Risques de la consommation de cannabis pour la santé

Vers une vision renouvelée, intégrée et cohérente en matière de santé mentale, itinérance et dépendance : participez à la consultation publique en cours!

Les connaissances sur le cannabis et ses effets sont en constante évolution. Les conséquences négatives liées à l’usage du cannabis sur la santé varient selon différents facteurs.

Facteurs de risques

Bien que des problèmes puissent apparaître à la suite d’une première consommation de cannabis, ceux qui sont liés à la santé physique et mentale surviennent surtout à la suite d’une consommation répétée pendant plusieurs mois ou plusieurs années. La consommation régulière de cannabis peut en effet engendrer des effets à long terme sur la santé.

Des effets non recherchés peuvent toutefois se produire même avec de faibles doses, à court terme. Cela peut engendrer, par exemple, une augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, une rougeur des yeux, de la sécheresse buccale, de la fatigue et des maux de tête.

Certains facteurs peuvent augmenter ou diminuer le risque qu'un consommateur de cannabis subisse des effets négatifs :

  • les prédispositions personnelles ou familiales à un trouble de santé mentale, par exemple la psychose ou la maladie affective bipolaire;
  • la fréquence de consommation du cannabis : une consommation dite régulière, soit au moins une fois par semaine, est souvent liée à un plus grand risque de problèmes de santé;
  • le type de produit consommé : les produits dont la teneur en THC est plus élevée pourraient être plus nuisibles;
  • l’âge à partir duquel la personne consomme du cannabis : la consommation à l’adolescence est généralement associée à un risque accru de conséquences négatives;
  • le contexte de la consommation, par exemple :
    • lorsque le cannabis est combiné à d’autres substances comme l’alcool ou des médicaments,
    • lorsque la personne a des responsabilités personnelles telles que le travail ou la supervision d’enfants.
  • le mode de consommation : fumer un produit du cannabis semble plus risqué que d’autres modes de consommation, bien que des intoxications aux aliments qui contiennent du cannabis soient fréquentes chez les usagères et usagers inexpérimentés. Pour en savoir plus, consultez la page Risque associés aux modes de consommation du cannabis.

Il faut toutefois être prudent avant d’attribuer à la consommation de cannabis la cause d’une difficulté ou d’un problème de santé. Il est possible que cette difficulté ou ce problème :

  • existe déjà avant la consommation de cannabis;
  • résulte effectivement de la consommation de cannabis;
  • influence la consommation de cannabis (p. ex. pour tenter de soulager des symptômes).

En fonction de ces facteurs, il demeure difficile de prédire si une personne aura ou non des problèmes importants après avoir consommé du cannabis. La plupart des expertes et des experts s’entendent sur le fait qu’aucune consommation de cannabis n’est sécuritaire à 100 %.

Risques pour les capacités cognitives

Les risques et les conséquences négatives de la consommation de cannabis pour la santé résultent notamment de ses effets sur les capacités cognitives d’une personne, comme :

  • son jugement;
  • son attention;
  • sa mémoire;
  • sa capacité à prendre des décisions.

Ces effets peuvent parfois entraîner des répercussions sur les activités quotidiennes de la personne, par exemple :

  • la conduite d’un véhicule;
  • le travail;
  • les situations d’apprentissage;
  • d’autres situations qui impliquent des gestes ou des actions nécessitant coordination et rapidité.

Les effets d’une consommation de cannabis débutent dans les minutes qui suivent l’inhalation et un peu plus tard si le cannabis est ingéré. Ces effets se prolongent souvent sur plusieurs heures et sont habituellement réversibles. Certaines études soutiennent qu’un moins bon fonctionnement cognitif pourrait persister plus longtemps si la consommation est répétée et soutenue, surtout si l'usage commence à l'adolescence.

Risques pour la santé physique

La consommation de cannabis peut amplifier certains problèmes de santé existants, comme certaines maladies chroniques, ou en favoriser l’apparition. Par exemple :

  • la consommation de cannabis peut entraîner des problèmes cardiovasculaires (p. ex. une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral);
  • l’inhalation de la fumée de cannabis peut aggraver certaines maladies respiratoires déjà existantes ou en favoriser l’apparition (p. ex. de la toux, une respiration sifflante ou une production abondante de mucus);
  • une consommation régulière et prolongée de cannabis serait associée à un risque de développer un type précis de cancer des testicules et pourrait entraîner certaines atteintes à la santé reproductive (p. ex. une altération des spermatozoïdes ou des irrégularités du cycle menstruel). Cependant, les plus récentes évaluations scientifiques ne permettent pas de prouver que le risque de développer un cancer du poumon, de la gorge ou du cou est plus important chez les consommatrices et les consommateurs de cannabis;
  • d’autres problèmes de santé (problèmes gastro-intestinaux et buccodentaires) ont été associés à la consommation de cannabis.

