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Médaille pour acte méritoire

Service de sécurité incendie de Granby

  • Lieutenant Xavier Robitaille-Desranleau
  • Pompier Xavier Cadorette Bonin
  • Pompier Alexandre Léonard-Tétreault

Le 13 août 2025, à 11 h 51, le Service de sécurité incendie de Granby est appelé à intervenir pour un incendie majeur au deuxième étage d’un duplex résidentiel. Le lieutenant Xavier Robitaille-Desranleau et les pompiers Alexandre Léonard-Tétreault et Xavier Cadorette Bonin sont immédiatement dépêchés sur les lieux. En route, ils aperçoivent une épaisse colonne de fumée s’élevant dans le ciel, signe de l’ampleur du brasier.

À leur arrivée, des flammes s’élèvent jusqu’au comble. La chaleur intense rend difficile l’examen de l’immeuble depuis l’extérieur, et le bâtiment voisin est menacé par la propagation du feu.

Le poste de commandement les informe alors qu’une personne se trouverait coincée dans son logement, au deuxième étage. Le seul escalier permettant d’y accéder s’étant déjà effondré, le lieutenant Robitaille-Desranleau et le pompier Cadorette Bonin se mettent à la recherche d’un autre passage. Rapidement, ils repèrent une fenêtre à l’étage, unique point d’entrée possible.

À l’aide d’une échelle portative, le lieutenant Robitaille-Desranleau se hisse jusqu’à la fenêtre, qu’il fracasse. Or, l’ouverture du châssis est si étroite que les deux pompiers doivent déplacer leur appareil de protection respiratoire pour s’introduire dans le logement, une manœuvre difficile et délicate. Une fois à l’intérieur, confrontés à une visibilité nulle en raison de la fumée, ils s’en remettent à leur caméra thermique pour s’orienter.

Leur avancée dans le logement est entravée par des meubles et des objets qui jonchent le sol. Pendant ce temps, à l’extérieur, le pompier Léonard-Tétreault stabilise l’échelle et assure l’alimentation en eau nécessaire à leur progression.

Au terme d’efforts soutenus, à l’aide de la caméra thermique, le pompier Robitaille-Desranleau détecte finalement une personne inconsciente étendue au sol, coincée entre la toilette et le bain. Les alarmes des réserves d’air des deux pompiers commencent à retentir au moment où ils entreprennent l’extraction de la victime.

En apprenant l’annonce de l’évacuation imminente, le pompier Léonard-Tétreault pénètre dans le bâtiment pour prêter main-forte à ses collègues. Ensemble, ils déplacent la victime jusqu’à la fenêtre, dont ils défoncent le châssis afin de pouvoir la sortir, tête première. Le pompier Léonard-Tétreault la supporte à lui seul sur ses avant-bras, puis la descend avec prudence par l’échelle pendant que ses collègues, de l’intérieur du bâtiment, assurent la sécurité de la manœuvre. Une fois au sol, la femme est prise en charge par les services ambulanciers et transportée à l’hôpital, où son décès est malheureusement confirmé.

Malgré les conditions extrêmes, le lieutenant Xavier Robitaille-Desranleau et les pompiers Alexandre Léonard-Tétreault et Xavier Cadorette Bonin n’ont jamais abandonné. Ils se sont non seulement distingués par leur courage et leur sang-froid, mais aussi par leur coordination sans faille. Assumant des risques majeurs pour leur vie, ils ont démontré une maîtrise technique exemplaire. Pour leur sauvetage remarquable, ils se voient remettre la Médaille pour acte méritoire.

Service de sécurité incendie de Sainte-Anne-des-Monts

  • Capitaine Gino Lebel
  • Pompier Jean-Daniel Lemieux

Le soir du 23 mai 2023, le Service de sécurité incendie de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts est appelé à intervenir pour secourir deux personnes qui dérivent à bord de canots gonflables sans veste de flottaison individuelle, au large du fleuve Saint-Laurent.

Dès la prise de commandement, une coordination est établie entre le service de sécurité incendie, la Sûreté du Québec, la Garde côtière canadienne et les services ambulanciers. Le capitaine Gino Lebel et le pompier Jean-Daniel Lemieux prennent la mer à bord d’une embarcation de type Zodiac pour tenter de rejoindre les victimes.

