Faucon pèlerin

Faucon pèlerin. © Jean Lapointe

Nom français
Faucon pèlerin

Autre(s) nom(s) français
Faucon pèlerin anatum, faucon pèlerin tundrius, faucon ordinaire, faucon des perdrix

Nom anglais
Peregrine falcon anatum, Peregrine falcon tundrius

Autre(s) nom(s) anglais
Peregrine, Pinnacle hawk, Great-footed hawk, Ledge hawk

Nom scientifique
Falco peregrinus, Falco peregrinus anatum, Falco peregrinus tundrius

Grand groupe
Oiseaux

Sous-groupe
Oiseaux de proie

Espèce à statut
Vulnérable

Description

Le faucon pèlerin est l’oiseau le plus rapide au monde. Au sommet de la chaîne alimentaire, il est sensible à l’accumulation de produits toxiques dans ses tissus. Auparavant très précaire, le nombre de faucons est aujourd’hui en hausse, notamment grâce à l’interdiction d’utiliser le DDT, un pesticide nocif.

Le faucon pèlerin est un animal à déclaration obligatoire. En tout temps, si vous trouvez un faucon pèlerin blessé ou mort, contactez SOS Braconnage — Urgence faune sauvage au 1 800 463‑2191.

Identification

Taille

Longueur totale du mâle : 36 à 49 cm; de la femelle : 45 à 58 cm; envergure d’ailes : 91 à 116 cm.

Poids

Le mâle pèse environ 650 g alors que la femelle peut peser 950 g.

Traits caractéristiques

Le plumage du dos du faucon pèlerin adulte est gris bleuté foncé. Son ventre est généralement blanchâtre, grisâtre ou chamois avec des taches et des rayures transversales foncées. Sa queue est rayée de noir et de blanc. Une rayure noirâtre s’étend sur chaque joue à partir de l’œil. Le plumage du mâle et de la femelle est identique. En vol, les ailes sont pointues. Le plumage des juvéniles (jusqu’à 1 an) est d’un brun chocolat fortement rayé.

Répartition

Le faucon pèlerin vit partout dans le monde, sauf en Antarctique, en NouvelleZélande, en Islande et dans les îles du Pacifique oriental. Deux sous-espèces du faucon pèlerin sont présentes au Québec : l’une occupe l’extrême nord de la province (Falco peregrinus tundrius), principalement autour de la baie d’Ungava, et l’autre fréquente le sud de la province (Falco peregrinus anatum).

Présence au Québec

Origine

Indigène

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec saisonnièrement, durant la période de reproduction uniquement.

État de la situation

Le faucon pèlerin a subi un déclin alarmant de la fin des années 1940 jusqu’aux années 1960. L’utilisation massive de pesticides organochlorés (p. ex., DDT) et leur accumulation dans la chaîne alimentaire ont engendré des problèmes de reproduction comme la stérilité, l’amincissement de la coquille des œufs, la mort embryonnaire ou le comportement anormal des parents.

Depuis la fin des années 1970, l’utilisation de ces pesticides en Amérique du Nord est interdite et les populations de faucons pèlerins se portent mieux.

Des études génétiques effectuées sur le faucon pèlerin au Canada suggèrent que les différences génétiques entre les sous-espèces anatum et tundrius seraient minces. Ces différences seraient attribuées à la nature limitée du patrimoine génétique utilisé pour les introductions de faucons pèlerins qui ont été effectuées afin de redresser les populations en Amérique du Nord, au Canada et au Québec à la suite de l’effondrement des populations causé par le DDT.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S4B.

Suivi

Au Québec, le faucon pèlerin fait l’objet d’un programme de suivi. Des inventaires sont réalisés pour préciser les tendances démographiques des populations. Chez les rapaces, la santé de la population est mesurée généralement à partir de suivis de la nidification. Les spécialistes analysent alors l’occupation du territoire, le succès de nidification et le nombre de jeunes à l’envol produits par nid. Ces éléments sont plus faciles à suivre que les autres aspects de la démographie.

Observation

Vous pouvez transmettre vos observations de faucons pèlerins au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, sur eBird Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. ou sur iNaturalist Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Habitat

La majorité des faucons pèlerins du Québec sont migrateurs : ils fréquentent principalement le territoire québécois durant la période de nidification. Toutefois, une proportion de plus en plus importante des faucons pèlerins qui nichent dans le sud de la province hivernent maintenant au Québec.

