Dindon sauvage

Un dindon sauvage mâle.
Un dindon sauvage mâle. © iStock

Nom français
Dindon sauvage

Nom anglais
Wild turkey

Nom scientifique
Meleagris gallopavo

Grand groupe
Oiseaux

Description

Le dindon sauvage est une espèce indigène de l’Amérique du Nord, mais dont l’établissement est assez récent au Québec. Il est l’un des plus gros oiseaux d’Amérique du Nord. C’est une espèce opportuniste et un gibier de plus en plus prisé des chasseurs.

Le dindon sauvage est un animal à déclaration obligatoire. En tout temps, si vous trouvez un dindon blessé ou mort, contactez SOS Braconnage – Urgence faune sauvage au 1 800 4632191.

Identification

Le dindon sauvage affiche une différence entre les sexes. Son apparence physique et son comportement permettent de les distinguer.

Taille

La taille moyenne des mâles adultes est d’environ 100 cm. Les femelles adultes sont 25 à 50 % plus petites que les mâles.

Poids

Le poids moyen du mâle adulte est de 7,7 à 9,7 kg. Celui de la femelle est de 3,6 à 5,0 kg.

Coloration

La majorité des plumes du dindon sauvage ont des reflets métalliques rouges, verts, cuivre, bronze et or. Les plumes primaires des ailes ont des lignes blanches. La tête est dépourvue de plumes et la peau est grise, bleue ou rouge selon le sexe ou l’activité de l’oiseau.

Chez la femelle, l’extrémité des plumes de la poitrine est brun pâle, donnant un plumage plus mat et terne que celui du mâle.

Chez le mâle, l’extrémité des plumes de la poitrine est noire, donnant un plumage plus scintillant et foncé que celui de la femelle.

Traits caractéristiques

Le dindon sauvage se caractérise par une tête et un cou sans plumes, mais les femelles en ont quelques-unes. Des caroncules, c’est-à-dire une excroissance rouge, se trouvent sous son bec et sa gorge. Les mâles ont une barbe alors qu’on en voit chez de 1 à 29 % des femelles. Cette barbe est une touffe de filaments dérivés de la peau qui ressemblent à des poils sur la poitrine. Les pattes du dindon sauvage sont nues. Les plumes de leur queue sont de longueur égale sauf chez les jeunes immatures. Les mâles possèdent des ergots sur l’arrière des pattes.

Répartition

Le dindon sauvage de l’Est occupe la moitié est de l’Amérique du Nord, du nord de la Floride jusqu’aux provinces maritimes. Au Québec, il vit surtout dans le sud de la province dans les régions de la Montérégie, de l’Estrie, du CentreduQuébec, de l’Outaouais et de ChaudièreAppalaches, mais sa répartition s’étend graduellement vers le nord et l’est.

Présence au Québec

Les populations de dindons sauvages établies au Québec proviennent surtout de l’agrandissement de l’aire de répartition des populations des États de New York et du Vermont, ainsi que de l’Ontario.

Les premières observations récentes de dindons sauvages en milieu naturel ont été rapportées en 1976. Elles ont été signalées dans les localités qui bordent la frontière américaine en Montérégie et dans la région de Magog.

Vers la fin des années 1980, la population de dindons sauvages au Québec était évaluée à moins d’une centaine d’individus. Les premières observations en Outaouais datent de la fin des années 1990. Ces oiseaux sont venus de l’Ontario à la suite de la dispersion des dindons introduits dans l’Est ontarien.

Origine

Indigène

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l’année.

État de la situation

Le dindon sauvage se porte bien au Québec. L’espèce n’est pourtant pas bien adaptée aux conditions de neige élevées d’ici. De plus, elle se trouve à la limite nordique de son aire de répartition. Les données de récolte indiquent une légère augmentation de la répartition géographique des dindons vers le nord et l’est au cours des dernières années. Cette expansion est le résultat de la diminution marquée de l’épaisseur de neige depuis quelques décennies et d’activités agricoles essentielles à sa survie en hiver sous nos latitudes. Le plan de gestion du dindon sauvage permet de connaître les orientations et solutions mises en place pour atteindre les objectifs par zones de chasse.

