Usage judicieux des antibiotiques

Les antibiotiques sont parfois nécessaires pour traiter ou contrôler efficacement les infections bactériennes. Ils aident les humains et les animaux à retrouver la santé et contribuent ainsi à leur mieux-être.

Tout usage d’antibiotiques, même justifié, peut favoriser l’apparition de bactéries résistantes. Ces antibiotiques perdent alors de l’efficacité. Ils ne parviennent plus à tuer certaines bactéries ou à freiner leur croissance. Ce phénomène de résistance des bactéries aux antibiotiques est aussi appelé « antibiorésistance ». Comme chaque administration d’antibiotiques peut contribuer au développement de la résistance bactérienne, il est important d’en faire un usage limité et précis.

En santé animale, l’utilisation d’un antibiotique est considérée comme judicieuse lorsqu’elle permet de résoudre une situation qui ne peut être rétablie autrement. Aussi le bon antibiotique doit-il être administré de la bonne façon aux bons sujets.

Avant de procéder à une antibiothérapie, il importe donc :

  • de déterminer aussi précisément qu​e possible l’agent qui cause la maladie;
  • de choisir l’antibiotique le plus efficace et le moins nuisible dans les circonstances;
  • d’administrer la bonne dose aux bons animaux pour la durée nécessaire.​

Afin d’améliorer constamment l’utilisation des antibiotiques, les experts en matière de santé animale recommandent l’approche ​​​​des « cinq R »​​ (responsabilité, réduction, raffinement, remplacement et révision) (PDF 222 Ko).

Pour en savoir plus, consultez le document Les antibiotiques sont précieux – Faites-en un usage limité et précis (PDF 365 Ko).

Traitement antibiotique

Lorsqu’un animal est malade, un médecin vétérinaire doit être consulté pour préciser le diagnostic et déterminer le meilleur traitement à mettre en place. L’animal touché doit être isolé pour éviter la transmission de la maladie à d’autres animaux. Si un antibiotique est recommandé pour plusieurs animaux, les traitements individuels doivent être priorisés.

​Administration du traitement

Il est important de toujours administrer un antibiotique de façon sécuritaire et avec du matériel propre. Vous devez respecter l’ordonnance du médecin vétérinaire, qui contient des directives concernant :

  • les animaux à traiter;
  • le dosage recommandé;
  • la façon d’administrer le médicament;
  • la durée et la fréquence du traitement;
  • l’entreposage de l’antibiotique.

En suivant ces indications, vous contribuez à optimiser et à maintenir l’efficacité des antibiotiques.

Efficacité du traitement

Un traitement dont la durée est trop courte ou la dose, trop faible peut favoriser une résistance aux antibiotiques. Même si un animal semble guéri parce que ses symptômes ont disparu, la présence de bactéries demeure toujours possible. Si la maladie recommence, les bactéries ayant survécu au traitement pourront se multiplier et générer des bactéries résistantes.

Période de retrait

Les propriétaires d’animaux de consommation ou qui produisent des aliments destinés à la consommation humaine doivent également respecter la période de retrait de l’antibiotique. Cette période correspond au délai entre l’arrêt du traitement et l’abattage de l’animal (pour la viande) ou la récolte du produit animal comme les œufs, le lait ou le miel.

Suivi du traitement

Un traitement antibiotique doit faire l’objet d’un suivi permettant d’assurer son efficacité. Il faut aussi rester à l’affût des possibles effets secondaires. Si le traitement antibiotique semble inefficace ou qu’il est néfaste pour l’animal, vous devez consulter votre médecin vétérinaire pour qu’il soit ajusté.

Pour éviter de recourir aux antibiotiques

Vous pouvez prendre différents moyens pour favoriser une bonne santé chez vos animaux et réduire le recours aux antibiotiques.​

Suivez les conseils de professionnels compétents tels que des médecins vétérinaires, des agronomes, des ingénieurs et des techniciens. Par exemple, consultez votre médecin vétérinaire sur une base régulière. Vous aurez l’occasion d’élaborer des protocoles de prévention de maladies importantes et de discuter des programmes de vaccination efficaces qui sont offerts pour vos animaux.

