Ginseng à cinq folioles

Ginseng à cinq folioles. © Ariane Piché

Nom français
Ginseng à cinq folioles

Nom anglais
American ginseng

Nom scientifique

Panax quinquefolius Linnaeus

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce menacée

Famille
Araliaceae

Description

Le ginseng à cinq folioles est une plante herbacée vivace de 20 à 50 cm, qui pousse dans les érablières du sud du Québec. Il se distingue par ses feuilles composées de trois à cinq petites feuilles (folioles) reliées comme les doigts d’une main et par ses fruits rouge vif en automne.

Identification

Tige

La tige du ginseng à cinq folioles est droite, mesurant de 20 à 50 cm de haut. Elle porte de une à quatre feuilles autour du même point.

Feuilles

Les feuilles du ginseng à cinq folioles sont formées de trois à cinq petites feuilles portées par un court pétiole Lire le contenu de la note numéro 1 et disposées comme les doigts d’une main. Elles sont ovales, pointues au sommet, et leur bord est finement denté. Elles mesurent de 6 à 15 cm de long et de 2 à 8 cm de large.

Fleurs

Le ginseng à cinq folioles a de six à 25 petites fleurs blanc verdâtre, groupées en une demi-boule appelée « ombelle ». Cette dernière est portée par un pédoncule Lire le contenu de la note numéro 2 de 1 à 12 cm de long, situé à la jonction des feuilles. Chaque fleur a cinq sépales Lire le contenu de la note numéro 3 verts et cinq pétales triangulaires blanc verdâtre.

Fruits

Le ginseng à cinq folioles produit des fruits charnus appelés « drupes ». Ils sont aplatis, rouge vif lorsqu’ils sont mûrs, mesurent de 7 à 10 mm de diamètre et contiennent d’une à trois graines.

Racines

Le système racinaire du ginseng à cinq folioles est composé d’un rhizome Lire le contenu de la note numéro 4 fin relié à une racine tubéreuse Lire le contenu de la note numéro 5 allongée et souvent fourchue. On peut connaître l'âge de la plante en observant le rhizome grâce aux cicatrices laissées par la tige qui se dessèche et se détache chaque automne.

Espèces similaires

Ginseng à trois folioles (Panax trifolius)

Distinctions

Le ginseng à trois folioles est plus petit (de 8 à 20 cm de haut). Ses feuilles sont composées de trois à cinq folioles dépourvues de pétiole et ont un sommet arrondi. Ses fruits sont jaunes, triangulaires et mesurent de 4 à 5 mm de diamètre.

Observation

La meilleure période pour observer le ginseng à cinq folioles est la fin de l’été, lorsque ses fruits sont mûrs et rouge vif.

Répartition

L’aire de répartition du ginseng à cinq folioles se trouve dans le nord-est de l’Amérique du Nord. Aux États-Unis, elle s’étend de la Géorgie et de la Louisiane jusqu’au Maine, le Minnesota et le Dakota du Sud. Au Canada, il est présent dans le sud de l’Ontario et du Québec. Au Québec, l’espèce se concentre dans le sud-ouest de la province.

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, le ginseng à cinq folioles a été répertorié dans près de 200 sites. Plus de la moitié des populations sont petites ou poussent dans des érablières perturbées par des activités humaines. L’espèce a disparu dans 10 sites.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.

Signalement

Si vous repérez une population de ginseng à cinq folioles, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.

Habitat

Le ginseng à cinq folioles pousse surtout dans des érablières diversifiées. Outre l’érable à sucre, on y trouve aussi le caryer cordiforme, le tilleul d’Amérique, le chêne rouge, le frêne blanc et le noyer cendré. Il préfère les terrains plats ou en bas de pente, aux sols bien drainés et au pH neutre.

Reproduction et propagation

Le ginseng à cinq folioles se reproduit uniquement par ses graines qui tombent principalement autour du plant mère. Bien que les fruits rouge vif puissent attirer les oiseaux ou les animaux, aucune observation directe de cette dispersion n'a été rapportée.

Biologie

Le ginseng à cinq folioles fleurit à la fin de juin et en juillet. Ses fruits atteignent leur maturité en septembre. Les graines restent en dormance pendant environ 20 mois avant de germer. La survie des semis est faible, 0,55 % seulement des graines devenant des plants matures après sept à 15 ans.

Cette plante vit longtemps, parfois plus de 60 ans. Elle supporte bien les perturbations grâce à sa racine profonde et à ses réserves nutritives.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur le ginseng à cinq folioles sont :

  • le retrait important du couvert forestier;
  • le développement résidentiel;
  • l’acériculture intensive;
  • la cueillette illégale;
  • le broutage par le cerf de Virginie et les limaces.

Désignation et rétablissement

Au Québec, le ginseng à cinq folioles est une espèce désignée menacée depuis 2001 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Près du tiers des sites qui abritent le ginseng à cinq folioles sont situés en totalité ou en partie dans des aires protégées. Deux de ces aires visent spécifiquement la protection de l’espèce :

Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.

Pour connaître le statut de l’espèce au Canada, consultez le Registre public des espèces en péril.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

Informations complémentaires

Le ginseng à cinq folioles était utilisé par les Autochtones avant l’arrivée des Européens. Ils s’en servaient pour favoriser la fertilité féminine, améliorer les capacités intellectuelles et traiter différents maux. Michel Sarrazin, un médecin de la Nouvelle-France, l’a mentionné pour la première fois en 1704. Il a vite été comparé au ginseng asiatique (Panax ginseng) apprécié pour ses propriétés médicinales, ce qui a lancé un commerce lucratif. Les racines séchées étaient exportées en Chine et sont devenues le deuxième produit commercial de la Nouvelle-France après les fourrures.

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Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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