- Accueil
- Informations et services
- Agriculture, environnement et ressources naturelles
- Flore
- Fiches des espèces floristiques
- Conopholis d’Amérique
Fiches des espèces floristiques
Conopholis d’Amérique © Pierre Petitclerc, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Nom français
Conopholis d’Amérique
Nom anglais
American cancer-root
Conopholis americana (Linnaeus) Wallroth
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce vulnérable
Famille
Orobanchaceae
Description
Le conopholis d’Amérique est une plante herbacée vivace, qui mesure de 5 à 25 cm. Sans chlorophylle Lire le contenu de la note numéro 1 , il est jaunâtre et en forme de cône. Il pousse en groupes et parasite les racines du chêne rouge. En automne, il devient brun et ressemble à un vieux cône de pin blanc.
Identification
Tige
Les tiges du conopholis d’Amérique sont simples, cylindriques, charnues, droites ou légèrement arquées. Elles mesurent de 5 à 25 cm.
Feuilles
Chez le conopholis d’Amérique, les feuilles sont remplacées par des écailles brunâtres de 1 à 2 cm, appelées « cataphylle Lire le contenu de la note numéro 2 ». Elles sont nombreuses et couvrent toute la tige.
Fleurs
Les fleurs du conopholis d’Amérique poussent à l’aisselle des écailles de la tige, formant un épi dense. Elles sont blanc crémeux et mesurent de 10 à 15 mm. Les cinq sépales Lire le contenu de la note numéro 3 du calice Lire le contenu de la note numéro 4 forment un tube étroit, fendu du côté inférieur et légèrement denté au sommet. Les cinq pétales de la corolle Lire le contenu de la note numéro 5 , partiellement soudés, s’ouvrent en deux lèvres : la supérieure plus longue, et l’inférieure découpée en trois lobes. Quatre étamines Lire le contenu de la note numéro 6 de tailles inégales sortent de la fleur et dépassent la corolle.

Fleurs du conopholis d’Amérique. © Caroline Tanguay
Fruits
Le conopholis d’Amérique produit de petites capsules blanches, arrondies, de 8 à 18 mm. Leur extrémité porte pendant longtemps les parties sèches des fleurs. Les capsules contiennent de nombreuses graines brunes, lustrées, de 1 mm.

Fruits du conopholis d’Amérique. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Racines
Le conopholis d’Amérique n’a pas de véritables racines. Il se nourrit grâce à un organe, appelé « haustorium Lire le contenu de la note numéro 7 », qui le relie aux petites racines du chêne rouge pour puiser les nutriments dont il a besoin.
Observation
Le conopholis d’Amérique est plus facile à observer lorsqu’il est en fleurs ou qu’il porte des fruits, de la mi-mai jusqu’à la mi-septembre. Sa couleur jaunâtre, due à l’absence totale de chlorophylle, et son aspect inhabituel, le font ressortir dans la forêt. En automne, la plante brunit, se dessèche et devient plus difficile à repérer parmi les feuilles mortes. Au printemps, on peut encore voir les tiges desséchées de l’année précédente.
Répartition
Aux États-Unis, l’aire de répartition du conopholis d’Amérique s’étend de la Floride au Mississipi et, dans le nord, du Maine au Wisconsin. Au Canada, l’espèce est présente du Manitoba jusqu’en Nouvelle-Écosse, mais elle est absente au Nouveau-Brunswick et sur l’Île-du-Prince-Édouard. Au Québec, on la trouve surtout sur le sommet de collines en Outaouais, dans les Laurentides et en Montérégie.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, le conopholis d’Amérique a été recensé dans une soixantaine de sites. Plus de la moitié de ces sites comptent moins de 400 tiges, et l’espèce a disparu de trois sites. Bien que l’espèce soit présente dans plusieurs régions, elle reste rare localement, même si le chêne rouge, son hôte, est répandu. La difficulté de l’espèce à coloniser de nouveaux habitats est l’un des facteurs qui rendent sa situation précaire au Québec.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S3.
Signalement
Si vous repérez une population de conopholis d’Amérique, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
Le conopholis d’Amérique pousse dans des forêts de chêne rouge, dans des érablières à chêne rouge et parfois dans des cédrières ou des pinèdes blanches à chêne rouge. On le trouve généralement sur des sites en pente douce, exposés au sud, dont le sol est mince et bien drainé.