De plus, le vapotage du cannabis est associé à des risques de développer une maladie pulmonaire aiguë. Cette pratique est à éviter. Pour en savoir plus sur les risques liés au vapotage de cannabis, consultez la mise en garde contre le vapotage du cannabis émise par la directrice nationale de santé publique.

Risques pour la santé mentale

Symptômes psychotiques

Une personne sous l’effet du cannabis peut présenter des symptômes psychotiques tels que :

  • des hallucinations, avec des perceptions visuelles, auditives ou tactiles erronées;
  • des idées paranoïdes, qui semblent déconnectées de la réalité.

Dans la majorité des cas, ces expériences psychotiques sont limitées à la période où la personne est intoxiquée et cessent par elles-mêmes. D’autres personnes peuvent présenter des symptômes persistants à long terme et beaucoup plus graves. Selon les expertes et les experts, l’usage du cannabis n’est pas nécessaire au développement d’un trouble psychotique, mais il peut y contribuer chez certaines personnes.

Symptômes dépressifs

Les individus qui consomment régulièrement du cannabis peuvent présenter un manque d’intérêt pour d'autres activités que la consommation (études, travail, loisirs, etc.). Ils peuvent aussi présenter des symptômes dépressifs, par exemple :

  • une grande tristesse;
  • de la fatigue;
  • une baisse de la motivation;
  • un sentiment de dévalorisation.

Certaines personnes atteintes de dépression pourraient être tentées de consommer du cannabis afin de soulager leurs symptômes. À ce jour, les données scientifiques n'ont pas permis de prouver que le cannabis pouvait traiter la dépression. Il n'est pas conseillé de l'utiliser dans ce but.

Anxiété

Certaines études suggèrent que les personnes qui consomment du cannabis ressentent plus fréquemment des symptômes d’anxiété que les personnes qui n’en consomment pas. Il est toutefois difficile de prévoir si le cannabis aura ou non une influence sur leur niveau d’anxiété. Certaines personnes peuvent vivre des crises de panique lorsqu’elles consomment du cannabis, alors que pour d’autres, cela procure une détente.

Consommation problématique de cannabis

La consommation de cannabis peut devenir problématique lorsqu’une personne perd le contrôle de sa consommation et en subit des conséquences négatives dans différentes sphères de sa vie (p. ex. une baisse de la concentration ou de la motivation au travail, de la difficulté à assumer ses responsabilités personnelles, des conflits récurrents avec la famille et les amies et amis à cause de la fréquence de consommation).

Certaines personnes peuvent devenir dépendantes du cannabis, comme c'est le cas pour d'autres substances. La personne peut alors :

  • développer une tolérance à la substance, c’est-à-dire qu’elle a besoin d’augmenter sa consommation pour ressentir le même effet;
  • présenter des symptômes de manque lorsqu’elle diminue ou cesse sa consommation;
  • avoir un fort désir de consommer;
  • être incapable de cesser sa consommation;
  • passer une partie importante de ses journées à se procurer ou à consommer du cannabis, ou à se remettre de sa consommation;
  • consommer de façon répétée, ce qui l’empêche de remplir ses obligations majeures au travail, à l’école ou à la maison;
  • consommer malgré des problèmes personnels ou sociaux liés à la consommation;
  • réduire ou abandonner le temps accordé à des activités sociales, professionnelles ou de loisirs à cause de sa consommation.

Environ une personne sur 11 qui consomme du cannabis présentera un trouble lié à l'usage de ce produit au cours de son existence. Chez les adolescentes et les adolescents, un jeune qui consomme sur six connaîtra une consommation problématique. L’usage et la dépendance à d’autres produits, particulièrement l’alcool et le tabac, sont rencontrés plus fréquemment chez les utilisatrices et les utilisateurs de cannabis.

Les connaissances actuelles établissent également l’existence d’un syndrome de sevrage du cannabis. Ce syndrome apparaît lorsqu'une personne qui consomme régulièrement du cannabis diminue beaucoup ou cesse sa consommation. Les symptômes qu’elle présente alors sont notamment :

  • de l’agitation;
  • de l’irritabilité, de la colère ou de l’agressivité;
  • des problèmes de sommeil pouvant durer plusieurs semaines après l’arrêt de la consommation.

