Maladie de Lyme - Information pour les professionnelles et les professionnels de la santé
À propos de la maladie de Lyme – professionnels de la santé
La maladie de Lyme est une maladie infectieuse causée par des bactéries spirochètes du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato. En Amérique du Nord, la maladie de Lyme est principalement causée par la bactérie Borrelia burgdorferi sensu stricto. Aux États-Unis, on retrouve également B. mayonii alors qu’en Europe et en Asie, d'autres espèces de Borrelia y sont associées (B. garinii et B. afzelli). La maladie peut entraîner des manifestations cliniques cutanées, neurologiques, articulaires, cardiaques et oculaires qui varient selon la génoespèce en cause et le stade d’évolution de la maladie. Cette bactérie se transmet par la piqûre d'une tique infectée du genre Ixodes : I. scapularis (nord-est de l’Amérique), I. pacificus (nord-ouest de l’Amérique), I. ricinus (Europe) et I. persulcatus (Asie).
Pour obtenir de l'information générale sur la maladie de Lyme, les mesures de protection et de prévention et les consignes pour le retrait d’une tique, consultez la page Maladie de Lyme.
Dans cette page :
Cycle de vie de la tique et transmission
Plusieurs espèces de tiques sont présentes au Québec. Toutefois, la seule espèce qui peut y transmettre la maladie de Lyme est la tique Ixodes scapularis, aussi appelée « tique du chevreuil » ou « tique à pattes noires ». Ces tiques se retrouvent dans les régions boisées, les arbustes, les hautes herbes et les amas de feuilles mortes. Leur niveau d’activité optimale se situe aux alentours de 25 °C pendant le printemps et l’été, mais elles sont actives à partir de 4 °C. Elles peuvent donc persister jusqu’à l’automne.
Les tiques ont trois stades de développement : larve, nymphe et adulte. À chacun de ces stades, la tique doit se nourrir du sang des animaux ou des humains pour passer au stade suivant. Ainsi, elles tentent de s’accrocher aux hôtes potentiels à leur portée.
Une grande variété de petits, moyens et grands mammifères ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux peuvent servir d’hôtes aux I. scapularis. Les humains sont des hôtes accidentels.
La souris à pattes blanches est l’hôte principal des larves et des nymphes (stades immatures) d’I. scapularis. Elle est aussi le réservoir principal de B. burgdorferi sur lequel les tiques s’infectent. La tique adulte s’attache habituellement à des animaux de grande taille, dont le cerf de Virginie, son hôte préféré. La reproduction a souvent lieu sur le cerf de Virginie. Ce dernier ne constitue pas un réservoir compétent pour la bactérie, mais semble important pour le maintien des populations d’I. scapularis dans l’environnement. Lors de leur migration, les oiseaux sont responsables de la dispersion des tiques sur de grandes distances. Cela explique la découverte de tiques et le risque d’être piqué par une tique infectée dans pratiquement toutes les régions du Québec. Toutefois, le risque de contracter la maladie de Lyme est plus grand dans les zones où des populations de tiques infectées par le Borrelia burgdorferi sont établies.
Les cas de maladie de Lyme sont généralement acquis lors d’une piqûre d’Ixodes scapularisau stade de nymphe. Les nymphes sont petites (de la taille d’un grain de pavot) et restent généralement attachées à la peau plus longtemps. Les tiques au stade adulte sont de la taille d’une graine de sésame, donc plus faciles à repérer, et elles sont plus actives à l’automne. Les tiques peuvent également être actives l’hiver par temps doux et lorsqu’il n’y a pas beaucoup de neige. Un temps de contact prolongé entre la tique et la peau est nécessaire à la transmission de la bactérie. Le risque de contracter la maladie est faible si une tique infectée reste accrochée à la peau moins de 24 heures. Ce risque augmente avec la durée du contact.

Source : Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) - Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
Des tiques femelles et mâles ainsi que des larves et des nymphes ont été récoltées au Québec.
Outils d'identification visuelle des tiques
Il existe plusieurs espèces de tiques au Québec. Les outils suivants peuvent vous aider à les identifier :
- Guide d’identification des tiques au Québec
Ce guide a été produit par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). - Programme d’identification des tiques eTick
L’Université Bishop, en collaboration avec le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et l’Agence de la santé publique du Canada, a déployé en ligne un programme de surveillance des tiques, le programme « eTick ». Il s’agit d’une plateforme Web où les citoyens peuvent soumettre des photos de tiques collectées sur eux-mêmes, sur leur animal de compagnie ou dans l’environnement.
La collaboration entre citoyens et chercheurs facilite le suivi de l’arrivée de nouvelles espèces, dont celles pouvant poser un risque pour la santé publique. En soumettant une photo de tique, le citoyen reçoit en moins de 48 h des informations sur le nom de l’espèce de la tique collectée et de l’information sur la pertinence clinique de l'espèce en question ainsi que sur la marche à suivre après une piqûre de tique. L’accès à la plateforme d'eTick est entièrement gratuit.