Adoptez aussi de bonnes pratiques d’hygiène comme se laver les mains après avoir été en contact avec un animal. Vous serez ainsi en mesure de prévenir la propagation de maladies transmissibles à l’humain Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. ou de bactéries résistantes.

L’adoption de mesures de biosécurité est utile pour limiter les risques d’infections. Par exemple, vous pouvez effectuer un contrôle rigoureux de vos achats d’animaux d’élevage ou des visites dans vos locaux d’élevage.

La sélection génétique est un autre moyen de diminuer les risques d’apparition de certaines maladies.

Il est également utile de respecter les directives des associations de producteurs et les programmes d’assurance qualité comme le système HACCP (analyse des risques et maîtrise des points critiques). Les principes de ce système se trouvent dans certains programmes de salubrité des aliments à la ferme, notamment dans les secteurs laitier, porcin et de la volaille.

Pour en savoir plus, consultez la Fiche résumée pour le producteur (PDF 166 Ko).​​​​​

Élimination des médicaments

Le contact avec les médicaments doit être limité aux personnes qui les administrent et aux animaux qui les reçoivent.

Pour protéger la santé humaine, la santé animale et l’environnement, il faut éliminer de façon adéquate les médicaments, y compris les antibiotiques. Il est aussi important de se défaire de manière sécuritaire des médicaments périmés ou inutilisés ainsi que des seringues et des aiguilles souillées.

Prenez soin de vous débarrasser adéquatement des produits antiparasitaires vétérinaires comme les vermifuges à appliquer sur la peau de l’animal. L’élimination de ces produits considérés comme des pesticides doit être sécuritaire comme celle de leurs contenants.

Il est également recommandé d’envelopper les petits contenants de produits inutilisés ou ceux qui sont vides avec plusieurs couches de papier journal et de les jeter avec les ordures. Il ne faut pas incinérer les pesticides ni les jeter dans les égouts.

Toutes ces actions sont requises pour éviter la propagation de résidus dans la nature.

Récupération des médicaments périmés ou des surplus

Les médecins vétérinaires récupèrent les médicaments périmés et les surplus ainsi que les déchets biomédicaux comme les seringues, les aiguilles et autres objets tranchants. Les pharmaciens récupèrent aussi les médicaments périmés et les surplus.

Les contenants de médicaments vides devraient être écrasés ou perforés pour éviter qu’ils ne soient utilisés à d’autres fins. Il est conseillé de les apporter à un centre de tri ou au dépotoir municipal.

Consultez la fiche Élimination des médicaments pour les animaux de compagnie (PDF 304 Ko).

Les éleveurs peuvent aussi consulter la fiche Élimination des médicaments pour les animaux d’élevage (PDF 189 Ko).

Utilisation des antibiotiques dans les élevages

Puisque l’utilisation des antibiotiques est parfois indispensable, les éleveurs et les producteurs ont adopté des mesures pour favoriser un usage judicieux dans leurs élevages. En voici quelques exemples.

Éleveurs de bovins laitiers

​Les Producteurs de lait du Québec adhèrent à une initiative qui comprend six volets : la qualité du lait, la salubrité des aliments, le bien-être animal, la traçabilité animale, la biosécurité et l’environnement.

L’initiative proActio​n Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.​ encadre les étapes de la production laitière. Elle a aussi comme objectif d’assurer une utilisation responsable des antibiotiques par les producteurs pour garantir la salubrité du lait et de la viande provenant des fermes laitières. Les médecins vétérinaires sont des partenaires essentiels de la mise en œuvre de cette initiative.​​

Éleveurs de bovins de boucherie

​Les éleveurs de bovins du Québec s’appuient sur des progra​mmes de qualité Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. visant la salubrité alimentaire, le bien-être animal, la biosécurité et l’environnement​.

