Pygargue à tête blanche

Pygargue à tête blanche. © Frédérick Lelièvre

Nom français
Pygargue à tête blanche

Autre(s) nom(s) français
Aigle à tête blanche, aigle chauve, aigle américain à tête blanche, pygargue d’Amérique

Nom anglais
Bald eagle

Autre(s) nom(s) anglais
Northern bald eagle, American bald eagle

Nom scientifique
Haliaeetus leucocephalus

Grand groupe
Oiseaux

Sous-groupe
Oiseaux de proie

Espèce à statut
Vulnérable

Description

Le pygargue à tête blanche est un oiseau de proie actif le jour. Au sommet de la chaîne alimentaire, ce prédateur occupe une place très utile dans les écosystèmes. Autrefois en situation précaire, cette espèce vulnérable est en voie de se rétablir.

Le pygargue à tête blanche est un animal à déclaration obligatoire. En tout temps, si vous trouvez un pygargue à tête blanche blessé ou mort, contactez SOS Braconnage — Urgence faune sauvage au 1 800 463‑2191.

Identification

Taille

Longueur totale du mâle : 76 à 86 cm; de la femelle : 89 à 94 cm; envergure d’ailes : 178 à 229 cm.

Poids

4,3 kg.

Coloration

Le corps du pygargue à tête blanche est brun foncé. Sa tête et sa queue sont d’un blanc éclatant. Les yeux, le bec et la partie non emplumée des pattes sont jaunes. Le plumage du mâle et de la femelle adulte est identique. Les jeunes pygargues à tête blanche (juvéniles) sont complètement bruns. Le plumage de leur tête et de leur queue ne deviendra blanc que vers l’âge de 3 à 6 ans.

Distinction

Le bec du pygargue à tête blanche est plus pâle que celui de l’aigle royal. Les pattes du pygargue à tête blanche sont dépourvues de plumes, contrairement à l’aigle royal qui a des plumes jusqu’aux orteils. En vol, l’aigle royal tend à planer en surélevant légèrement la pointe de ses ailes, ce qui lui donne une forme de V aplati. Quant au pygargue à tête blanche, il tient généralement ses ailes bien droites.

Le pygargue à tête blanche juvénile ressemble beaucoup à l’aigle royal adulte. Avant d’atteindre la maturité, le pygargue à tête blanche ne possède pas encore son plumage blanc caractéristique de sa tête, ce qui peut confondre les deux espèces. Aussi, le pygargue à tête blanche juvénile possède des plumes blanches aux aisselles, contrairement à l’aigle royal.

Espèces similaires

Aigle royal

Buse pattue

Busard des marais

Répartition

Le pygargue à tête blanche vit uniquement en Amérique du Nord. L’espèce occupe le nord-ouest de l’Alaska et le centre du Canada, jusqu’au sud des ÉtatsUnis. Au Québec, le pygargue à tête blanche niche au sud du 55e parallèle, à l’exception des zones densément peuplées. En automne, plusieurs individus migrent et hivernent principalement sur les côtes des océans Atlantique et Pacifique. Cependant, de plus en plus de pygargues à tête blanche demeurent au Québec tout l’hiver.

Présence au Québec

Origine

Indigène

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l’année.

État de la situation

Le pygargue à tête blanche a subi un déclin important de 1930 jusqu’aux années 1970. L’utilisation massive de pesticides organochlorés (p. ex., DDT) et leur accumulation dans la chaîne alimentaire ont engendré des problèmes de reproduction comme la stérilité, l’amincissement de la coquille des œufs, la mort embryonnaire ou le comportement anormal des parents. L’espèce a aussi été victime de persécution.

Depuis la fin des années 1970, l’utilisation de ces pesticides en Amérique du Nord est interdite et les populations de pygargues à tête blanche se portent mieux. En effet, la population de pygargues à tête blanche au Québec a connu une augmentation importante depuis 2002, tant en ce qui a trait au nombre d’individus que de sites de nidification. De plus, peu de menaces importantes sont appréhendées à court terme. Une tendance similaire a été observée dans l’ensemble de l’Amérique du Nord au cours des 30 dernières années.

Le pygargue à tête blanche niche maintenant dans presque toutes les régions du Québec. Il est estimé que la population continuera de croître au cours des prochaines années. En raison de l’amélioration de l’état de la population de l’espèce à l’échelle de la province, son statut de désignation pourrait être revu.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S4.

