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Fiches des espèces floristiques
Ptérospore à fleurs d’andromède. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Nom français
Ptérospore à fleurs d’andromède
Nom anglais
Woodland pinedrops
Pterospora andromedea Nuttall
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Ericaceae
Description
Le ptérospore à fleurs d’andromède est une plante herbacée vivace sans chlorophylle Lire le contenu de la note numéro 1 de la même famille que le bleuet, soit les éricacées. Il n’a ni tige, ni vraies feuilles. Sa partie aérienne est une grappe de petites fleurs pendantes fixées à un axe central rougeâtre mesurant entre 30 cm et 1 m de haut.
Identification
Fleurs
Les 20 à 130 petites fleurs du ptérospore à fleurs d’andromède forment une grappe étroite le long d’un axe rougeâtre, recouvert de poils glanduleux et garni de petites bractées Lire le contenu de la note numéro 2 triangulaires, surtout à la base. Les fleurs, en forme d’urne, mesurent de 6 à 10 mm de long et pendent au bout de courts pédicelle Lire le contenu de la note numéro 3 . Les cinq sépales à la base de la fleur ont la forme de lances et sont rougeâtres. Les cinq pétales sont blancs, crème ou jaunâtres, et fusionnés, sauf leur extrémité, qui est découpée en petits lobes triangulaires recourbés. Presque toutes les parties de la fleur sont couvertes de poils glanduleux.

Fleurs du ptérospore à fleurs d’andromède. © Pierre Petitclerc, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fruits
Le ptérospore à fleurs d’andromède produit des capsules qui ressemblent à de petites citrouilles. Celles-ci sont brunes, presque rondes, pendantes, et mesurent de 8 à 10 mm de diamètre. Chaque capsule a cinq compartiments qui s’ouvrent par la base pour libérer de nombreuses petites graines, dotées d’une aile membraneuse plus large qu’elles.

Fruits du ptérospore à fleurs d’andromède. © Frédéric Coursol
Racines
Le système racinaire du ptérospore à fleurs d’andromède se compose d’un réseau dense de petites racines en forme de boule.
Observation
La meilleure période pour observer le ptérospore à fleurs d’andromède est l’été, au moment de sa floraison.
Répartition
En Amérique du Nord, l’aire de répartition du ptérospore à fleurs d’andromède est séparée par les Grandes Plaines. À l’ouest, elle s’étend du Texas à la Californie jusqu’en Colombie-Britannique et en Saskatchewan. À l’est, elle commence autour des Grands Lacs et couvre le Massachusetts, le Nouveau-Brunswick et le sud de l’Ontario et du Québec. Au Québec, l’espèce est présente en Abitibi-Témiscamingue, en Outaouais, en Mauricie, dans la Capitale-Nationale et dans le Bas-Saint-Laurent.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, le ptérospore à fleurs d’andromède a été répertorié dans une trentaine de sites. La plupart abritent des populations formées de quelques dizaines d’individus, et parfois moins. L’effectif total est évalué à moins de 3 000 individus. Sa faible abondance et la complexité de sa biologie le rendent très vulnérable aux perturbations.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.
Signalement
Si vous repérez une population de ptérospore à fleurs d’andromède, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
Le ptérospore à fleurs d’andromède pousse dans les forêts de pins blancs ou de thuyas, généralement près d’un plan d’eau et toujours sur du calcaire ou du marbre. Il préfère les sites ombragés où l’humidité favorise le développement des champignons dont il extrait sa nourriture.
Reproduction et propagation
Le ptérospore à fleurs d’andromède se reproduit par ses graines. Elles sont dispersées par le vent et ne restent viables que de trois à neuf semaines. L’espèce se reproduit aussi de façon végétative grâce aux bourgeons de ses racines latérales, qui donnent naissance à de nouveaux individus.
Biologie
La floraison du ptérospore à fleurs d’andromède a lieu de la mi-juillet à la fin juillet, et sa pollinisation se fait par les insectes. Ses fruits arrivent à maturité de deux à trois semaines après la fécondation des fleurs. Ensuite, la plante se dessèche, brunit et reste visible un à deux ans avant de disparaitre.
Étant dépourvu de chlorophylle, le ptérospore à fleurs d’andromède s’associe à un champignon en symbiose avec les racines du pin blanc, ce qui permet un échange de nutriments. Cette relation nécessite des sols riches en matière organique, dont le développement a pris des décennies. Cela expliquerait que le ptérospore à fleurs d’andromède se retrouve souvent dans de vieilles forêts.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur le ptérospore à fleurs d’andromède sont :
- le développement résidentiel (villégiature, surtout près des plans d’eau);
- le retrait total ou important du couvert forestier.
Désignation et rétablissement
Au Québec, le ptérospore à fleurs d’andromède est une espèce désignée menacée depuis 2005 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Une dizaine de sites abritant le ptérospore à fleurs d’andromède se situent en totalité ou en partie dans des
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le nom générique de l’espèce vient des mots pteron et spora, qui signifient respectivement « aile » et « graine semée », en référence à l’aile membraneuse des graines de la plante. L’épithète andromedea souligne la ressemblance des fleurs avec celles des andromèdes, qui appartiennent aussi à la famille des éricacées.
Pour en savoir plus
Références
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CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec. Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Québec.
COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional. Guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Les Publications de Québec, Québec. 406 p.
COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].
FNA [Flora of North America], 2008. Flora of North America. [En ligne].
MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne. Troisième édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal. 1 093 p.
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2019). NatureServe Explorer, an Online Encyclopedia of Life. Version: 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. [En ligne].
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec. Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Gouvernement du Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), Direction de l’expertise en biodiversité, Québec. 420 p. [En ligne]. [
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Note de bas de page numéro 1La chlorophylle est un pigment localisé dans les parties éclairées des plantes et qui absorbe une partie de l’énergie solaire utilisée pour produire les molécules essentielles à leur croissance. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Les bractées sont des feuilles modifiées situées sous une fleur ou un groupe de fleurs. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Le pédicelle est une petite tige qui porte une fleur ou un fruit. Retour à la référence de la note numéro 3
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