Consultez le Plan de gestion du dindon sauvage

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S5.

Suivi des populations

Le suivi des dindons sauvages s’effectue principalement à l’aide des statistiques de chasse ainsi que d’un sondage annuel destiné aux adeptes de la chasse au dindon sauvage. Ce suivi permet de détecter les différences entre les objectifs de gestion et d’adapter les modalités d’exploitation en fonction des fluctuations des populations dans le but d’atteindre ou de conserver cette cible, inscrite au plan de gestion.

Habitat

Au Québec, le dindon habite les milieux agroforestiers, fréquentant les boisés de feuillus et les champs agricoles. Les régions avec des chênes à haute production de glands sont des endroits qu’il visite régulièrement. Il se réfugie dans la cime des arbres pour dormir. Il préfère des arbres entourés d’eau et qui limitent l’accès par le sol afin d’obtenir une protection supplémentaire. Il est surtout actif le matin et en fin de journée.

Domaine vital

Le domaine vital est la zone spatiale utilisée par un animal sauvage. Sous nos latitudes, le domaine vital du dindon a une superficie moyenne annuelle entre 30 et 50 km2. Toutefois, celleci varie selon les ressources alimentaires et les saisons.

Au printemps, lorsqu’elles sont à la recherche d’un habitat pour faire leur nid, les femelles augmentent leurs déplacements. À l’été, pendant la période d’élevage des poussins, elles limitent leurs déplacements et recherchent des habitats où la nourriture est abondante. À l’automne, pendant la période de préparation avant l’hiver, les dindons augmentent leurs déplacements afin de trouver un habitat pour l’hiver. Finalement, à l’hiver, la période la plus contraignante au Québec, ils diminuent leurs déplacements pour conserver leur énergie et restent à proximité d’une source alimentaire accessible.

Alimentation

Le dindon est un animal très opportuniste et se nourrit de tout ce qu’il trouve. Il affectionne beaucoup les noix, les noisettes, les pignons de pin, les baies et les glands. Il dégage des graines et des racines du sol avec ses pattes. Il s’alimente également d’insectes, d’amphibiens et de reptiles lorsqu’il en a l’occasion. Les jeunes se nourrissent surtout d’insectes qu’ils trouvent euxmêmes.

Durant nos hivers, son alimentation se compose en majeure partie de grains de maïs et de soya restés dans les champs après la récolte. Elle est complétée par des bourgeons, des ramilles et des graines de plantes qui restent accessibles durant la saison froide, comme le chardon ou certains arbustes.

Reproduction

Le dindon sauvage se reproduit au printemps. L’accouplement peut débuter vers la fin de mars et le début d’avril pour se poursuivre jusqu’en juin. Les mâles glougloutent pour attirer les femelles. Ils gonflent d’air leur plumage, allongent leurs ailes vers le sol, relèvent la queue et déploient leurs plumes en éventail. Ils émettent des bruits ressemblant à du tambour et bougent rapidement les pattes.

Après la fécondation, les femelles font leur nid à l’écart, par exemple dans un buisson, au pied d’un arbre ou à l’abri d’un tronc tombé au sol. Le nid est une dépression dans le sol, parfois couvert de feuilles séchées. Les femelles pondent en moyenne de 10 à 12 œufs brunâtres tachetés de brun foncé. La femelle est vulnérable pendant la couvaison et il n’est pas rare qu’elle doive abandonner ses œufs. Une deuxième nichée moins nombreuse peut être tentée au cours de l’été. Après une période moyenne de 26 jours de couvaison, la mère et les jeunes abandonnent le nid quelques heures après l’éclosion. Dès la naissance, les poussins savent trouver leur nourriture et ils apprennent à voler vers 2 semaines pour s’abriter dans les arbres la nuit.