Observation

Vous pouvez transmettre vos observations de pygargues à tête blanche au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, sur eBird Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. ou sur iNaturalist Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Habitat

Pour installer son nid, le pygargue à tête blanche cherche les arbres dominants de plus de 20 m de haut (conifères surtout) en forêt mature et la proximité de grandes étendues d’eau poissonneuses. Pour chasser, il survole surtout les grands lacs, les rivières à fort débit ou les vastes réservoirs artificiels.

L’hiver, le pygargue à tête blanche demeure près des lacs, des rivières et des réservoirs libres de glace où la nourriture est disponible.

Alimentation

Le pygargue à tête blanche est un rapace carnivore actif le jour (diurne). Son régime alimentaire varie selon la disponibilité des proies. Il se nourrit principalement de poissons vivants ou morts. Il peut aussi se nourrir de sauvagine (canards, oies, bernaches, etc.), d’oiseaux marins (goélands, cormorans, macareux, etc.) ou de mammifères (surtout en hiver, notamment de carcasses de cervidés ou de phoques).

Reproduction

Le pygargue à tête blanche est monogame. Les couples sont généralement formés pour la vie et ils retournent au même site de nidification chaque année.

La ponte a lieu d’avril à mai et l’incubation dure de 34 à 46 jours. Chaque couvée comporte en moyenne deux œufs. Les deux parents apportent de la nourriture aux jeunes, mais c’est habituellement la femelle qui les nourrit. Les jeunes demeurent au nid jusqu’à l’âge de 10 ou 11 semaines et dépendent de leurs parents durant les deux mois qui suivent leur premier envol. Ils reviennent alors au nid pour se nourrir et pour dormir.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur le pygargue à tête blanche au Québec sont :

  • la capture accidentelle par le piégeage;
  • la perte d’habitat en bordure des grands plans d’eau;
  • les pesticides;
  • le dérangement par les activités humaines dans les habitats de reproduction;
  • l’abattage illégal;
  • les collisions avec des véhicules, des éoliennes ou des lignes électriques;
  • l’empoisonnement à la suite de la consommation de carcasses intoxiquées par la grenaille de plomb provenant des cartouches de chasse (sauvagine et gros gibiers).

Désignation et rétablissement

Le pygargue à tête blanche possède les statuts suivants selon :  

  • la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (Québec) : espèce désignée vulnérable;
  • la Loi sur les espèces en péril (Canada) : consultez le Registre public des espèces en péril Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour en savoir plus.

Le pygargue à tête blanche fait partie des espèces qui concernent l’Équipe de rétablissement des oiseaux de proie du Québec Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces fauniques au Québec.

En cas de présence importune

Il est interdit de blesser ou de tuer intentionnellement un pygargue à tête blanche.

Consultez nos conseils pour prévenir les problèmes qui peuvent être causés par des oiseaux de proie.  

Indices à ne pas confondre

Si vous êtes toujours importunés après avoir appliqué les mesures de prévention prescrites, il est possible que les oiseaux de proie ne soient pas à l’origine de votre situation dérangeante.

Les rapaces consomment généralement leur proie sans la démembrer. La proie peut être consommée sur place ou non. Elle peut porter des perforations accompagnées d’hémorragies. Typiquement, une proie d’aigle royal sera écorchée avec la peau retournée et la boîte crânienne ouverte. Celle du grand-duc d’Amérique aura la tête sectionnée, puisqu’il commence par manger la chair du cou de sa proie. D’ailleurs, le grand-duc d’Amérique et l’autour des palombes plument les oiseaux qu’ils capturent. Des amas de plumes en bordure des carcasses des proies sont donc souvent trouvés avec des filets ou des amas blanchâtres sur le sol.

Certains mammifères peuvent aussi attaquer les animaux domestiques. À la différence des oiseaux de proie, les mammifères mangent leur victime sans se préoccuper du pelage. Elle est le plus souvent démembrée et les os sont cassés ou broyés. Contrairement aux oiseaux de proie, les mammifères préfèrent les parties plus charnues de l’animal et consomment souvent de préférence la poitrine et les cuisses.

Pour vous aider à identifier l’animal qui cause votre situation dérangeante, remplissez le questionnaire Identifiez le responsable des dommages.

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Dernière mise à jour : 12 avril 2024

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