Carcajou

Un carcajou assis au sol.
Un carcajou. © Sylvie Bouchard, Zoo de Saint-Félicien

Nom français
Carcajou

Autre(s) nom(s) français
Carcajou, population de l'Est, glouton, diable des bois

Nom anglais
Wolverine

Autre(s) nom(s) anglais
Glutton, Skunk bear

Nom scientifique
Gulo gulo

Grand groupe
Mammifères

Sous-groupe
Mammifères terrestres

Espèce à statut
Menacée

Description

Le carcajou est un puissant mustélidé dont il est actuellement impossible de déterminer s’il existe une population établie au Québec, malgré quelques mentions d’observations récentes. C’est une espèce menacée.

Le carcajou est un animal à déclaration obligatoire. En tout temps, si vous trouvez un carcajou blessé ou mort, contactez SOS Braconnage — Urgence faune sauvage au 1 800 463-2191.

Identification

Taille

Longueur totale : 80 à 107,5 cm; hauteur à l’épaule : 33 à 46 cm.

Poids

Le carcajou mâle pèse 15 kg et la femelle, 10,5 kg.

Coloration

Le pelage du carcajou varie de brun à presque noir, à l’exception de la tête qui est plus pâle. Ses flancs sont marqués de bandes claires qui débutent aux épaules et se rencontrent à la base de la queue. Chez certains individus, la gorge et la poitrine sont marquées de taches pâles.

Traits caractéristiques

Son corps est trapu et massif et se termine par une longue queue touffue. Ses pattes sont grosses par rapport au corps, ce qui rend l’animal bien adapté aux déplacements dans la neige, et sont dotées de puissantes griffes semi-rétractiles.

Distinction

Le carcajou est le plus grand représentant de la famille des Mustélidés, dont font partie la loutre de rivière, le pékan et la martre d’Amérique. Il se différencie de ces dernières espèces par sa taille. Il peut ressembler à un petit ours, mais cette espèce se distingue facilement grâce à sa longue queue touffue.

Espèces similaires

Loutre de rivière

Pékan

Martre d’Amérique

Répartition

Le carcajou vit en Scandinavie et dans les régions nordiques de l’Eurasie et de l’Amérique du Nord. Malgré certaines mentions d’observations au Québec, il est actuellement impossible d’assurer qu’il existe une population résidente.

Depuis la fin des années 1980, la grande majorité des observations rapportées n’ont pu être confirmées en raison de l’absence de preuves (p. ex., photo de l’animal, pistes, fèces, etc.). Il est donc difficile d’établir avec certitude sa répartition actuelle qui semble davantage se limiter au nord du Québec. Certaines mentions d’observation laissent toutefois supposer que le carcajou pourrait aussi être présent plus au sud. Cependant, ce mustélidé est reconnu comme étant capable de parcourir de très grandes distances. Il n’est donc pas exclu que certains individus puissent provenir de l’Ontario ou du Nunavut, voyageant parfois sur les glaces.

Présence au Québec

Origine

Indigène

Statut de résidence des populations

Le statut de résidence de cette espèce au Québec est inconnu ou non déterminé.

État de la situation

Le carcajou a été éliminé sur plus de la moitié de son aire de répartition historique en Amérique du Nord de 1840 à 1925. À l’exception des Rocheuses, sa répartition ne descend plus en dessous du 50e parallèle.

Au Canada, le carcajou se trouvait historiquement du Yukon jusqu’à TerreNeuveetLabrador, englobant l’archipel Arctique, ainsi que dans le nord des provinces de l’Ouest, de l’Ontario et du Québec. Avant l’arrivée des Européens, le carcajou était présent sur l’ensemble du territoire québécois. Les indices les plus anciens de sa présence au Québec sont des ossements vieux de quelques milliers d’années découverts dans la grotte de SaintElzéar en Gaspésie.

La présence de deux individus a été confirmée à Salluit, dans le NordduQuébec, à l’hiver 2018. Il s’agissait des premières mentions avérées depuis 1978 au Québec. Cependant, cela ne constitue pas une preuve de population résidente.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S1.