Les jeunes étant confinés au sol pendant au moins deux semaines, leur taux de mortalité est très élevé à cette période. Après 5 mois de vie, les juvéniles ont un taux de survie évalué à environ seulement 25 %. La maturité sexuelle est atteinte en moyenne à 1 an pour les mâles et à 10 mois pour les femelles.

Comportement

Le dindon est un animal social qui vit en groupe à certaines étapes de sa vie. La création de ces groupes varie selon le statut reproducteur. Vers la fin de l’été, les femelles qui ont eu des poussins se regroupent entre elles pour former de petits groupes. Celles qui n’ont pas eu de poussins formeront leurs groupes séparément. Les groupes de femelles passent l’hiver ensemble, puis se séparent au printemps suivant pour aller pondre chacune de leur côté.

Pour leur part, les mâles juvéniles quittent leur mère vers la fin de l’automne. Ils restent généralement ensemble pour le reste de leur vie.

Vers la fin de l’hiver, de grands groupes d’individus de tous les âges et des deux sexes se retrouvent en vue de la période d’accouplement. Lorsque la saison de reproduction débute, des harems de quelques dizaines de femelles se créent autour de groupes composés de un à trois mâles.

Menaces pour l’espèce

Les populations de dindons sauvages ne sont pas menacées au Québec. Toutefois, la prédation est souvent l’un des facteurs de mortalité les plus importants. Les principaux prédateurs des adultes sont la buse à queue rousse, le coyote, le grand-duc, le lynx roux et le pékan. D’autres prédateurs sont plus friands des œufs des dindons sauvages, tels que le corbeau, la corneille, la moufette, le renard et le raton laveur.

La chasse et le braconnage sont la source de mortalité d’origine humaine la plus importante.

Les conditions environnementales difficiles comme l’épaisseur de neige élevée, les températures froides en hiver et la pluie abondante au printemps peuvent avoir un impact important sur la survie des poussins et des adultes.

Maladies

Le dindon sauvage peut être porteur de nombreux pathogènes avec ou sans effet sur sa santé. Ces pathogènes ont généralement peu d’effet sur la population de dindons sauvages. Toutefois, une récente étude a conclu que le risque de transmission de maladies du dindon sauvage aux élevages du Québec apparaît négligeable à faible. Consultez cette étude Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

En cas de présence importune

Le dindon sauvage en milieu naturel doit être traité comme tous les animaux sauvages : il faut les observer à une distance sécuritaire. De façon générale, il n’est pas agressif. Il s’enfuira en vous voyant. Afin d’éviter le développement de comportements non désirés chez les dindons sauvages, il est recommandé de ne pas les nourrir, de nettoyer les graines tombées au sol sous les mangeoires pour oiseaux et d’adopter de saines pratiques pour les jardins et les champs agricoles. Si vous devez effaroucher un dindon sauvage, vous pouvez faire du bruit ou l’effrayer avec un chien en laisse ou un objet comme un parapluie.

Les adeptes qui chassent en milieu agricole sont encouragés à suivre certains conseils pour protéger la volaille et préserver de bonnes relations avec les propriétaires agricoles qui leur donnent accès à leurs terres :

  • Restez à distance des bâtiments d’élevage et de la volaille domestique. Votre véhicule, votre matériel et vos vêtements de chasse ne doivent pas entrer en contact avec ces lieux;
  • Respectez les demandes du propriétaire qui vous donne accès à ses terres;
  • Limitez l’usage de vos bottes et de vos vêtements de chasse (qui peuvent être contaminés par les excréments) à cette activité. Nettoyez-les à votre retour;
  • Assurez-vous que le sang et les sécrétions d’oiseaux sauvages récoltés n’entrent pas en contact avec de la volaille;
  • Lavez-vous les mains après avoir manipulé des oiseaux sauvages ou du matériel contaminé.

Méthodes de prévention

Les dommages associés aux dindons sauvages en agriculture sont parfois surestimés. D’autres espèces importunes causent souvent des dommages plus importants. Afin de diminuer les conflits, les agriculteurs doivent réduire l’accessibilité des sources alimentaires potentielles au dindon sauvage avant l’arrivée de l’hiver.

