Petite chauve-souris brune

Une petite chauve-souris brune accrochée à un plafond.
Petite chauve-souris brune. © Jean Lapointe

Nom français
Petite chauve-souris brune

Autre(s) nom(s) français
Vespertilion brun, chauve-souris brune

Nom anglais
Little brown myotis

Nom scientifique
Myotis lucifugus

Grand groupe
Mammifères

Sous-groupe
Mammifères terrestres

Espèces d'intérêt
Chauves-souris

Espèce à statut
Menacée

Description

La petite chauve-souris brune est l’une des huit espèces de chauves-souris du Québec. Ce petit mammifère volant est surtout actif la nuit.

Identification

Taille

Longueur totale : 7,9 à 9,7 cm; envergure d’ailes : 22 à 27 cm.

Poids

De 7 à 14 g.

Traits caractéristiques 

La couleur de son pelage varie du brun jaunâtre au brun foncé, avec la base des poils noire. La fourrure ventrale est plus claire et contraste nettement avec la fourrure dorsale plus foncée.

Distinction 

Le tragus, petite pointe formée de cartilage et de peau située devant le trou de l’oreille, est étroit et allongé avec l’extrémité arrondie.

Espèces similaires

Chauve-souris nordique

Pipistrelle de l’Est

Chauve-souris pygmée de l’Est

Répartition

La petite chauve-souris brune vit dans la majeure partie de l’Amérique du Nord, dont l’ensemble des provinces et des territoires du Canada, à l’exception du Nunavut. Au Québec, cette espèce est bien répartie dans le sud de la province. Cependant, il est difficile de savoir jusqu’à quelle latitude elle peut survivre.

Présence au Québec

Origine

Indigène

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l'année.

État de la situation

Les populations de petites chauves-souris brunes ont subi de graves déclins au Québec depuis l’arrivée du syndrome du museau blanc au Québec en 2010. Leurs populations ont diminué de plus de 78 à 100 % depuis l’apparition de cette infection fongique.

Rangs de précarité

Les rangs de précarité pour cette espèce sont :

  • Rang G : G3
  • Rang N : N3
  • Rang S : S1

Suivi

Le suivi des espèces sur le terrain permet d’établir leur état de situation. Les données pour cette chauve-souris sont obtenues par les moyens suivants :

  • Suivi des chiroptères par routes d’écoute (Réseau d’inventaires acoustiques Chirops);
  • Suivi ces colonies estivales (maternités);
  • Suivi des hibernacles Lire le contenu de la note numéro 1  et du syndrome du museau blanc;
  • Suivi des populations par stations acoustiques fixes dans le contexte du Réseau de suivi de la biodiversité du Québec.

Observation

Vous pouvez transmettre vos observations de chauves-souris au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, sur iNaturalist Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. ou en enregistrant vos observations d’individus ou de colonies estivales (maternités) sur Chauves-souris aux abris Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Habitat

La petite chauve-souris brune compte parmi l’une des cinq espèces résidentes de chauves-souris du Québec. Son hibernation s’étend de la fin septembre/mi-octobre jusqu’à la fin avril/début juin. Elle peut hiberner dans les mines désaffectées et les cavités naturelles creusées dans la roche, comme les grottes et les cavernes.

Durant l’été, la petite chauve-souris brune se repose :

  • sous les écorces soulevées des arbres;
  • dans des trous et des fissures des troncs d’arbres;
  • dans des crevasses rocheuses;
  • dans des abris sous les roches;
  • dans les bâtiments.

Les sites de colonies de maternités sont utilisés par les femelles reproductives pour mettre bas et allaiter les nouveau-nés. Ces sites peuvent se trouver dans des bâtiments et des trous d’arbres creux ou morts à gros tronc. Ils peuvent compter des centaines de femelles accompagnées de leurs petits.

Alimentation

La petite chauve-souris brune se nourrit d’insectes et s’active de nuit. Pour se repérer dans l’obscurité, elle émet des ondes sonores qui rebondissent sur les éléments qui l’entourent, puis capte l’écho qui revient à ses oreilles : c’est ce qu’on appelle l’écholocalisation. Elle arrive ainsi à se représenter son environnement sans le voir, ce qui lui permet de localiser et de capturer ses proies en vol. Cette espèce consomme une importante quantité d’insectes jugés nuisibles à l’agriculture et la foresterie. Par exemple, en une heure seulement, elle peut capturer jusqu’à 600 insectes.

