Renard arctique
Nom français
Renard arctique
Nom anglais
Arctic fox
Nom scientifique
Vulpes lagopus
Dans cette page :
Description
Le renard arctique est un petit canidé sauvage habitant les milieux nordiques comme la toundra.
Identification
Taille
La longueur totale du renard arctique varie de 80 à 110 cm et sa hauteur à l’épaule se situe entre 25 et 30 cm.
Poids
Le renard arctique peut peser de 2,5 à 4 kg. Les mâles sont légèrement plus gros que les femelles.
Coloration
La fourrure du renard arctique est toute blanche en hiver, tandis qu’en été, elle prend plusieurs nuances de gris ou de brun ardoisé. Il existe aussi une autre coloration hivernale, appelée « bleue », que l’on observe chez certains individus. Leur pelage est alors de bleu-noir à gris perle.
Distinction
Le renard arctique se distingue du renard roux, qui vit aussi dans la toundra, par la couleur de sa fourrure. La fourrure des renards roux peut être de plusieurs couleurs : rousse (la plus fréquente), argentée, noire ou croisée, mais tous ont le bout de la queue blanche. Le renard gris, qu’on trouve seulement à l’extrême sud du Québec, a plutôt le bout de la queue noir. Le renard arctique est aussi un peu plus court sur pattes et plus trapu que les autres renards. Ses oreilles et son museau sont plus courts et arrondis.
Espèces similaires
Renard gris
Patron de déplacement
Le renard arctique a un patron de type marcheur, classique des canidés.
L’animal marche sur ses orteils, sur la pointe des pieds. Il pose la patte avant d’un côté, puis la patte arrière du côté opposé et ainsi de suite. On dirait que ses pattes se croisent au sol, ce qui donne parfois un patron de piste en ligne droite.

Déplacement à la marche du renard arctique. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Répartition
Le renard arctique est une espèce circumpolaire, c’est-à-dire qu’on le retrouve dans les régions polaires de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie. Au Québec, il est naturellement présent dans le Nord-du-Québec et sur la Basse-Côte-Nord, près du Labrador et à l’est de Natashquan. Lors des années de forte abondance, il peut être observé plus au sud du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord, en dehors de son aire de répartition habituelle.
Présence au Québec
Origine
Indigène
Statut de résidence des populations
Cette espèce vit au Québec toute l’année.
État de la situation
L’abondance du renard arctique varie selon des cycles de trois à cinq ans en fonction des populations de petits mammifères, surtout les lemmings, qui sont sa principale proie. Quand les lemmings sont très nombreux, les renards arctiques ont beaucoup de petits au printemps. Le taux de survie de ces jeunes renards est élevé, ce qui fait augmenter la population de renards l’hiver suivant.
Dans le cadre du Plan de gestion des animaux à fourrure, un bilan de l’exploitation est réalisé périodiquement pour s’assurer que les populations sont en bonne santé. L’état des populations de renard arctique est suivi à l’aide d’indicateurs liés au piégeage, comme la vente de fourrures. Toutefois, les données restent incomplètes, car la récolte − surtout réalisée par les communautés inuites − est faible.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S4.
Habitat
Le renard arctique vit dans la toundra alpine et la toundra arctique. On le trouve depuis la limite des arbres jusque sur la banquise. Certaines années, il descend sur plusieurs centaines de kilomètres vers le sud et on peut l’observer dans les milieux forestiers.
Domaine vital
Le domaine vital Lire le contenu de la note numéro 1 des couples de renards arctiques s’étend sur environ 35 km2 en été, pendant la période d’élevage des jeunes. À l’automne et en hiver, bien qu’ils restent généralement dans ce même domaine, les membres du couple vivent souvent séparément et effectuent de longs déplacements seuls. Ils s’aventurent parfois loin sur les glaces pour chercher de la nourriture, parcourant plusieurs centaines de kilomètres.
Alimentation
Le renard arctique se nourrit de petits mammifères, comme les campagnols et surtout les lemmings. Il mange aussi des jeunes lièvres arctiques et des œufs, notamment ceux des oies des neiges qui nichent dans l’Arctique. Parfois, il se nourrit des restes de plus grosses proies, comme des mammifères marins laissés par les ours blancs. Il fait aussi des réserves de nourriture pour l’hiver.
Reproduction
Le renard arctique se reproduit en hiver, surtout entre février et avril.
Il atteint la maturité sexuelle vers 9 ou 10 mois. La femelle met bas dans un terrier creusé dans un talus ou une berge, ou entre des rochers. Les terriers, souvent réutilisés, deviennent parfois de véritables labyrinthes avec de nombreuses entrées et galeries.
La taille des portées varie selon l’abondance de nourriture. En moyenne, la femelle a de trois à neuf petits, mais elle peut en avoir jusqu’à 25. Les renardeaux naissent entre mai et juin après 51 à 54 jours de gestation. Ils ouvrent les yeux après 14 à 16 jours et sortent du terrier vers trois ou quatre semaines. Le sevrage se fait entre six et sept semaines. À la fin de l’été, les jeunes deviennent indépendants et ils se dispersent à l’automne.
Pour en savoir plus, consultez le cycle de vie du renard arctique (PDF 200 Ko).
Comportement
L’hiver, le renard arctique vit seul. Au printemps, les couples se reforment pour élever les petits durant l’été.
Maladies
Le renard arctique peut être porteur de nombreuses maladies, tels que la rage, la gale sarcoptique, le distemper canin ou l’échinococcose.
En cas de contact
En tout temps, il faut demeurer méfiant, ne pas approcher d’un renard arctique au comportement inhabituel ou agressif, ni se laisser approcher par un renard qui montre de tels signes. Il pourrait vous blesser ou vous transmettre des maladies ou parasites.