Éleveurs de porcs

Les Éleveurs de porcs du Québec adhèrent à un programme national intitulé PorcSALUBRITÉ Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., qui met l’accent sur de bonnes pratiques concernant l’usage des antibiotiques avec une politique d’utilisation des médicaments et des vaccins. La certification liée ce programme est obligatoire comme celles qui concernent les programmes nationaux portant sur le bien-être et la traçabilité des animaux.

​Les Éleveurs de porcs du Québec ont également établi une cible de réduction de l’usage des antibiotiques dans le secteur porcin de 20 % pour la période de 2016 à 2021. Pour définir cette cible et vérifier si elle a été atteinte, cet organisme a effectué une enquête sur l’utilisation des antibiotiques dans les élevages de porcs du Québec en 2016 et en 2021.

Éleveurs de volailles

Tous les éleveurs de poulets et de dindons au Canada doivent se conformer à des programmes nationaux visant la salubrité et la biosécurité à la ferme Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Une stratégie d’utilisation des antimicrobiens Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. au Canada vise l’arrêt de l’usage à des fins préventives des antibiotiques d’importance dans la médecine humaine. Les éleveurs sont appelés à favoriser la croissance de leurs volailles en optimisant leurs pratiques, par exemple grâce à de nouvelles lignées génétiques et à l’amélioration des conditions d’élevage et de la nutrition.

Pour en savoir plus, consultez Antibiotiques​​ – Les​ Producteurs de poulet du Canada Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Producteurs d’œufs

Les producteurs d’œufs du Québec adhèrent à un programme national lié à la salubrité des aliments à la ferme et à la biosécurité Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Initiatives individuelles

Dans les secteurs de production qui ne s’appuient pas sur des programmes structurés, différentes initiatives individuelles ou collectives sont mises sur pied. En voici quelques exemples. ​​​​

Éleveurs de moutons et de chèvres

​Peu d’antibiotiques sont homologués au Canada pour traiter des maladies présentes chez les moutons et les chèvres. Les éleveurs de ces animaux doivent donc parfois utiliser des antibiotiques destinés à d’autres espèces. Dans ces cas, le médecin vétérinaire doit fournir des indications sur le traitement et la période de retrait qui sont reconnues par le milieu scientifique et que l’éleveur doit respecter. Le Centre d’expertise en production ovine du Québec Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. guide les médecins vétérinaires praticiens et les éleveurs en ce qui concerne leur utilisation des antibiotiques dans ces élevages. ​​

Apiculteurs​

Quelques médicaments vétérinaires sont homologués au Canada pour le contrôle ou la prévention de trois pathologies de l’abeille mellifère. Aucun de ces antimicrobiens n’est de très haute importance en santé humaine.

Dans la grande majorité des cas, l’adoption de bonnes pratiques apicoles et de mesures d’hygiène suffit pour contrôler les agents pathogènes. Il est alors rarement justifié de recourir aux antimicrobiens d’un point de vue vétérinaire. Les apiculteurs peuvent se référer à la norme nationale de biosécurité propre à l’industrie apicole Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour prévenir l’introduction et la propagation d’organismes nuisibles dans leurs colonies.

Certaines maladies doivent être rapportées au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation lorsqu’elles sont présentes dans des colonies d’abeilles au Québec. Elles sont désignées dans le Règlement sur la désignation des maladies contagieuses ou parasitaires, des agents infectieux et des syndromes Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Ce signalement permet de s’assurer qu’un médecin vétérinaire s’implique dans le processus d’élimination de la maladie. Les apiculteurs sont encouragés à faire appel aux médecins vétérinaires dès qu’une maladie, désignée ou non, est suspectée dans leurs colonies.​

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Dernière mise à jour : 7 juin 2022

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