Elle s’alimente dans les endroits qui favorisent une production élevée d’insectes, tels que :

  • sous le couvert forestier;
  • dans les trouées;
  • dans les milieux humides;
  • à l’orée des boisés;
  • à proximité ou en bordure des plans d’eau.

Reproduction

La petite chauve-souris brune est polygame. L’accouplement a lieu pendant les périodes de regroupement à la fin de l’été, à l’automne ou en hiver. L’implantation et la fertilisation de l’ovule sont retardées jusqu’au printemps, ce qu’on appelle « fécondation différée ».

Les naissances ont généralement lieu de la mi-juin au début de juillet. Cette espèce peut avoir un jeune par année. Les nouveau-nés sont sevrés après 3 à 4 semaines, période à laquelle ils commencent à voler.

Menaces pour l’espèce

Actuellement, le syndrome du museau blanc est la plus importante cause de mort chez cette espèce. En plus de cette infection, les principales menaces qui pèsent sur la petite chauve-souris brune sont :

  • le dérangement humain dans les grottes et les mines (qui lui servent d’aires d’hivernage);
  • le vandalisme et la persécution;
  • l’exclusion et l’extermination;
  • le développement résidentiel et commercial;
  • l’activité minière;
  • les éoliennes;
  • les contaminants agricoles.

Maladies

Le syndrome du museau blanc est une infection fongique qui est la plus importante cause de mortalité de cette espèce.

Cette chauve-souris peut être porteuse de la rage.

En cas de contact

En tout temps, évitez de toucher une chauve-souris à mains nues. Prenez les mesures nécessaires si vous êtes en leur présence.

Désignation et rétablissement

La petite chauve-souris brune possède les statuts suivants selon :  

  • la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (Québec) : espèce désignée menacée;
  • la Loi sur les espèces en péril (Canada) : Consultez le Registre public des espèces en péril Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour en savoir plus.

La petite chauve-souris brune fait partie des espèces qui concernent l’Équipe de rétablissement des chauves-souris du Québec Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces fauniques au Québec.

En cas de présence importune

Les maternités, qui peuvent être situées dans nos habitations, sont importantes pour assurer la survie de l’espèce. Outre les maternités, les chauves-souris peuvent parfois entrer dans la maison.

Méthodes de prévention

Vous pouvez prévenir l’introduction de chauves-souris dans un bâtiment en prenant certaines précautions.

Méthodes de contrôle

Si des chauves-souris souris ont élu domicile chez vous, il est possible de les déloger de manière sécuritaire. Il suffit de trouver par où elles entrent dans le bâtiment, de bloquer les entrées et de laisser des sorties ouvertes. Consultez ce guide Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour connaître les périodes dans l’année où il est préférable d’intervenir auprès des chauves-souris. 

Les chauves-souris sont des espèces protégées. Les tuer est illégal.

En complément

BRADLEY, R. D., L. K. AMMERMAN, R. J., BAKER, L. C., BRADLEY, J. A., COOK, R. C., DOWLER, C., JONES, D. J. SCHMIDLY, F. B. STANGL JR., R. A. VAN DEN BUSSCHE et B. WÜRSIG (2014). “Revised Checklist of North American Mammals North of Mexico”, Museum of Texas Tech University Occasional Papers, 327: 27 p. 

ÉQUIPE DE RÉTABLISSEMENT DES CHAUVES-SOURIS DU QUÉBEC (2019). Plan de rétablissement de trois espèces de chauves-souris résidentes du Québec : la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis) et la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus) — 2019-2029, produit pour le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Direction générale de la gestion de la faune et des habitats, 102 p.

INTEGRATED TAXONOMIC INFORMATION SYSTEM (ITIS) (2018). Integrated Taxonomic Information System [En ligne] [https://www.itis.gov/ Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.]

NATURESERVE (2020). “An Online Encyclopedia of Life”, sur le site de NatureServe Explorer [En ligne] [https://explorer.natureserve.org/ Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.]

PRESCOTT, J. et P. RICHARD (2013). Mammifères du Québec et des Maritimes, Éditions Michel Quintin, Waterloo, Québec, 3e éd., 480 p.

SPECIES 2000 & ITIS CATALOGUE OF LIFE (2018). Catalogue of Life: Monthly edition [En ligne] [http://www.catalogueoflife.org/ Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.]

WILSON, D. E. et D. M. REEDER (éds.) (2005). Mammal Species of the World, Johns Hopkins University Press, Baltimore, Maryland, 3e éd., 2142 p. [En ligne] [https://www.departments.bucknell.edu/biology/resources/msw3/ Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.]

Dernière mise à jour : 26 février 2024

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