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Fiches des espèces floristiques
Polémoine de Van Brunt. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Nom français
Polémoine de Van Brunt
Nom anglais
Van Brunt's Jacob's-ladder
Polemonium vanbruntiae Britton
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Polemoniaceae
Description
La polémoine de Van Brunt est une grande plante herbacée vivace qui peut atteindre 1,4 m de haut. Ses petites fleurs violettes rassemblées en grappe au sommet des tiges et ses feuilles découpées en plusieurs petites feuilles (folioles) constituent ses principaux traits distinctifs.
Identification
Tige
Les tiges de la polémoine de Van Brunt sont solitaires ou peu nombreuses. Elles sont dressées, robustes, simples et mesurent de 40 à 140 cm de haut.
Feuilles
Abondantes, les feuilles de la polémoine de Van Brunt s’insèrent de manière alternée sur la tige. Leur taille diminue de la base vers le sommet de la plante. Elles mesurent de 2 à 50 cm de long et de 1,5 à 10 cm de large. Elles sont formées de 7 à 21 petites feuilles (folioles), ovales et terminées en pointe.

Feuilles de la polémoine de Van Brunt. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fleurs
Les fleurs de la polémoine de Van Brunt se développent en petits groupes au sommet des tiges. Chaque groupe est constitué de deux à huit fleurs formées de cinq pétales et cinq sépales Lire le contenu de la note numéro 1 . Les pétales bleu violet mesurent de 15 à 20 mm de long. Ils sont soudés jusqu’à mi-longueur et s’ouvrent en forme de trompette. Les sépales, situés à la base des pétales, sont plus courts, mesurant de 8 à 10 mm de long. Ils sont soudés jusque vers le milieu, leur couleur varie de vert pourpre à vert jaunâtre et ils sont garnis de petits poils. Cinq longues étamines Lire le contenu de la note numéro 2 formées d’un filet blanc et d’une anthère Lire le contenu de la note numéro 3 jaune jaillissent du centre de la fleur.

Fleurs en forme de trompette de la polémoine de Van Brunt. © Evelyne Barrette, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
La polémoine de Van Brunt produit des capsules de forme ovale qui mesurent de 5 à 7 mm de long. Chaque capsule comprend de trois à quatre compartiments dont chacun renferme de une à dix graines noir brunâtre.
Racines
Le système racinaire de la polémoine de Van Brunt est formé d’une tige souterraine (rhizome) à partir de laquelle se développent de nombreuses racines fibreuses.
Espèces similaires
Polémoine bleue (Polemonium caeruleum)
Polémoine rampante (Polemonium reptans)
Distinctions
La polémoine bleue et la polémoine rampante ont été introduites au Québec à des fins ornementales. Elles peuvent parfois pousser à l’extérieur des jardins. Elles sont plus petites que la polémoine de Van Brunt, mesurant de 20 à 90 cm de haut, et leurs étamines dépassent rarement les pétales de la fleur.
Observation
La meilleure période pour observer la polémoine de Van Brunt est à la fin du printemps et au début de l’été, au moment de sa floraison.
Répartition
L’aire de répartition de la polémoine de Van Brunt s’étend de l’est de la Virginie occidentale à l’extrême sud du Québec, et jusqu’au sud-ouest du Nouveau-Brunswick. Au Québec, on la trouve dans quelques zones limitées aux régions du Centre-du-Québec et de l’Estrie.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, la polémoine de Van Brunt a été recensée dans une dizaine de sites. Des inventaires détaillés récents ont permis de mieux évaluer son abondance dans six de ces sites. Ceux-ci abritent de quelques milliers à plus de 100 000 tiges réparties sur des superficies supérieures à 1 000 m2. La disparition de l’espèce a été confirmée dans deux sites.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.
Signalement
Si vous repérez une population de polémoine de Van Brunt, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.
Habitat
La polémoine de Van Brunt croît dans différents types de milieux humides : prairies et aulnaies riveraines, clairières au sein de forêts de conifères ou mixtes, champs abandonnés et bordure de chemins forestiers. Elle s’installe sur des sols riches en matière organique.
Reproduction et propagation
L’espèce se reproduit par ses graines. Les capsules qui les renferment restent fermées jusqu’à l’hiver. Lorsque les tiges de la plante se brisent, les capsules sont poussées sur la neige par le vent et s’ouvrent. En plus de la dispersion par le vent, les graines sont propagées par l’eau dans les zones riveraines lors des crues printanières.
L’espèce se multiplie aussi de façon végétative par son système racinaire, qui produit de nouvelles tiges. Ce mode de propagation semble être le plus efficace.
Biologie
La polémoine de Van Brunt commence à fleurir vers la fin de juin. D’une durée d’un mois environ, la floraison se termine à la fin de juillet. Très attrayantes, les fleurs attirent une grande quantité d’insectes.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur la polémoine de Van Brunt sont :
- le drainage en milieu agricole et forestier;
- l’agriculture;
- la coupe et la récolte du bois.
Désignation et rétablissement
Au Québec, la polémoine de Van Brunt est une espèce désignée menacée depuis 1998 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Deux sites abritant la polémoine de Van Brunt se situent en totalité ou en partie dans des
Pour connaître le statut de l’espèce selon la Loi sur les espèces en péril du Canada, consultez le
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
La polémoine de Van Brunt a été nommée ainsi en l’honneur de Mme Cornelius Van Brunt, qui a récolté dans l’État de New York le spécimen à partir duquel l’espèce a été décrite en 1892. Sa découverte au Québec date de 1937.
En raison de leur qualité esthétique, les deux espèces de polémoine introduites au Québec sont utilisées en horticulture.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol., New York et Oxford, [En ligne]. [
COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.
COUILLARD, L., 1998. Espèces menacées au Québec : la polémoine de Van Brunt, ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, Québec, 4 p.
DESILETS, P., L. COUILLARD et J. LETENDRE (2012). Plan de conservation de la polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) : espèce menacée au Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Direction du patrimoine écologique et des parcs, Québec, 16 p.
DIGNARD, N., L. COUILLARD, J. LABRECQUE, P. PETITCLERC et B. TARDIF (2008). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Capitale-Nationale, Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches et Mauricie, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, 234 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-CN-CA-CDQ-Mauricie.pdf]
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
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Note de bas de page numéro 1Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2L’étamine est l’organe mâle d’une fleur formé d’un filet et d’une anthère. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3L’anthère est la partie de l’étamine qui produit et renferme le pollen. Elle a généralement la forme d’un sac ou d’une capsule au sommet d’un filament. Retour à la référence de la note numéro 3
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
