État de la situation

Depuis le printemps 2024, aux États-Unis, le virus de la grippe aviaire a été identifié dans plusieurs troupeaux de vaches laitières. Au Canada, jusqu’à présent, seul le secteur de la volaille est affecté par la grippe aviaire. Aucun virus H5N1 n’a été identifié chez les bovins ou les autres animaux d’élevage, ni dans les produits laitiers.

Les propriétaires de bovins laitiers sont invités à consulter et à placer bien en vue l’affiche Protégez vos bovins laitiers de la grippe aviaire (PDF 423 Ko).

Les éleveurs de bétail sont invités à contribuer aux mesures pour éviter l’introduction de la grippe aviaire chez les bovins laitiers au Canada.

Ce virus est hautement pathogène pour la volaille, c’est-à-dire qu’il peut la rendre gravement malade et être mortel. Pour le moment, il ne cause généralement pas de maladie grave chez les autres animaux d’élevage et l’humain, mais la situation pourrait évoluer. C’est pourquoi les autorités de santé animale et de santé publique surveillent de près la situation.

Une collaboration étroite avec l'industrie et le gouvernement fédéral a permis au gouvernement du Québec d'élaborer et de mettre en œuvre la Stratégie québécoise de surveillance, de prévention, de contrôle et de protection de la santé publique contre l'influenza aviaire hautement pathogène chez les bovins laitiers (PDF 773 Ko).

Signes de la maladie chez les bovins

Les bovins atteints du virus de la grippe aviaire présentent divers symptômes. Ils mangent moins qu’à l’habitude. Les vaches laitières produisent moins de lait et sa consistance est plus épaisse. Les animaux semblent fatigués et peuvent faire de la fièvre. Leurs selles peuvent être pâteuses ou en diarrhée.

Certains bovins infectés ne présentent aucun symptôme.

Transmission entre animaux à la ferme

Dans les cas détectés aux États-Unis depuis le printemps 2024, la grippe aviaire aurait d’abord été transmise à un bovin par des oiseaux sauvages. Le virus s’est ensuite transmis d’un bovin à un autre. La transmission entre les fermes laitières s’est souvent produite après l’introduction dans le troupeau d’une vache infectée, avec ou sans signe de maladie.

La manière exacte dont le virus se propage entre les bovins n’a pas encore été clairement identifiée. Toutefois, il a été observé que le virus se trouve en grande quantité dans le pis et le lait des vaches infectées. Le virus présent dans le lait cru peut contaminer les animaux qui en boivent ou d’autres vaches par le contact avec l’équipement de traite et les mains des trayeurs. Dans certaines fermes laitières affectées, des chats ont été infectés par le virus H5N1 après avoir consommé du lait cru contaminé.

Des cas d’infection isolés ont été identifiés chez des chèvres, des porcs et des alpagas. Ces animaux partageaient le même environnement, à la ferme, que des volailles atteintes de la grippe aviaire.

Transmission à l’humain

Le risque d’infection transmise par la volaille demeure faible pour la population générale. Pour en savoir davantage sur la transmission de la grippe aviaire de l’oiseau à l’humain, consultez la page Grippe aviaire.

Le risque d’infection transmise par le bétail est quant à lui très faible.

Chez les gens plus exposés à la volaille et au bétail, comme les travailleurs de ces secteurs, le risque est un peu plus élevé. En général, les cas de transmission de la grippe aviaire à l’humain concernent des personnes en contact étroit avec des animaux infectés dans des fermes ou des abattoirs.

Le port de vêtements et de bottes propres à la ferme ainsi que leur retrait à la sortie des bâtiments, suivi d’un lavage des mains, sont de bonnes mesures de protection personnelle. En présence de plaies sur les mains, recouvrez-les d’un pansement et portez des gants à la ferme.

Depuis le printemps 2024, les cas humains de grippe aviaire aux États-Unis ont été identifiés principalement chez des gens qui travaillaient dans une ferme laitière affectée par la maladie. Les personnes infectées ont présenté surtout des signes de conjonctivite ainsi que des symptômes semblables à ceux de la grippe saisonnière. Ce sont les premiers cas dans le monde de transmission de la grippe aviaire d’un mammifère à l’humain.

La vaccination contre la grippe saisonnière diminue les risques de transmission de l’influenza humaine. C’est un moyen que peuvent prendre les travailleurs susceptibles d’être exposés à l’influenza aviaire par des interactions avec des oiseaux, des mammifères ou leur carcasse pour éviter la présence simultanée des virus de la grippe saisonnière et de la grippe aviaire. Le mélange de deux virus lors d’une infection augmente la probabilité qu’un virus acquière des caractéristiques plus préoccupantes pour la santé animale et la santé publique.

Vous trouverez sur la page Web de l’Institut national de santé publique du Québec des recommandations sur les mesures de protection à adopter pour les travailleurs en contact avec des bovins laitiers parmi lesquels des cas de grippe aviaire sont suspectés ou confirmés.

