Conséquences des stéréotypes sur le développement
Sports et activité physique
Les stéréotypes sexuels et sexistes dictent ce qui est considéré comme approprié ou non pour les filles et les garçons, et peuvent entraîner des conséquences néfastes sur leur perception de soi et leurs possibilités dans divers domaines de la vie, y compris dans l’activité physique et le sport.
Les enfants, les adolescentes et les adolescents qui ne se conforment pas aux stéréotypes de genre peuvent être victimes de moqueries, d’intimidation ou de discrimination. Cela peut les dissuader de participer à des activités physiques ou sportives. Par exemple, une fille qui pratique un sport de contact pourrait être étiquetée comme « garçon manqué », ou un garçon qui est moins habile dans les sports peut se faire juger, dans un contexte où la performance est valorisée chez les garçons.
Dans cette page :
Conséquences des stéréotypes sur les choix d’activités et de sports
Les stéréotypes peuvent limiter les choix des individus en matière d’activité physique et de sport, notamment en les orientant vers des activités considérées comme « féminines » ou « masculines ». Par exemple, les filles sont plus encouragées à pratiquer des sports artistiques, comme la danse ou la gymnastique. De leur côté, les garçons sont davantage poussés vers des sports qui favorisent les contacts et qui sont plus compétitifs, ou encore vers des sports perçus comme plus exigeants physiquement, par exemple le hockey.
Selon un rapport du Laboratoire de recherche pour la progression des femmes dans le sport, les femmes et les filles composent 45 % des athlètes des 39 disciplines sportives répertoriées en milieu scolaire. Elles se concentrent toutefois dans un nombre plus restreint de disciplines sportives. De plus, parmi l’ensemble de ces disciplines, seulement cinq se situent tout près de la zone paritaire (40 %-60 %) et sont pratiquées en proportion similaire par les deux sexes, c’est notamment le cas de la natation, du basketball et du badminton.
Par ailleurs, selon un sondage réalisé par le Secrétariat à la condition féminine en 2017 (PDF 3,57 Mo), 63 % des parents ayant au moins une fille sont très à l’aise avec l’idée qu’elles exercent un sport ou un métier majoritairement masculin. Toutefois, seulement 54 % des parents d’au moins un garçon le sont quand leurs garçons pratiquent un sport ou un métier majoritairement exercé par des femmes.
Conséquences sur l’image corporelle
L’adolescence est une période charnière pour le développement de l’image corporelle. De nombreux jeunes, particulièrement les filles, font face à des problèmes d’insatisfaction corporelle. Selon l’organisme La Lancée, cette situation peut entraîner des conséquences sur leur pratique sportive, allant jusqu’à l’abandon des sports et de l’activité physique.
Lorsque la pratique d’un sport est liée à la perte de poids ou à la modification corporelle, les jeunes peuvent en venir à adopter des pratiques nocives pour leur santé, comme sauter des repas ou s’entraîner de manière excessive. Chez les garçons particulièrement, le désir d’avoir un corps musclé et athlétique peut aussi les amener à se surentraîner ou à consommer des produits dangereux en vue d’améliorer leur performance.
Conséquences sur la pratique d’activité physique chez les adolescentes
D’après le rapport Le signal de ralliement de Femmes et sport au Canada, 58 % des filles et 68 % des garçons de 9 à 12 ans pratiquent un sport sur une base hebdomadaire. L’écart entre le taux de participation des filles et celui des garçons se creuse à l’adolescence. Il passe à 38 % chez les filles de 16 à 18 ans et à 58 % chez les garçons. L’abandon du sport par les adolescentes est un phénomène qui peut être associé à différents facteurs découlant des stéréotypes liés à la féminité. Le tiers des filles canadiennes abandonnent la pratique sportive à partir de 13 ans. Selon La Lancée, cela peut entre autres être expliqué par :
- les changements physiques et hormonaux liés à la puberté, qui fragilisent l’image corporelle des filles et qui peut les rendre mal à l’aise d’exposer leur corps en public. Par exemple, l’apparition de poils ou le développement des seins, l’arrivée des menstruations.
- le manque de confiance en soi et en leurs habiletés.
- l’absence de modèles positifs et variés.
- l’inconfort dans certains uniformes sportifs mal adaptés (shorts blancs, vêtements serrés, etc.).
Ces facteurs, souvent interreliés, soulignent la nécessité de créer un environnement sportif positif, inclusif et diversifié pour que les filles puissent pratiquer des activités physiques pour le plaisir et le bien-être.
Conseils pour contrer les stéréotypes chez les jeunes
Les adultes ont un rôle à jouer pour favoriser la pratique d’activités physiques diversifiées chez les filles et chez les garçons. Ils peuvent le faire en créant des environnements sportifs respectueux et inclusifs, ainsi qu’en encourageant les jeunes à se concentrer sur leurs capacités et leurs réalisations. Cela peut se faire de différentes façons :
- Promouvoir des modèles positifs, par exemple mettre de l’avant des exemples de femmes et d’hommes qui défient les stéréotypes dans le sport et l’activité physique Lire le contenu de la note numéro 1 .
- Avec les enfants, éviter de proposer des activités de types non mixtes Lire le contenu de la note numéro 2 , comme « les gars contre les filles », encourager plutôt la pratique sportive mixte. Cela permet aux enfants de découvrir différentes disciplines sans se soucier des stéréotypes.
- Toutefois, selon Play International, pour les adolescentes qui ne se sentent pas à l’aise de bouger devant les garçons, il peut être bénéfique de leur donner certaines occasions de pratiquer des activités physiques entre elles.
- Lors des séances de sport collectif, offrir à tous les enfants l’occasion d’agir comme leader et assurer une rotation qui leur permet de jouer à plusieurs positions.
- Proposer des activités variées, sans égard aux stéréotypes, afin de favoriser le développement de compétences diverses.
Ressources
Pour aider à déconstruire les stéréotypes dans l’activité physique et le sport, consultez les ressources dans la Boîte à outils SansStéréotypes.
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Note de bas de page numéro 1
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Note de bas de page numéro 2
Dernière mise à jour : 10 octobre 2025