La meilleure option pour réduire la présence de dindons est de restreindre les sources de nourriture. À proximité des habitations, il peut être utile d’enlever la nourriture tombée des mangeoires d’oiseaux afin d’éviter de les attirer. Vous pouvez aussi installer un grillage à 10 cm de la surface du sol pour empêcher les dindons d’atteindre les graines tombées au sol. Si nécessaire, vous pouvez également enlever les mangeoires. Des bandes à aiguillons peuvent être installées sur les perchoirs qu’ils utilisent. Il est recommandé de recouvrir temporairement les objets réfléchissants durant la période de reproduction au printemps si ceux-ci sont la cible d’attaques de dindons.

Les dindons sont habituellement effrayés par la lumière et les sons soudains. Comme pour les autres oiseaux, la meilleure option est de les effrayer avant qu’ils ne prennent l’habitude de fréquenter un terrain privé. De plus, l’utilisation de ces appareils ne donne aucun résultat si ce n’est que sur une base temporaire. Si vous utilisez cette méthode, vous devez le faire de façon continue et varier son utilisation. Comme les dindons se déplacent plus souvent en marchant qu’en volant, l’installation de clôtures autour des habitations est une mesure efficace. Les petites balles de paille doivent être entreposées dans des hangars fermés et non pas ouverts. Quant aux grosses balles de paille et de foin semi-sec, elles doivent être regroupées près des bâtiments de ferme. À la limite, les grosses balles peuvent être clôturées, ce qui les rendra aussi inaccessibles aux cerfs de Virginie. Dans les cas d’ensilage de maïs dans des silos horizontaux ouverts, il est conseillé d’installer des clôtures temporaires ou permanentes du côté boisé à la limite des silos. Il est aussi fortement conseillé de rabaisser la toile de protection du dessus du silo, et ce, après chaque usage. Dans certains cas, des agriculteurs recouvrent de neige l’ensilage et les balles de foin, éliminant ainsi certains inconvénients.

Méthodes de contrôle

L’abattage ou la relocalisation des dindons ne sont pas des solutions adéquates pour réduire les inconvénients causés par certains individus. La mise en valeur par la chasse est privilégiée. Quoique peu répertoriées au Québec, les situations problématiques surviennent surtout à l’automne et au cours de l’hiver. Seules les méthodes préventives peuvent offrir une solution durable parce qu’elles s’attaquent à la source du problème, soit la disponibilité de la nourriture.

Le contrôle des populations de dindons sauvages par la chasse sportive constitue la méthode la plus efficace et la moins coûteuse pour maintenir les populations à des niveaux souhaitables et limiter les dommages. Les chasseurs doivent connaitre la réglementation en vigueur concernant la chasse au dindon sauvage et s’y conformer.

DICKSON, J. G. (1992). The Wild Turkey. Biology and management. Stackpole Books, Mechanicsburg. 480 p.

LAVOIE, M., P. BLANCHETTE, J.-P. TREMBLAY et S. LARIVIÈRE (2014). A safer net propelled device to capture wild turkey. Wildlife Society Bulletin 38:439442.

LAVOIE, M., P. BLANCHETTE, S. LARIVIÈREet J.-P. TREMBLAY (2017). Winter and summer weather modulate the demography of wild turkeys at the northern edge of the species distribution. Population Ecology 59:239249.

LAVOIE, M., S. JENOUVRIER, P. BLANCHETTE, S. LARIVIÈREet J.-P. TREMBLAY (2021). Extreme climate events limit northern range expansion of wild turkeys. Oecologia 197: 633650.

LEBEL, François (éd.) (2016). Plan de gestion du dindon sauvage au Québec 2016-2023, Direction de l’expertise sur la faune terrestre, l’herpétofaune et l’avifaune, Direction générale de la gestion de la faune et des habitats, Secteur de la faune et des parcs, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. 122 p.

Dernière mise à jour : 29 février 2024

Évaluation de page

L’information sur cette page vous a-t-elle été utile?
Avis général

Des questions ou besoin de renseignements?

Communiquez avec Services Québec