Observation

Vous pouvez transmettre vos observations de carcajous au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec ou sur iNaturalist Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Soyez vigilant, le carcajou est souvent confondu avec le pékan. Assurez-vous d’identifier la bonne espèce avant de soumettre votre observation.

Habitat

Le carcajou fréquente les milieux vierges et sauvages et se tient à l’écart des régions peuplées par les humains. Il tolère un climat froid et occupe une grande diversité d’habitats, sauf les milieux très secs.

Alimentation

Sa mâchoire, extrêmement solide et puissante, lui permet de consommer la chair et les os des carcasses gelées en hiver. Le carcajou est opportuniste et il consomme une grande variété d’aliments, selon leur disponibilité. En hiver, il devient principalement nécrophage et dévore les proies tuées par d’autres carnivores, les animaux morts naturellement ou pris dans les pièges des trappeurs.

Reproduction

La période d’accouplement se déroule de mai à juillet et peut s’étendre jusqu’au début de l’automne. L’implantation de l’embryon est différée et son développement s’effectue donc quelques mois après l’accouplement.

Les jeunes naissent de janvier à avril dans une caverne, une fissure de rocher, un trou sous des troncs d’arbres, un tunnel de neige ou à la surface du sol sous la neige. Le nombre de petits par portée se limite généralement à deux ou trois. La reproduction peut s’espacer d’une à plusieurs années.

Comportement

Le carcajou possède une grande endurance qui lui permet de circuler en terrain accidenté et dans la neige épaisse. Il se déplace aussi en altitude, suivant les saisons, la distribution et l’abondance des proies.

Le carcajou est capable de traîner des carcasses sur de longues distances. Il a l’habitude de cacher sa nourriture sous la neige ou à divers endroits après l’avoir marquée d’un liquide malodorant.

Menaces pour l’espèce

Les facteurs qui semblent avoir contribué au déclin du carcajou au Québec sont :

  • le piégeage et la chasse effectués au 19e siècle;
  • le déclin des populations de caribous au cours de la première moitié du 20e siècle;
  • le développement et l’étalement des activités humaines qui empiètent sur son habitat;
  • la diminution du nombre de de loups gris qui contribue normalement à lui procurer des carcasses d’animaux;
  • les opérations de contrôle des prédateurs.

Désignation et rétablissement

Le carcajou possède les statuts suivants selon :  

  • la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (Québec) : espèce désignée menacée depuis 2000;
  • la Loi sur les espèces en péril (Canada) : consultez le Registre public des espèces en péril Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour en savoir plus.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces fauniques au Québec.

En complément

L’interdiction de chasse et de piégeage constitue actuellement une mesure de protection, sauf dans les territoires conventionnés où la récolte de subsistance est permis. Cependant, les chances d'abattre un tel animal semblent être devenues très minces.

BRADLEY, R. D., L. K. AMMERMAN, R. J., BAKER, L. C., BRADLEY, J. A., COOK, R. C., DOWLER, C., JONES, D. J. SCHMIDLY, F. B. STANGL Jr., R. A. VAN DEN BUSSCHE et B. WÜRSIG (2014). “Revised Checklist of North American Mammals North of Mexico”, Museum of Texas Tech University Occasional Papers, 327, 27 p. 

COSEPAC (2014). Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le carcajou (Gulo gulo) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 87 p.

ENVIRONNEMENT CANADA (2016). Programme de rétablissement du carcajou (Gulo gulo), population de l’Est, au Canada, Série de programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, viii + 27 p.

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MOISAN, M. (1996). Rapport sur la situation du carcajou (Gulo gulo) au Québec, ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction de la faune et des habitats, 65 p.

PRESCOTT, J. et P. RICHARD (2013). Mammifères du Québec et des Maritimes, Éditions Michel Quintin, Waterloo, Québec, 3e éd., 480 p.

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Dernière mise à jour : 12 avril 2024

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