Une fausse couche se définit comme l’interruption spontanée d’une grossesse avant la 20e semaine. La majorité d’entre elles ont lieu dans les 12 premières semaines de grossesse. Au Canada, environ une grossesse sur cinq se termine en fausse couche, le plus souvent dans les premières semaines de la grossesse. Ce risque augmente avec l’âge maternel. À partir de 40 ans, on estime qu’il se situe à 1 grossesse sur 3. Chaque année, au Québec, plus de 20 000 personnes enceintes font une fausse couche.
Habituellement, les fausses couches sont imprévisibles. La plupart du temps, les causes demeurent inconnues, mais elles peuvent à l’occasion se produire parce que le fœtus présente des anomalies et ne se développe pas normalement dans l’utérus. Les fausses couches ne sont pas provoquées par le stress, la fatigue, un choc émotionnel, l’activité physique ou sexuelle ni même en glissant ou en tombant par terre ou en soulevant de lourdes charges. Certaines personnes enceintes peuvent toutefois présenter des facteurs de risques.
La plupart des gens connaissent, dans leur entourage, une personne qui a vécu une fausse couche. Cet événement peut entraîner de la tristesse, de la détresse et même un véritable deuil chez les personnes touchées. Le soutien de l’entourage est important et fait une différence.
Signes et symptômes
Les principaux signes et symptômes d’une fausse couche sont :
saignements vaginaux s’apparentant à des menstruations, le plus souvent rouges et parfois accompagnés de caillots;
douleurs ou crampes au ventre ou dans le bas du dos;
arrêt des symptômes de grossesse, comme les nausées ou le gonflement des seins.
Certaines fausses couches peuvent aussi survenir en l’absence de symptômes.
Environ 20 à 30 % des personnes enceintes présentent au moins une fois des saignements en début de grossesse. En effet, les changements occasionnés par la grossesse dans l’utérus au premier trimestre peuvent causer des crampes, des pertes vaginales ou des saignements rosés ou brunâtres, sans conséquence pour la poursuite de la grossesse. Pour la moitié d’entre elles, cela se terminera toutefois par une fausse couche.
Dans de rares cas, l’embryon s’implante à l’extérieur de l’utérus. Cela s’appelle une grossesse ectopique ou extra-utérine. Celle-ci ne peut pas être menée à terme. Une prise en charge rapide est nécessaire pour instaurer un traitement médical ou chirurgical. Les symptômes d’une grossesse ectopique ressemblent à ceux d’une fausse couche : saignements vaginaux anormaux et douleurs au ventre (qui se manifestent parfois plus d’un côté que de l’autre) ou au bas du dos.
Facteurs de risques
Il est souvent difficile, voire impossible, d’identifier la cause exacte d’une fausse couche. Elle s’explique le plus souvent par le fait que le corps de la personne enceinte reconnaît que le développement du fœtus est anormal.
Certains facteurs peuvent augmenter les risques comme :
être âgée de plus de 35 ans;
avoir des fibromes mal situés dans l’utérus;
être atteinte d’une maladie mal contrôlée (ex. : diabète, problème de thyroïde, hypertension);
perte importante de sang (plus d’une serviette hygiénique à l’heure);
douleurs abdominales importantes;
sensations d’étourdissement ou évanouissements.
Si vos symptômes vous inquiètent, consultez une professionnelle ou un professionnel de la santé. Ce peut être celui qui suit votre grossesse (médecin, sage-femme ou infirmière praticienne spécialisée), votre médecin de famille ou le Guichet d’accès à la première ligne.
Si vous avez des questions et pour être guidé vers la meilleure ressource selon votre situation, vous pouvez aussi appeler Info-Santé 811.
Après une fausse couche, il est normal pour les deux parents de ressentir toutes sortes d’émotions et de réactions. Elles peuvent se vivre différemment d’une personne à l’autre. Des ressources peuvent vous soutenir.
La majorité des personnes qui vivent une fausse couche auront par la suite des grossesses normales. Si vous avez vécu plusieurs fausses couches, parlez-en avec votre professionnelle ou votre professionnel de la santé.
Évaluation et suivi d’une fausse couche
La fausse couche est confirmée par un examen physique, une analyse de sang et une échographie.
Aucun traitement ne peut arrêter une fausse couche. Votre professionnelle ou votre professionnel de la santé vous présentera les options qui s’offrent à vous.
Selon votre situation, elles peuvent être :
attendre que votre corps évacue naturellement l’embryon ou le fœtus;
prendre une médication qui provoque des contractions et l’expulsion de l’embryon;
avoir un curetage, c’est-à-dire une intervention chirurgicale qui consiste à retirer, sous anesthésie, l’embryon et le placenta directement dans l’utérus.
Les personnes enceintes dont le groupe sanguin est Rh négatif peuvent avoir besoin de recevoir une médication préventive (anticorps WinRho) lorsqu’elles ont des saignements ou lors d’une fausse couche. Votre professionnelle ou votre professionnel de la santé en discutera avec vous.
Vivre le deuil de la grossesse après une fausse couche
Il est normal de ressentir différentes émotions, comme de la tristesse, de la colère, de la culpabilité ou un sentiment d’injustice, et de vivre un deuil.
Certaines réactions peuvent aller et venir au fil du temps. Chaque personne vit l’arrêt d’une grossesse à son rythme et à sa façon. L’ampleur des émotions n’est pas liée à la durée de la grossesse ni aux circonstances de la perte. Des ressources existent pour vous soutenir et vous accompagner, ainsi que vos proches.
Si elle le souhaite, une personne peut redevenir enceinte après avoir vécu une fausse couche lorsqu’elle se sent prête mentalement et physiquement.
Aide et ressources
L’Université du Québec en Outaouais a développé différents outils avec la contribution financière du Ministère de la Santé et des Services sociaux. Ils sont disponibles à l’adresse suivante : Deuil - Paternité, Famille et Société (uqo.ca)
Plusieurs organismes offrent des services d’information et de soutien sur le deuil périnatal, et ce, peu importe le moment où est survenue la perte.
Vous pouvez aussi consulter une professionnelle ou un professionnel de la santé ou Info-Social 811, option 2, pour obtenir du soutien psychosocial ou être orienté vers une ressource.