Reproduction et propagation
Le conopholis d’Amérique se reproduit par graines. Un individu peut en produire plus de 10 000 par an, mais seulement 55 % sont viables et 12 % germent. Les graines tombent près de la plante, mais une forte pluie peut les entraîner sur une plus grande distance. L’ours noir et le cerf de Virginie, qui mangent les tiges, aident à les disperser. Une étude a montré que 48 % des graines présentes dans les excréments du cerf de Virginie sont viables.
Biologie
Le conopholis d’Amérique fleurit de la mi-mai à la fin de juin. Comme ses fleurs n’ont pas de nectaires Lire le contenu de la note numéro 8 pour attirer les pollinisateurs, la fécondation se fait à l’intérieur de la même fleur. Les fruits se forment entre la mi-juin et la mi-septembre. Les graines, enfouies dans le sol, s’activent lorsqu’elles détectent des substances chimiques émises par une racine de chêne. Elles produisent une radicule Lire le contenu de la note numéro 9 qui entre en contact avec la racine de l’hôte et pénètre ses tissus. Ce contact déclenche le développement de l’haustorium, pendant que les cellules résiduelles de la graine et de la radicule se rétractent et meurent.
Le conopholis d’Amérique vit de neuf à 10 ans et fleurit dès l’âge de quatre ans. Dans de bonnes conditions, un tubercule peut produire quatre tiges portant 75 fleurs chacune. Un tiers seulement des individus sont visibles, les autres restant sous le sol à faible profondeur. La plante meurt après une période de dépérissement de deux ans.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur le conopholis d’Amérique sont :
- le retrait total ou important du couvert forestier;
- la construction de routes;
- le développement résidentiel.
Désignation et rétablissement
Au Québec, le conopholis d’Amérique est une espèce désignée vulnérable depuis 2012 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Près du tiers des sites qui abritent le conopholis d’Amérique sont situés en totalité ou en partie dans des
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le genre Conopholis comprend une seule espèce au Canada. Son nom vient des mots grecs conos (« cône ») et pholis (« écaille »), en référence à l’apparence de la plante et aux écailles qui couvrent sa tige.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.
COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].
JEAN DESHAYE, J., T. LANDRY, R. GOUDREAU, M. DUBOIS et M.-J. GRIMARD (2019). « La répartition du conopholis d’Amérique (Conopholis americana [L.] Wallroth) au Québec », Le Naturaliste canadien, 143 (2) : 4-11. [En ligne]. [
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
-
Note de bas de page numéro 1La chlorophylle est un pigment localisé dans les parties éclairées des plantes et qui absorbe une partie de l’énergie solaire utilisée pour produire les molécules essentielles à leur croissance. Retour à la référence de la note numéro 1
-
Note de bas de page numéro 2La cataphylle est une feuille transformée dont la fonction principale n’est pas la photosynthèse, mais la protection, le soutien structurel ou le stockage de nutriments. Retour à la référence de la note numéro 2
-
Note de bas de page numéro 3Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 3
-
Note de bas de page numéro 4Le calice est l’enveloppe externe de la fleur comprenant l’ensemble des sépales. Son rôle est de protéger la fleur en développement. Retour à la référence de la note numéro 4
-
Note de bas de page numéro 5La corolle est l’enveloppe interne de la fleur qui comprend l’ensemble des pétales. Elle entoure les parties reproductrices. Retour à la référence de la note numéro 5
-
Note de bas de page numéro 6L’étamine est l’organe mâle de la fleur formé d’un filet et d’une anthère. Retour à la référence de la note numéro 6
-
Note de bas de page numéro 7L’haustorium est un organe semblable à une racine qui sert à puiser des éléments nutritifs dans les tissus d’une plante hôte. Retour à la référence de la note numéro 7
-
Note de bas de page numéro 8Les nectaires sont les glandes qui produisent le nectar, une sécrétion sucrée qui attire les insectes et les oiseaux pollinisateurs. Retour à la référence de la note numéro 8
-
Note de bas de page numéro 9La radicule est la première racine d'un végétal, élaborée par l'embryon au début de la germination. Retour à la référence de la note numéro 9
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