L’obscurité est totale. Des rafales à plus de 50 km/h agitent les eaux. Avec le peu d’équipement disponible et sans soutien spécialisé en sauvetage nautique lourd, les deux pompiers doivent s’en remettre à leur expérience, à leur jugement et à leur sang-froid.

Grâce à la diligence et à la rigueur du capitaine Lebel, à son analyse précise des risques et à ses compétences avancées en navigation, les pompiers parviennent à localiser et à atteindre les victimes, qu’ils trouvent dans un état d’épuisement avancé. L’embarcation de sauvetage étant instable et ne disposant pas de dispositif spécialisé de récupération automatisé, la manœuvre pour les hisser à bord doit être exécutée manuellement, ce qui s’avère délicat et difficile. Avec une prudence particulière et en portant une attention à chaque geste, le pompier Lemieux y parvient. Les personnes rescapées sont alors transportées sans délai vers la marina, où elles sont prises en charge par les services médicaux.

Malgré les conditions extrêmement défavorables et sans le soutien immédiat de ressources maritimes au moment critique, les deux pompiers ont mené une intervention maîtrisée, rigoureuse et sécuritaire. Pour y arriver, ils ont dû déployer des efforts soutenus et demeurer dans un état de vigilance constante. Le sauvetage qu’ils ont accompli témoigne de leur sens du devoir, de leur courage et de leur capacité d’adaptation remarquables.

Les aptitudes dont ont fait preuve le capitaine Gino Lebel et le pompier Jean-Daniel Lemieux dépassent largement le cadre normal de leurs fonctions. Devant les conditions risquées, ils ont combiné leur ténacité et leur expertise pour assurer le succès de l’opération, qui leur a permis de sauver deux vies humaines. Pour cette intervention hors du commun, ils se voient tous deux décerner la Médaille pour acte méritoire.

Service de sécurité incendie de Magog

  • Pompier Christian Vachon

Le 30 décembre 2025, vers 15 h 30, le Service de sécurité incendie de la Ville de Magog reçoit un appel concernant deux randonneurs en détresse dans le sentier des Crêtes du Parc national du Mont Orford, sentier pourtant fermé en hiver en raison des risques élevés associés au terrain et aux conditions météorologiques. Un homme et une femme dans la vingtaine, terrassés par le froid, seraient incapables de redescendre par leurs propres moyens et souffriraient d’engelures.

Les victimes sont rapidement localisées à proximité du pic de la Roche Fendue, un secteur isolé et difficile d’accès nécessitant près de quatre kilomètres d’ascension soutenue. Les conditions météorologiques sont extrêmes : températures sous les -15 °C, vents importants et rafales atteignant 50 km/h, neige abondante, noirceur imminente. Devant le risque élevé d’hypothermie, le chef aux opérations demande l’assistance de l’hélicoptère de la Sûreté du Québec et procède à un rappel de personnel.

À ce moment, par hasard, le pompier Christian Vachon se trouve à proximité du mont Orford pour une sortie en ski de randonnée alpine. Croisant le chef aux opérations, il accepte sans hésiter la demande de ce dernier de se joindre à l’intervention et se rend au point de ralliement. Avec son expérience en montagne et son équipement spécialisé, il intègre l’équipe chargée d’amorcer l’ascension.

Dès le début de la montée, le pompier Vachon progresse plus rapidement que le reste du groupe. Comme il ne transporte aucun matériel lourd et qu’il maîtrise parfaitement le ski de randonnée, le chef aux opérations lui demande de prendre les devants afin d’atteindre les victimes le plus rapidement possible. M. Vachon grimpe alors seul le dernier segment, retire ses skis au sommet du pic de l’Ours et continue à pied, malgré les violentes rafales qui rendent son déplacement particulièrement hasardeux. Après 90 minutes, il rejoint finalement les deux randonneurs, qui manifestent des signes d’hypothermie et de détresse psychologique ainsi qu’une incapacité à se déplacer sans assistance. Avec calme et sang-froid, le pompier Vachon leur explique qu’il faudra redescendre sur près de 300 mètres pour rejoindre la zone d’évacuation par hélicoptère.