Risques de la combinaison avec d’autres substances

Cannabis et alcool

Lorsqu'une personne consomme de l'alcool ou une autre drogue, elle ne peut jamais être parfaitement certaine de l'effet qu'aura la substance sur elle. Toutefois, le risque d’effets néfastes sur l’organisme s’accroît lors d’une consommation simultanée d’alcool, de drogue ou de certains médicaments. Ainsi, beaucoup de personnes réduisent leur consommation d’alcool ou évitent d’en boire lorsqu’elles consomment du cannabis, car elles estiment que cannabis et alcool ne font généralement pas bon ménage.

Lorsque la consommation de cannabis est combinée à l’alcool, elle affaiblit davantage la capacité de conduire un véhicule.

Cannabis et tabac

La combinaison avec le tabac est aussi à éviter. Elle peut générer des conséquences plus graves sur la santé, sans compter le fait que le tabac est un produit qui crée une forte dépendance. Le tabagisme nuit à tous les organes du corps humain et au développement du fœtus. Il cause de nombreuses maladies. Les principales causes de décès qui y sont liées sont les cancers, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires.

Interactions médicamenteuses

Le cannabis pourrait influencer l’effet des médicaments que vous prenez déjà. L’inverse est aussi vrai, puisque certains médicaments peuvent faire varier les effets du cannabis. Demandez à votre professionnelle ou à votre professionnel de la santé si vos médicaments interagissent avec le cannabis avant d’en consommer.

Risques pendant la grossesse ou l’allaitement

La consommation de cannabis peut nuire à la croissance du fœtus et entraîner un poids inférieur du bébé à la naissance. L’usage de cannabis pendant la grossesse pourrait aussi nuire au développement du cerveau de l’enfant et entraîner des problèmes qui peuvent se manifester pendant l’enfance et l’adolescence. L’effet du cannabis sur le bébé est présent, peu importe le mode d’usage : fumé, vapoté, mangé ou consommé d’une quelconque autre manière. Le THC consommé par la mère traverse le placenta et se retrouve dans le lait maternel. Il est donc préférable de s’abstenir de consommer du cannabis et ses produits dérivés ou de s’exposer à sa fumée secondaire pendant la grossesse et la période d’allaitement. Si cela est difficile pour vous, parlez-en à votre professionnelle ou votre professionnel de la santé.

Pour plus d’information, consultez la page Consommation d'alcool ou d'autres drogues durant la grossesse et l'allaitement.

Risques de la conduite automobile sous l'effet du cannabis

Comme en ce qui concerne l’alcool, les conductrices et les conducteurs ne doivent pas prendre le volant lorsqu’ils ont consommé du cannabis, car ses effets sur le cerveau peuvent affecter la conduite d’un véhicule routier.

Les effets du cannabis varient selon plusieurs facteurs et peuvent durer plusieurs heures après la consommation. Le cannabis affecte grandement les fonctions liées à la perception et les fonctions psychomotrices, qui sont nécessaires à la conduite automobile. Par exemple, une personne qui conduit avec les facultés affaiblies par le cannabis peut avoir :

  • de la difficulté à se concentrer et à rester attentive à l’environnement routier (p. ex. omettre de respecter les panneaux de signalisation);
  • un temps de réaction plus long et des réflexes plus lents (p. ex. freiner moins rapidement);
  • une diminution de la capacité à bien percevoir l’environnement;
  • de la difficulté à maintenir une trajectoire en ligne droite;
  • des problèmes de coordination;
  • une diminution de sa capacité de jugement.

Les personnes qui conduisent un véhicule sous l’effet du cannabis ont presque deux fois plus de risques de subir un accident de la route que celles qui n’en ont pas consommé. Les conductrices et les conducteurs qui consomment de l’alcool et du cannabis simultanément augmentent grandement leur risque d’être impliqués dans un accident.

Pour en savoir plus sur les risques de la consommation du cannabis sur la conduite automobile, consultez le site Web de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Dernière mise à jour : 28 novembre 2025

Évaluation de la page
Veuillez compléter la vérification reCAPTCHA.

L’information sur cette page vous a-t-elle été utile?

Pourquoi l’information n’a pas été utile?

Vous devez sélectionner une option

Quel est le problème?

Vous devez sélectionner une option

Pourquoi l’information a été utile?

Veuillez préciser la nature du problème