Pour installer son nid, le faucon pèlerin utilise les falaises situées près d’un plan d’eau ou des structures artificielles (immeubles, ponts et carrières).

Pour chasser, le faucon pèlerin survole les cours d’eau, les marais, les plages, les vasières et les champs.

Alimentation

Le faucon pèlerin est un rapace carnivore qui vit le jour (diurne). Il se nourrit principalement d’oiseaux de rivage, de canards, de pigeons bisets et de petits mammifères comme des lemmings ou, occasionnellement, des souris. Il saisit généralement ses proies en piqué, à une vitesse pouvant atteindre plus de 300 km/h.

Reproduction

La période de ponte et d’incubation du faucon pèlerin s’étend du début avril jusqu’à la fin juillet. La couvée compte en moyenne de 2 à 4 œufs. Il ne construit pas de nid, mais il choisit ou creuse une dépression peu profonde dans laquelle il peut amasser quelques matériaux de nidification.

Les deux adultes participent à l’élevage des jeunes, bien que la femelle en assure la majeure partie. Le faucon pèlerin peut revenir année après année au même site de nidification, dont il défend le territoire.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur le faucon pèlerin au Québec sont :

  • l’utilisation de pesticides organochlorés dans les aires d’hivernage situées en Amérique du Sud;
  • le dérangement par les activités humaines, dont l’escalade et la randonnée pédestre à proximité des nids;
  • la pollution;
  • les changements climatiques (p. ex., augmentation du nombre d’événements météorologiques violents provoquant la mort des œufs ou des jeunes, changements dans la dynamique des populations d’insectes piqueurs pouvant causer la mort des jeunes faucons);
  • l’intensification de l’agriculture, dont le recours aux pesticides;
  • la réduction de la diversité des cultures qui diminue la quantité de proies.

Afin d’éviter un nouveau déclin de l’espèce, il importe de protéger les sites de nidification, d’améliorer les efforts de suivi des populations et de permettre la surveillance accrue des menaces émergentes comme l’entrée sur le marché de nouveaux pesticides problématiques.

Désignation et rétablissement

Le faucon pèlerin possède les statuts suivants selon :  

  • la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (Québec) : la sous-espèce anatum est désignée vulnérable;
  • la Loi sur les espèces en péril (Canada) : consultez le Registre public des espèces en péril Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour en savoir plus.

Le faucon pèlerin fait partie des espèces qui concernent l’Équipe de rétablissement des oiseaux de proie du Québec Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces fauniques au Québec.

En cas de présence importune

Il est interdit de blesser ou de tuer intentionnellement un faucon pèlerin.

Consultez nos conseils pour prévenir les problèmes qui peuvent être causés par des oiseaux de proie.  

Indices à ne pas confondre

Si vous êtes toujours importunés après avoir appliqué les mesures de prévention prescrites, il est possible que les oiseaux de proie ne soient pas à l’origine de votre situation dérangeante.

Les rapaces consomment généralement leur proie sans la démembrer. La proie peut être consommée sur place ou non. Elle peut porter des perforations accompagnées d’hémorragies. Typiquement, une proie d’aigle royal sera écorchée avec la peau retournée et la boîte crânienne ouverte. Celle du grand-duc d’Amérique aura la tête sectionnée, puisqu’il commence par manger la chair du cou de sa proie. D’ailleurs, le grand-duc d’Amérique et l’autour des palombes plument les oiseaux qu’ils capturent. Des amas de plumes en bordure des carcasses des proies sont donc souvent trouvés avec des filets ou des amas blanchâtres sur le sol.

Certains mammifères peuvent aussi attaquer les animaux domestiques. À la différence des oiseaux de proie, les mammifères mangent leur victime sans se préoccuper du pelage. Elle est le plus souvent démembrée et les os sont cassés ou broyés. Contrairement aux oiseaux de proie, les mammifères préfèrent les parties plus charnues de l’animal et consomment souvent de préférence la poitrine et les cuisses.

Pour vous aider à identifier l’animal qui cause votre situation dérangeante, remplissez le questionnaire Identifiez le responsable des dommages.

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Dernière mise à jour : 12 avril 2024

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