Le dépistage du cancer du poumon vise à détecter le cancer à un stade peu avancé, avant que les symptômes de la maladie apparaissent. Les chances de pouvoir traiter et guérir la maladie sont alors meilleures. Il est le moyen le plus efficace pour prévenir les conséquences de ce cancer.
Dans cette page :
Personnes admissibles
Le dépistage du cancer du poumon s’adresse aux personnes à risque élevé de développer ce cancer. Vous pourriez être admissible au dépistage du cancer du poumon, si vous :
- avez entre 55 et 74 ans;
- êtes dans l’une des situations suivantes :
- vous fumez activement depuis au moins 20 ans (de manière continue ou non);
- vous avez arrêté de fumer, mais vous avez fumé pendant au moins 20 ans (de manière continue ou non);
- bénéficiez de l’assurance maladie de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).
À noter : même si vous répondez à ces critères, il est possible que vous ne soyez pas admissible au dépistage. Pour vérifier si vous êtes admissible, des questions vous seront posées pour vérifier votre risque de développer un cancer du poumon, évaluer votre état de santé général et s’assurer que le dépistage est adapté à vous. Pour en savoir plus, consultez la section ci-dessous Comment participer au dépistage du cancer du poumon.
Les personnes qui ont des symptômes de cancer du poumon ou qui ont déjà eu ce cancer ne sont pas admissibles au dépistage. Ces personnes devraient avoir un suivi médical personnalisé adapté à leur situation.
Examen et fréquence de dépistage
L’examen pour dépister le cancer du poumon est la tomodensitométrie axiale à faible dose (TAFD). Cette technique d’imagerie médicale permet d’obtenir des images détaillées des poumons en trois dimensions et de détecter la présence d’anomalies (nodules) dans les poumons. L’examen permet aussi de voir les autres organes du thorax (comme le foie, le cœur, la thyroïde, les seins, etc.).
L’examen est réalisé par une ou un technologue en imagerie médicale. Celle-ci ou celui-ci demande à la personne de s’allonger sur la table de l’appareil, les bras au-dessus de la tête. La table est glissée dans le cylindre peu profond de l’appareil. Pendant l’examen, la personne doit rester immobile et retenir sa respiration pendant quelques secondes. L’examen est sans douleur, dure moins de cinq minutes et ne nécessite pas d’injection de produit de contraste.
L’examen est fait annuellement, et ce, tant que la personne est admissible au dépistage.

Tomodensitométrie axiale à faible dose (TAFD) : examen permettant de dépister un cancer du poumon
Avantages, inconvénients et limites du dépistage
Il est important de vous informer sur les avantages, les inconvénients et les limites du dépistage afin d’avoir tous les renseignements en main pour prendre une décision éclairée. Discutez-en au besoin avec une professionnelle ou un professionnel de la santé et des services sociaux. Chaque personne peut décider, selon ses valeurs, ses préférences et ses priorités, si elle désire faire un dépistage ou non. Il est donc normal que certaines personnes acceptent et que d’autres refusent ou attendent avant de procéder à un dépistage.
Voici quelques pistes de réflexion pour vous aider à prendre une décision. Vous pouvez également consulter l’outil d’aide à la décision ou en discuter au besoin avec une professionnelle ou un professionnel de la santé et des services sociaux.
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Avantages du dépistage du cancer du poumon
La participation au dépistage du cancer du poumon peut :
- permettre de découvrir le cancer tôt, avant l’apparition de symptômes et avant qu’il ait commencé à se propager à d’autres parties du corps. Découvrir le cancer du poumon tôt augmente les chances de pouvoir le traiter et le guérir;
- réduire le risque de mourir d’un cancer du poumon. Les personnes qui participent au dépistage ont moins de risque de mourir d’un cancer du poumon que celles qui ne participent pas;
- réduire le risque de problèmes de santé liés au cancer du poumon ou aux traitements puisque le dépistage permet souvent de détecter le cancer à un stade de développement moins avancé;
- offrir la possibilité de découvrir une anomalie autre que le cancer du poumon lors de l’examen de dépistage. En effet, en plus des poumons, l’examen de dépistage permet de voir les autres organes du thorax (comme le foie, le cœur, la thyroïde, les seins, etc.). La prise en charge de cette anomalie (si elle n’est pas déjà connue de votre part) permettra de prévenir des complications;
- offrir l’accès à des services de soutien à l’arrêt du tabagisme. Les personnes qui fument ou qui ont cessé de fumer depuis moins de six mois se verront offrir du soutien pour arrêter de fumer dans le cadre du dépistage. Arrêter de fumer est la meilleure façon de réduire le risque de développer un cancer du poumon.