Si vous avez été mordu ou griffé par un renard arctique, ou si vous avez été en contact avec sa salive, qu’il soit en apparence sain, malade, blessé ou mort, vous devez :
- nettoyer la plaie, même si elle est mineure, avec de l’eau et du savon pendant 10 à 15 minutes;
- contacter rapidement Info-Santé 811 pour obtenir un suivi médical adéquat. Dans les Terres-Cries-de-la-Baie-James, au Nunavik et sur la Côte-Nord, communiquez rapidement avec votre clinique médicale locale.
Si votre animal domestique a été en contact avec un renard arctique ou mordu, ou si l’animal présente des signes de rage, isolez-le et consultez rapidement un médecin vétérinaire. Ce dernier évaluera le risque de transmission de certaines maladies qui pourraient être présentes chez les animaux sauvages (p. ex., la rage) et vous conseiller sur les mesures à prendre. Dans les Terres-Cries-de-la-Baie-James et au Nunavik, communiquez avec l’agent de contrôle des animaux ou le vaccinateur local.
Il ne faut jamais manipuler une carcasse de renard arctique à mains nues et il faut bien suivre les consignes pour vous s'en débarrasser de façon sécuritaire.
En cas de présence importune
Lors des années où les renards arctiques sont très nombreux, ils sont observés plus souvent près des installations humaines. En cas de présence jugée importune, il est important de mettre en place des mesures de manière progressive. En premier lieu, avant même que des dommages n’apparaissent, plusieurs mesures de prévention peuvent être mises en place. De plus, de manière complémentaire, il est possible de réduire les risques de conflits en pratiquant le piégeage afin de réduire le nombre de renards arctiques présents en périphérie tout en assurant la mise en valeur de l’espèce. Finalement, en dernier recours, si ces approches n’ont pas les résultats escomptés et que des dommages sont toujours présents, un propriétaire peut adopter des méthodes de contrôle ciblées sur les renards importuns.
Méthodes de prévention
Les renards arctiques sont généralement moins craintifs que les renards roux, surtout quand de la nourriture est disponible. Il ne faut jamais nourrir un renard arctique, volontairement ou non. Les nourrir les habitue aux humains et augmente les risques de contact avec les personnes ou les animaux domestiques, voire les risques d’attaque.
Pour éviter d’attirer les renards arctiques :
- Rendez toutes les sources de nourriture inaccessibles (déchets, nourriture pour animaux domestiques, carcasses, etc.).
- Utilisez des bacs à ordures fermés et faites une collecte fréquente des déchets.
- Installez des clôtures autour des décharges, si nécessaire.
En cas d’attaque ou si un renard arctique représente un risque immédiat, communiquez avec SOS Braconnage – Urgence faune sauvage au 1 800 463-2191. Dans les Terres-Cries-de-la-Baie-James et au Nunavik, communiquez avec la sécurité publique locale ou votre gardien Uumajuit local.
Chasse sportive et piégeage
Le renard arctique peut être chassé uniquement par les membres des communautés autochtones. Toutefois, le piégeage est permis pour tous, sauf sur les territoires visés par la Convention de la Baie James et du Nord québécois ainsi que dans les réserves à castor, où il reste réservé aux Autochtones.
En complément aux méthodes de prévention, le piégeage en période légale peut aider à limiter les inconvénients liés à la présence de renards arctiques et à réduire les risques de conflits. Cette pratique permet aussi la mise en valeur de l’animal, par exemple par la commercialisation de la fourrure.
Cependant, comme le piégeage est réservé aux Autochtones dans la majeure partie de l’aire de répartition du renard arctique, il est possible de faire appel à des piégeurs autochtones pour intervenir sur votre terrain.
Dans tous les cas, assurez-vous de bien connaître la réglementation en vigueur avant d’avoir recours au piégeage.
Méthodes de contrôle
En dernier recours, il est possible d’éliminer un renard arctique avec des pièges mortels ou encore de l’abattre.
Pour avoir recours légalement à ces approches, il faut que le renard arctique cause des dommages à vos biens ou à votre propriété. De plus, il faut d’abord avoir mis en place des mesures pour prévenir les dommages. Si, et seulement si ces méthodes de prévention ne permettent pas de régler le problème, vous pouvez tenter d’abattre ou de capturer l’individu responsable des dommages.
Capture à l’aide d’un piège mortel
La capture à l’aide de collets mortels est une méthode efficace et pratique, mais l’installation des collets demande de l’expérience et de la minutie. Les techniques de piégeage efficaces sont décrites dans les documents produits par la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec. Toutefois, il est fortement recommandé de faire appel à un piégeur autochtone expérimenté ou à un piégeur certifié.
Consultez la liste des pièges autorisés pour la capture vivante et mortelle du renard arctique.
Abattage à l’aide d’une arme à feu
Cette méthode est généralement peu efficace et demande beaucoup de temps. Assurez-vous d’avoir le bon poste d’affût et d’éliminer les odeurs qui pourraient indiquer votre présence.
Lorsqu’un renard présente des signes évidents de rage, l’utilisation d’un fusil de calibre 12 avec de la grenaille BB ou d’un calibre 22 (carabine longue) permet d’éliminer les animaux malades à courte distance (30 m). Il faut toutefois éviter de viser l’animal à la tête, le cerveau devant être conservé aux fins d’analyse.
Pour en savoir plus
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Note de bas de page numéro 1Le domaine vital est la zone qu’un animal sauvage utilise pour effectuer l’ensemble de ses activités, comme se nourrir, se reposer et se reproduire. Retour à la référence de la note numéro 1
Dernière mise à jour : 20 février 2026
