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Fiches des espèces floristiques
Goodyérie pubescente. © Valérie Deschesne, Cime-Haut-Richelieu
Nom français
Goodyérie pubescente
Nom anglais
Downy rattlesnake-plantain
Goodyera pubescens (Willdenow) R. Brown
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce vulnérable
Famille
Orchidaceae
Description
La goodyérie pubescente est une plante herbacée vivace de la famille des orchidées qui peut atteindre 40 cm de hauteur. Elle se distingue par ses feuilles ovales arborant des motifs blancs et des bandes blanches le long de la nervure centrale. Elle forme souvent des colonies denses.
Identification
Tige
La tige florale de la goodyérie pubescente est droite et très poilue, ce qui explique le nom de l’espèce.
Feuilles
La goodyérie pubescente possède de 2 à 11 feuilles en forme de lance, regroupées en rosette au niveau du sol. Elles sont vert foncé ou bleu-vert et elles arborent un motif de lignes blanches et des bandes blanches le long de la nervure centrale. Elles mesurent de 4 à 6,5 cm de long.

Feuilles de la goodyérie pubescente réunies en rosette. © Pierre Petitclerc, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fleurs
La goodyérie pubescente porte de 10 à 65 petites fleurs regroupées en un épi cylindrique dense. Les fleurs mesurent de 5 à 6 mm de long et sont soutenues par une petite bractée Lire le contenu de la note numéro 1 en forme de lance. Chaque fleur est formée de six parties : trois sépales Lire le contenu de la note numéro 2 et trois pétales. Les sépales et les deux pétales latéraux sont blanchâtres, lisses à l’intérieur et garnis de poils à l’extérieur. Le pétale central, appelé « labelle », a la forme d’un sac et il est recouvert de petites bosses.

Fleurs de la goodyérie pubescente regroupées en épi. © Frédéric Coursol

Vue détaillée d’une fleur de la goodyérie pubescente. © Benoît Dorion
Fruits
Les fruits de la goodyérie pubescente sont de petites capsules rondes de 6 mm de diamètre. Ils s’ouvrent par des fentes longitudinales, laissant s’échapper de minuscules graines.

Fruits de la goodyérie pubescente. © Frédéric Coursol
Racines
Le système racinaire de la goodyérie pubescente est formé d’une tige souterraine rampante (rhizome) d’où partent des racines fibreuses.
Espèces similaires
Goodyérie à feuilles oblongues (Goodyera oblongifolia)
Goodyérie panachée (Goodyera tesselata)
Goodyérie rampante (Goodyera repens)
Distinctions
La goodyérie pubescente se distingue des autres espèces par son épi de fleurs dense, ses feuilles ovales arborant des motifs plus élaborés et sa nervure centrale bordée de bandes blanches.
Observation
On peut observer la goodyérie pubescente pendant toute la saison de croissance.
Répartition
La goodyérie pubescente ne se trouve qu’en Amérique du Nord. Son aire de répartition s’étend de la Caroline du Nord et de l’Oklahoma jusqu’au Minnesota, ainsi qu’en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse. Des populations isolées existent en Floride. Au Québec, l’espèce est présente dans le sud-ouest du territoire, de l’Outaouais jusqu’à la Capitale-Nationale.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, la goodyérie pubescente est présente dans près d’une centaine de sites. La majorité de ces sites abritent de petites populations, ce qui les rend vulnérables aux perturbations de leur habitat.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.
Signalement
Si vous repérez une population de goodyérie pubescente, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.
Habitat
La goodyérie pubescente pousse dans des forêts matures feuillues ou mixtes, sur des sols acides, secs ou bien drainés. Les arbres que l’on retrouve souvent dans ces forêts sont l’érable à sucre, le hêtre, le chêne rouge, la pruche, le thuya, le pin blanc et l’érable rouge.
Reproduction et propagation
La goodyérie pubescente se reproduit principalement de façon végétative, en formant de nouvelles pousses à partir de son rhizome, ce qui crée des colonies denses au fil des ans.
Elle se reproduit également par ses graines. Comme pour la plupart des orchidées, les graines ont besoin de champignons microscopiques pour germer et se développer (symbiose). La formation d’une nouvelle pousse prend environ deux ans.
Biologie
La goodyérie pubescente demeure à un stade végétatif pendant plusieurs années avant de fleurir une seule fois entre fin juin et septembre. Après cette unique floraison, elle produit des plants végétatifs pendant quelques années avant de disparaître complètement.
Ses feuilles persistent quelques années, restant sous la neige et réapparaissant au printemps suivant.
Cette espèce s’adapte bien à des conditions d’ombre très dense, lesquelles sont peu propices à l’installation d’autres plantes. Elle tolère mal l’ouverture du couvert forestier ainsi qu’un excès d’humidité ou de sécheresse.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur la goodyérie pubescente sont :
- le développement résidentiel et commercial;
- la construction de routes;
- le retrait total ou partiel du couvert forestier;
- le broutage par le cerf de Virginie.
Désignation et rétablissement
Au Québec, la goodyérie pubescente est une espèce désignée vulnérable depuis 2012 en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Une vingtaine de sites abritant cette espèce se situent en totalité ou en partie dans des
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le genre Goodyera a été nommé ainsi en l’honneur de John Goodyer, un botaniste britannique du 17e siècle.
Pour en savoir plus
Références
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TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
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Note de bas de page numéro 1La bractée est une feuille modifiée située sous une fleur ou un groupe de fleurs. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 2
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
