornementales, bien que plusieurs soient toxiques.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2025). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.
MINNESOTA WILDFLOWERS (2025). A field guide to the flora of Minnesota, [En ligne]. [
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
À consulter aussi
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Note de bas de page numéro 1Le calice est l’enveloppe externe de la fleur comprenant l’ensemble des sépales. Son rôle est de protéger la fleur en développement. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2La corolle est l’enveloppe interne de la fleur comprenant l’ensemble des pétales. Elle entoure les parties reproductrices. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3La gousse est un fruit sec qui s'ouvre en deux valves portant des graines. C'est le fruit caractéristique de la famille des légumineuses (pois, haricots, etc.). Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Le schiste est une roche qui se divise en fines plaques. Retour à la référence de la note numéro 4
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