Pour en savoir plus sur la surveillance des tiques au Québec, consultez la section Surveillance des tiques.
Pour savoir comment retirer une tique, consultez la page Retrait d'une tique en cas de piqûre.
Autres maladies transmises par la tique Ixodes scapularis
D’autres maladies peuvent être également transmises par la tique Ixodes scapularis, dont :
- la babésiose (Babesia microti);
- l’encéphalite de Powassan (virus de Powassan);
- l’anaplasmose (A. phagocytophilum);
- la fièvre récurrente (Borrelia miyamotoi).
Au Québec, un premier agrégat d’anaplasmose a été déclaré en 2021, avec 46 cas, dont 35 chez des résidents de l’Estrie. L’année suivante, 29 cas, dont 20 acquis au Québec ont été déclarés. En 2023, 46 cas d’anaplasmose ont été déclarés, dont 40 acquis au Québec, soit 31 en Estrie, 7 en Montérégie, 1 à Laval, et 1 dont la RSS d’acquisition était inconnue.
Concernant la babésiose, 3 cas ont été déclarés au Québec en 2023, dont un premier cas acquis au Québec. Il y a également eu un cas d’encéphalite de Powassan acquis au Québec.
Pour plus d’informations, consultez la page Description détaillée de la tique Ixodes scapularis ou la page Résultats annuels de surveillance des maladies transmises par les tiques : 2023 de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le document Les infections transmises par les tiques : au-delà de la maladie de Lyme de la Direction de santé publique de la Montérégie.
L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) produira un avis avec des recommandations et des outils de transfert de connaissances sur les co-infections transmises par les tiques.
Déclarer un cas de maladie de Lyme
La maladie de Lyme est une maladie à déclaration obligatoire (MADO). Une fois diagnostiqués par un médecin ou confirmés par un laboratoire, les cas de maladie de Lyme doivent être obligatoirement déclarés aux autorités de santé publique.
Les médecins sont encouragés à déclarer tous les cas de maladie de Lyme, incluant ceux qui sont diagnostiqués sur une base clinique.
Pour plus d'informations sur les MADO et pour connaître la démarche pour déclarer une MADO, consultez la page À propos des maladies à déclaration obligatoire (MADO) et signalements en santé publique.
Maladie de Lyme au Canada, aux États-Unis et dans le monde
Au Canada
La maladie de Lyme est une maladie à déclaration obligatoire (MADO) depuis 2009 au Canada. Les données actuelles de surveillance des cas humains confirment que des cas de maladie de Lyme ont été déclarés dans les 10 provinces canadiennes. En 2022, 94,7 % des cas ont été déclarés en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse.
Des études de surveillance des années récentes révèlent que les populations de « tiques à pattes noires » s'étendent au pays. Les régions suivantes sont considérées à risque de la maladie de Lyme au Canada :
- le sud de la Colombie-Britannique;
- le sud-est et le centre-sud du Manitoba;
- le sud, l’est et le nord-ouest de l’Ontario;
- le sud du Québec;
- le sud du Nouveau-Brunswick et l’île de Grand Manan;
- la Nouvelle-Écosse.
Toutefois, il est possible de contracter la maladie de Lyme en dehors des endroits mentionnés ci-dessus.
Pour plus de détails, consultez la page Risque de maladie de Lyme chez les Canadiens du site Web du gouvernement du Canada.
Aux États-Unis
Aux États-Unis, plusieurs états du nord-est et du centre-nord du pays sont touchés par la maladie de Lyme. Les taux d’incidence les plus élevés pour les cas confirmés ont été observés dans le Maine, au Vermont, en Pennsylvanie, au Rhode Island, au New Hamsphire, au Connecticut, au Delaware et au New Jersey.
Pour obtenir de l’information sur les cas de maladie de Lyme aux États-Unis, consultez la page Lyme Disease Maps: Most Recent Year du site Web des Centers for Disease Control and Prevention (en anglais seulement).
Ailleurs dans le monde
La maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme) est présente en Europe, particulièrement en Europe centrale, dans certaines régions rurales de l’Asie et en Afrique du Nord.
Pour plus d’informations sur la présence du vecteur de la maladie de Lyme en Europe (Ixodes ricinus), consultez la page Tick maps du site Web de l’European Centre for Disease Prevention and Control (en anglais seulement).
Documents d’intérêt
Voici quelques documents d’information sur la maladie de Lyme :
- Avant qu’une tique vous pique… (feuillet d’information)
- Flash Vigie (Bulletin québécois de vigie, de surveillance et d’intervention en protection de la santé, Juin 2022, Vol. 16, no 2)
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 21 juin 2024