Inconvénients du dépistage du cancer du poumon
La participation au dépistage du cancer du poumon peut cependant comporter certains inconvénients :
- des périodes d’attente et d’inquiétude, surtout lorsque des examens complémentaires sont nécessaires;
- la possibilité de devoir passer des examens plus poussés ou subir des interventions, comme une biopsie ou une chirurgie, si le résultat de l’examen de dépistage montre un risque plus grand de cancer;
- la possibilité que le résultat de l’examen de dépistage soit faussement positif. D’autres examens devront être réalisés pour confirmer s’il s’agit ou non d’un cancer. Si ces autres examens montrent qu’il ne s’agit pas d’un cancer, ils auraient finalement pu être évités;
- la possibilité d’un surdiagnostic. Le surdiagnostic est le fait de découvrir un cancer ou une autre anomalie qui n’auraient jamais été détectés sans le dépistage et qui n’auraient jamais eu d’effets sur la santé ou de conséquences sur la vie de la personne, par exemple un cancer qui se développe très lentement ou un cancer inoffensif. Comme il est impossible de différencier les cancers inoffensifs des cancers mortels, tous les cancers sont traités. Ainsi, une personne qui participe au dépistage pourrait :
- recevoir des traitements qui n’auraient pas été nécessaires;
- subir les effets secondaires de ces traitements;
- devoir vivre avec un diagnostic de cancer;
- avoir des rendez-vous médicaux fréquents pour vérifier que le cancer ne réapparaît pas;
- vivre de l’anxiété à propos de ce cancer;
- l’exposition aux radiations. Comme pour tout examen d’imagerie médicale, des radiations sont émises lors de l’examen de dépistage du cancer du poumon. Cependant, le risque de développer un cancer dû aux radiations émises lors de cet examen est extrêmement faible chez les personnes qui participent au dépistage.
Limites du dépistage du cancer du poumon
La participation au dépistage ne garantit pas que tous les cancers du poumon seront détectés et que toutes les personnes atteintes d’un cancer du poumon y survivront.
Parmi les personnes qui recevront un résultat négatif ou bénin à l’examen de dépistage, certaines développeront tout de même un cancer. Cette situation peut se produire si le cancer n’était pas visible à l’examen ou n’était pas encore développé au moment de l’examen.
Il est impossible de savoir à l’avance qui, parmi les personnes qui participent au dépistage, en connaîtront les avantages ou les inconvénients.
Comment participer au dépistage du cancer du poumon
Si vous répondez aux critères d’admissibilité et que ce dépistage vous intéresse, discutez-en avec votre médecin, votre infirmière praticienne spécialisée ou votre infirmier praticien spécialisé (IPS). Celle-ci ou celui-ci pourra envoyer une demande au centre de coordination des services régionaux (CCSR) de votre région afin de vérifier si vous êtes admissible. Vous pouvez aussi contacter directement le CCSR de votre région (que vous ayez ou non une ou un médecin de famille).
Région de Lanaudière
Ailleurs au Québec
Toute personne admissible peut participer au dépistage du cancer du poumon, quel que soit son lieu de résidence au Québec. Même si ce dépistage n’est pas offert dans votre région, l’établissement le plus près de votre domicile vous sera proposé pour y participer. Les frais de déplacement, s’il y a lieu, seront à votre charge.
Le personnel du CCSR communiquera avec vous pour :
- vérifier si vous êtes admissible au dépistage. Des questions vous seront posées pour évaluer votre risque de développer un cancer du poumon, votre état de santé général et s’assurer que le dépistage est adapté à vous;
- vous proposer des services de soutien à l’arrêt du tabac (ligne téléphonique J’ARRÊTE et centres d’abandon du tabagisme) si vous fumez ou si vous avez cessé de fumer depuis moins de six mois;
- discuter des avantages et des inconvénients possibles du dépistage et vous offrir du soutien dans votre prise de décision d’y participer ou non.