Traitement des animaux malades

Les bovins malades doivent parfois recevoir des traitements de soutien pour faire baisser la fièvre ou améliorer leur état d’hydratation. Toutefois, il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus de la grippe aviaire pour les animaux. Les bovins malades se rétablissent après une période de 10 à 14 jours. Jusqu’à présent, aucune mortalité causée par le virus H5N1 n’a été observée chez le bétail infecté.

Protection et prévention

Appliquez les mesures de biosécurité à la ferme pour tous les secteurs d’élevage afin de réduire le risque de propagation du virus de la grippe aviaire au bétail (ex. : bovins, chèvres, porcs, alpagas).

Limitez l’introduction de bovins laitiers en provenance de régions où des cas de grippe aviaire ont été confirmés. Si des animaux doivent être introduits dans un troupeau laitier, respectez les recommandations habituelles du protocole d’achat. En raison de l'éclosion de grippe aviaire chez les bovins laitiers américains, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a modifié ses exigences afin d'encadrer l’importation de bovins vivants des États-Unis. Désormais, une analyse de dépistage de la grippe aviaire est obligatoire avant toute importation de vaches laitières en provenance des États-Unis.

Les rassemblements d’animaux tels que les expositions agricoles, les concours, les foires et les fermettes sont propices à la transmission de la grippe aviaire H5N1. Avant d’y prendre part, consultez l’Avis aux organisateurs de rassemblements d’animaux et aux propriétaires d’animaux y participant (PDF 206 Ko) pour connaître les précautions nécessaires. De plus, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation recommande aux producteurs laitiers du Québec d’éviter de participer à des expositions agricoles hors de la province, en particulier aux États-Unis, en raison du risque accru de transmission du virus H5N1, actuellement présent dans le cheptel bovin laitier américain. Si vous choisissez, malgré le risque, de vous rendre aux États-Unis avec vos animaux, des mesures de contrôle seront exigées au retour par l’ACIA.

Évitez les contacts entre le bétail et les oiseaux d’élevages commerciaux, de basse-cour et sauvages. Au Québec, la garde d’animaux de différentes espèces dans un même bâtiment agricole est réglementée. Par exemple, il est interdit de garder de la volaille dans une étable laitière.

Cas suspects ou confirmés

Lors de cas suspects ou confirmés, les animaux malades doivent être isolés. L’entrée et la sortie d’animaux à la ferme doivent cesser pour une période de quarantaine.

La traite d’un animal malade devrait être effectuée en dernier. Son lait doit être jeté, puis l’équipement nettoyé et désinfecté. Évitez que du lait cru potentiellement contaminé entre en contact avec d’autres animaux, par exemple des chats qui voudraient en boire.

Si votre troupeau est affecté par le virus de la grippe aviaire, les autorités de santé animale et de santé publique pourront vous accompagner pour préciser les mesures à appliquer.

Surveillance au Québec et au Canada

Les propriétaires doivent être attentifs en tout temps à la santé de leurs animaux et contacter un médecin vétérinaire en cas de maladie. La vigilance des médecins vétérinaires de tous les secteurs est primordiale. Ils doivent contacter le 1 844 ANIMAUX ainsi que le bureau de l’Agence canadienne d’inspection des aliments de leur région s’ils suspectent qu’un animal est infecté. L’influenza aviaire hautement pathogène ou faiblement pathogène de sous-types H5 et H7 est une maladie à déclaration obligatoire.

Salubrité alimentaire

La grippe aviaire ne constitue pas un enjeu de salubrité alimentaire. Les produits laitiers offerts aux consommateurs québécois peuvent être consommés en toute sécurité. 

Les pratiques habituelles de manipulation sécuritaire des aliments, comme la cuisson, la pasteurisation et la prévention de la contamination croisée, sont appropriées contre la grippe aviaire. Appliquez ces recommandations pour éviter les intoxications alimentaires.

Produits laitiers

La pasteurisation est un procédé qui détruit les bactéries et les virus nocifs pour la santé, dont celui de la grippe aviaire.

Tous les produits laitiers vendus au Québec doivent avoir été pasteurisés, à l’exception de certains fromages fabriqués avec du lait non pasteurisé.

Les fromages faits de lait non pasteurisé subissent quand même un processus de transformation visant à diminuer les risques associés aux virus et aux bactéries pouvant être présents dans le lait cru. De plus, la surveillance contribue à ce que le lait des animaux malades ou le lait contaminé ne soit pas utilisé pour fabriquer ces fromages.

Certaines personnes sont plus vulnérables aux maladies d’origine alimentaire. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli, les femmes enceintes, les aînés et les jeunes enfants devraient éviter de consommer des fromages faits de lait non pasteurisé. Cette recommandation est valable en tout temps.

La vente de lait cru (non pasteurisé) est strictement interdite au Québec. Seul le lait pasteurisé peut être vendu et consommé de façon sécuritaire. Les producteurs laitiers et leur famille, qui ont accès à du lait cru à la ferme, doivent savoir que la consommation de cet aliment est fortement déconseillée. Elle comporte un risque accru d’intoxications alimentaires graves et toute personne devrait s’abstenir d’en consommer.

Viande bovine

Préparez et faites cuire correctement la viande de bœuf pour une consommation sécuritaire.

Dernière mise à jour : 27 février 2025

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