Malgré leur état et avec l’aide de M. Vachon, les deux randonneurs descendent jusqu’au point de récupération. Après une marche difficile, ils aperçoivent enfin l’hélicoptère de la Sûreté du Québec, qui, en raison du vent, peine à se stabiliser pour amorcer sa descente. Pendant la manœuvre, le pompier Vachon sécurise la zone, assiste les sauveteurs et rassure les victimes.

Ce jour-là, le pompier Christian Vachon s’est exposé à de nombreux risques, dont le froid, l’instabilité du terrain et la visibilité limitée. Grâce à son esprit volontaire, à son expérience sportive en forêt et à l’importance qu’il accorde au secours des victimes, il a contribué de façon déterminante à leur sauvetage. Son intervention remarquable dans des conditions particulièrement périlleuses justifie pleinement l’attribution de la Médaille pour acte méritoire.

Service de sécurité incendie de la Saint-Jean-sur-Richelieu

  • Lieutenant Philippe Savard
  • Pompier Anthony Fournier-Lapierre
  • Pompier David Labonté

Dans la nuit du 21 septembre 2025, à 4 h 08, le Service de sécurité incendie de Saint-Jean-sur-Richelieu est appelé à intervenir pour un violent incendie dans un immeuble à logements de deux étages, dont plusieurs personnes seraient prisonnières.

À leur arrivée sur les lieux, les intervenants constatent que le bâtiment est déjà largement embrasé. Le feu s’est propagé dans les murs et la toiture, tandis que des flammes s’échappent de l’immeuble. Des occupants se trouvent aux fenêtres et des cris retentissent de toutes parts alors que l’incendie s’intensifie.

Avec le pompier David Labonté, le lieutenant Philippe Savard amorce une reconnaissance extérieure du bâtiment. Aux fenêtres du deuxième étage, ils constatent de nombreuses personnes appelant à l’aide. Le pompier Labonté hisse une échelle portative pendant que le lieutenant Savard tente de rassurer les occupants et leur indique fermement de ne pas sauter. Ils parviennent alors à secourir deux personnes et un chien.

Pendant ce temps, les équipes engagées à l’intérieur du bâtiment sont confrontées à une chaleur extrême. Des parties de la structure commencent à s’effondrer. Devant la détérioration rapide de la situation, le poste de commandement ordonne un retrait stratégique pour assurer la sécurité des intervenants.

Toutefois, il demeure impossible de confirmer si le deuxième étage est complètement évacué. Convaincu que des victimes pourraient encore se trouver à l’intérieur, le lieutenant Savard poursuit ses vérifications à l’aide d’une caméra thermique. Accompagné du pompier Labonté, il fait installer des échelles portatives aux fenêtres afin de les inspecter une à une, ce qui leur permet finalement d’évacuer un homme et son chat.

À une autre fenêtre, le lieutenant Savard aperçoit la silhouette d’une personne étendue sur un lit. Malgré la fumée dense, la chaleur intense et les risques d’effondrement, il propose au poste de commandement d’effectuer une entrée éclair par un escalier extérieur afin de tenter d’évacuer la victime.

Avec l’autorisation du poste de commandement, le lieutenant Savard ainsi que les pompiers David Labonté et Anthony Fournier-Lapierre interviennent rapidement dans le bâtiment en flammes malgré la situation périlleuse. Ils parviennent à rejoindre l’occupante, inconsciente, et d’un effort conjoint, réussissent à l’extirper in extremis du brasier vers l’extérieur, où ils la remettent aux ambulanciers.

Malgré le décès de cette dernière, le lieutenant Philippe Savard ainsi que les pompiers David Labonté et Anthony Fournier-Lapierre ont réussi à évacuer les occupants de l’immeuble. Dans un contexte très risqué, ils ont toujours respecté des protocoles rigoureux. Leur opération de sauvetage s’est démarquée par la ténacité dont ils ont fait preuve et leur égard constant pour chaque vie humaine. Ensemble, ces pompiers ont accompli un acte exceptionnel, pour lequel ils se voient décerner la Médaille pour acte méritoire.

Dernière mise à jour : 5 octobre 2026