Le personnel du CCSR ne répond pas aux demandes d’ordre médical. Pour de tels besoins, consultez votre médecin, votre IPS ou le Guichet d’accès à la première ligne (GAP).
Si vous êtes admissible et que vous souhaitez participer au dépistage du cancer du poumon, le personnel du CCSR enverra une demande à l’établissement le plus près de votre domicile pour que vous puissiez passer l’examen. N’hésitez pas à mentionner si vous avez des préférences concernant cet établissement. Le département d’imagerie de l’établissement vous contactera par la suite pour planifier un rendez-vous et vous donner les consignes à suivre pour l’examen.
Le jour de l’examen, présentez-vous 15 minutes avant l’heure de votre rendez-vous et ayez en main :
- votre carte d’assurance maladie;
- votre carte d’hôpital (si demandée par l’établissement).
Résultats possibles du dépistage
Une fois l’examen terminé, les images sont analysées par une ou un radiologiste.
Le résultat peut être :
- négatif : aucun nodule n’a été détecté dans vos poumons ou un ou des nodules ont été trouvés, mais ils ne présentent aucun signe de cancer;
- bénin : un ou des nodules ont été détectés dans vos poumons, mais le risque qu’ils soient cancéreux est très faible.
Dans les deux situations, on vous recontactera un an plus tard pour passer un autre examen de dépistage. Il est important de répéter l’examen chaque année, car un résultat négatif ou bénin ne garantit pas l’absence de cancer (le cancer peut ne pas être visible à l’examen) ou qu’un cancer ne se développera pas plus tard. Un cancer peut aussi se développer entre deux examens.
Important! Même si le résultat de votre examen est négatif ou bénin, consultez une ou un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée ou un infirmier praticien spécialisé (IPS) sans tarder si vous remarquez l’apparition de symptômes du cancer du poumon.
- positif : un ou des nodules ont été détectés dans vos poumons. Ces nodules ne sont pas nécessairement cancéreux. Des suivis devront cependant être faits.
S’il est peu probable que le ou les nodules soient cancéreux, un autre examen de dépistage vous sera proposé quelques mois plus tard, selon la recommandation de la ou du médecin radiologiste. Si la probabilité que le ou les nodules soient cancéreux est plus grande, une investigation plus poussée sera nécessaire. Des examens complémentaires vous seront prescrits. Une ou un médecin spécialiste prendra en charge votre suivi.
Vous recevrez le résultat quelques semaines après votre examen. Le résultat sera également transmis à votre médecin de famille ou votre IPS, si vous en avez une ou un.
Examens complémentaires
Si le résultat de l’examen de dépistage est positif, des suivis plus rapprochés ou des examens complémentaires peuvent être nécessaires.
Types d’examens complémentaires
Voici ci-dessous quelques exemples d’examens complémentaires qui peuvent être réalisés. Si vous devez passer des examens complémentaires, ceux qui vous seront recommandés seront adaptés à votre situation.
- Tomodensitométrie axiale avec agent de contraste : technique d'imagerie médicale lors de laquelle un produit de contraste est injecté pour améliorer la visualisation des structures anatomiques;
- Tomographe par émission de positions (PET-scan) : technique d’imagerie médicale qui permet d’observer l’activité des cellules cancéreuses et des inflammations;
- Bronchoscopie : examen qui consiste à insérer un tube souple dans la trachée et les bronches pour permettre au médecin de visualiser l’intérieur de celles-ci. Lors de cet examen, la ou le pneumologue peut prélever des échantillons de tissus de la trachée, des bronches ou d’une éventuelle tumeur;
- Biopsie : prélèvement de cellules ou de tissus;
- Imagerie par résonnance magnétique (IRM) : examen qui permet de voir à l’intérieur des organes grâce à des champs magnétiques.
Préparation aux examens complémentaires
Les consignes à suivre pour ces examens vous seront transmises lors de la planification de votre rendez-vous. Informez-vous sur les délais d’attente pour obtenir les résultats.
Si vous avez des craintes ou des inquiétudes à l’idée de passer des examens complémentaires, n’hésitez pas à en discuter avec votre médecin, votre infirmière praticienne spécialisée ou votre infirmier praticien spécialisé (IPS). Vous pouvez également obtenir de l’information et du soutien auprès du personnel du centre de coordination des services régionaux de votre région.
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Dernière mise à jour : 4 mars 2026