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Fiches des espèces floristiques
Doradille des murailles d’Amérique. © Benoît Tremblay, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Doradille des murailles d’Amérique
Nom anglais
Wallrue spleenwort
Asplenium ruta-muraria var. cryptolepis (Fernald) Wherry
Groupe de plantes
Fougères
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Aspleniaceae
Description
La doradille des murailles d’Amérique est une petite fougère vivace qui pousse dans les fissures des rochers. Ses frondes Lire le contenu de la note numéro 1 , délicatement découpées, mesurent de 3 à 15 cm de long et se développent en touffe.
Identification
Tige
Chez la doradille des murailles d’Amérique, le stipe de la fronde est lisse ou recouvert de petites écailles brun foncé à la base. Il mesure de 1,5 à 7,5 cm de long.
Feuilles
Le limbe de la fronde de la doradille des murailles d’Amérique mesure de 2 à 6,5 cm de long. Il se divise en deux ou quatre paires de segments principaux, eux-mêmes découpés en segments secondaires, en forme de petits éventails à demi ouverts et dentelés au sommet.
Sores
Les spores Lire le contenu de la note numéro 2 de la doradille des murailles d’Amérique sont contenues dans des sacs microscopiques appelés « sporanges Lire le contenu de la note numéro 3 ». Ces sacs se regroupent sous le limbe en formant de une à cinq rangées, longues de 1 à 3 mm. Ce sont les sores Lire le contenu de la note numéro 4 . Ils sont recouverts d’une fine membrane translucide, dont la couleur varie de blanchâtre à brun pâle, appelée « indusie Lire le contenu de la note numéro 5 ».

Sores de la doradille des murailles d’Amérique. © Paul Busselen, Native Plant Trust
Racines
Le système racinaire de la doradille des murailles d’Amérique est formé d’un rhizome Lire le contenu de la note numéro 6 court, fin et ramifié.
Espèces similaires
Distinctions
Contrairement à la doradille des murailles d’Amérique, la cryptogramme de Steller présente des frondes de formes différentes selon qu’elles portent des spores (frondes fertiles) ou non (frondes stériles). Ses sores se trouvent sous le bord replié du limbe, et non sur toute sa surface.
Observation
On peut observer la doradille des murailles d’Amérique pendant toute la saison de croissance.
Répartition
L’aire de répartition de la doradille des murailles d’Amérique occupe une bonne partie de l’est des États-Unis. Elle s’étend de la Géorgie et de l’Alabama au sud, jusqu’au Vermont et au Wisconsin vers le nord. Au Canada, l’espèce est présente en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick. Au Québec, on la trouve en Outaouais et dans le sud de la Montérégie.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
La doradille des murailles d’Amérique est très rare au Québec. Elle a été répertoriée dans cinq sites, dont un où elle a disparu. Il y a moins de 200 touffes de cette fougère au Québec, dont les trois quarts se concentrent dans un seul site.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S1.
Signalement
Si vous repérez une population de doradille des murailles d’Amérique, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.
Habitat
La doradille des murailles d’Amérique pousse dans les fissures de rochers constitués de calcaire ou de marbre. Elle se développe sous un couvert forestier ouvert ou semi-ouvert, dominé par le thuya occidental, le chêne rouge, l’érable à sucre ou l’ostryer de Virginie.
Reproduction et propagation
La doradille des murailles d’Amérique se reproduit au moyen de spores. Quand les spores germent, elles forment un organe appelé « prothalle Lire le contenu de la note numéro 7 », qui produit les cellules sexuelles pour la fécondation. Après la fécondation, de jeunes fougères poussent sur le prothalle.
Biologie
Les frondes de la doradille des murailles d’Amérique se développent en juin et les sores apparaissent en juillet. L’espèce préfère l’ombre, mais elle peut supporter un peu de lumière. Bien qu’elle soit délicate, elle résiste à la sécheresse de son habitat. Ses frondes restent en place tout l’hiver et sont encore visibles au début de l’été suivant.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur la doradille des murailles d’Amérique sont :
- l’escalade des parois rocheuses à des fins récréatives;
- les sécheresses prolongées.
Désignation et rétablissement
Au Québec, la doradille des murailles d’Amérique est une espèce désignée menacée depuis 2005 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Quelques sites abritant la doradille des murailles se situent en totalité ou en partie dans des
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le nom Asplenium vient du grec a (sans) et splên (rate). Dioscoride, médecin romain du 1er siècle, l’a donné à une fougère utilisée pour traiter les maladies de la rate.
La doradille des murailles d’Amérique est une variété d’une espèce très répandue en Europe, où elle pousse souvent sur les vieux murs, ce qui lui a donné son nom.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol., New York et Oxford, [En ligne]. [
COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.
COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
À consulter aussi
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Note de bas de page numéro 1Les frondes sont les feuilles des fougères et de certaines autres plantes. Elle est formée d’un limbe et d’une tige appelée « stipe ». Le limbe correspond à la partie étendue et découpée en segments de la fronde. Le stipe est la tige qui relie le limbe au système racinaire de la plante. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Les spores sont les cellules reproductrices de certains groupes de plantes comme les fougères, les prêles et les algues. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Le sporange est l’organe qui produit les spores. Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4Le sore est formé d’un groupe de sacs microscopiques (sporanges) qui contiennent les spores. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5L’indusie est un tissu mince et membraneux qui protège les sores. Retour à la référence de la note numéro 5
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Note de bas de page numéro 6Le rhizome est une tige souterraine, généralement horizontale, qui produit des racines et des tiges aériennes. Retour à la référence de la note numéro 6
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Note de bas de page numéro 7Le prothalle est une petite lame verte issue de la germination d’une spore. Son dessous est pourvu de minuscules racines qui absorbent l’eau et les éléments nutritifs du sol, tandis que son dessus porte les cellules mâles et femelles qui donneront naissance à de nouvelles plantes. Retour à la référence de la note numéro 7
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
