À propos de l'intimidation

Cette page regroupe des informations essentielles pour comprendre l’intimidation, reconnaître ses manifestations, agir lorsqu’une situation survient et accéder aux ressources d’aide, de prévention et de protection. Elle s’adresse autant aux personnes qui vivent de l’intimidation et aux témoins qu’à celles qui posent des gestes d’intimidation.

Définition de l'intimidation

L’intimidation est une forme de violence interpersonnelle qui ne doit pas être tolérée. Il s’agit d’un geste, d’une intervention ou d’un commentaire qui menace, blesse, humilie ou prive quelqu’un de sa dignité. Dans une situation d’intimidation, la victime est sous l’emprise d’une autre personne ou d’un groupe et a de la difficulté à se défendre.

Tout le monde est concerné par l’intimidation et est susceptible d’en être auteur, témoin ou victime. L’intimidation peut se vivre sous toutes sortes de formes et à différents endroits : à l’école, au centre communautaire, au centre sportif, au parc, dans la rue, dans une résidence pour personnes aînées, etc. Dans tous les cas, elle peut entraîner des conséquences importantes.

L’intimidation se caractérise généralement par des comportements, des paroles, des actes ou des gestes :

  • posés dans un contexte où les rapports de force sont inégaux entre deux ou plusieurs personnes, par exemple les relations de pouvoir ou de contrôle;
  • généralement délibérés;
  • répétitifs;
  • exprimés directement ou indirectement;
  • qui ont pour effet de causer du tort ou de la détresse.

Exemples d’intimidation indirecte

L’intimidation peut être directe ou indirecte. Voici des exemples d’intimidation indirecte :  

  • exclure souvent une personne d’un groupe;
  • l’isoler, la rendre moins populaire en faisant courir des rumeurs à son sujet;
  • révéler ses secrets, parler dans son dos ou écrire des méchancetés à son sujet de façon répétée.

Ce sont des comportements parfois difficiles à percevoir, mais tout aussi dommageables.

Différentes formes d’intimidation

Forme d’intimidationExemples de comportements
Physique : gestes qui blessent une personne ou qui lui causent du tort sur le plan physique.
  • Faire trébucher.
  • Bousculer intentionnellement.
  • Frapper.
  • Montrer les poings.
  • Obliger une personne à faire des choses contre son gré (ex. : taxage).
Verbale : paroles qui blessent une personne ou lui causent du tort sur le plan psychologique.
  • Insulter.
  • Menacer.
  • Ridiculiser ou se moquer.
  • Faire des remarques basées sur des caractéristiques personnelles comme :
    • le sexe;
    • l’orientation sexuelle;
    • l’identité de genre ou l’expression de genre;
    • l’appartenance à un autre groupe ethnique.
Sociale : actions qui nuisent aux relations sociales d’une personne ou à son appartenance à un groupe.
  • Répandre des mensonges ou des rumeurs.
  • Dénigrer, humilier.
  • Isoler ou exclure d’un groupe.
Matérielle : actions qui endommagent le milieu de vie d’une personne ou la privent de ses biens.
  • Détruire, vandaliser ou voler les biens d’une personne.

L’intimidation peut aussi s’exercer en ligne, dans les médias sociaux ou dans les messages textes, les courriels, les blogues ou les sites Web. Cette forme d’intimidation se nomme cyberintimidation.

L’intimidation peut être confondue avec d’autres types de violence, ou encore faire partie de phénomènes plus larges, tout aussi néfastes et légalement proscrits, comme la discrimination, la maltraitance, l’exploitation ou la violence conjugale, familiale ou sexuelle. Au Québec, l’intimidation est encadrée par différentes lois, notamment la Charte des droits et libertés de la personne, la Loi sur l’instruction publique et le Code criminel.

Je vis de l'intimidation

Il est important d’agir afin que les gestes d’intimidation cessent rapidement et ne se reproduisent pas. Voici quelques solutions pour y mettre fin :

Contrôler sa réaction

Votre réaction peut aider à faire cesser les gestes d’intimidation. Il peut être aidant de rester calme et de contrôler votre réaction physique et émotionnelle. Si vous le pouvez, parlez directement, d’une façon ferme et non agressive, avec la personne qui a posé les gestes inappropriés pour faire cesser son comportement. À tout moment, n’hésitez pas à quitter les lieux pour vous retrouver en sécurité à un autre endroit.

Ignorer les comportements inappropriés

Si possible, ignorez les comportements inappropriés. Vous ferez ainsi comprendre à la personne qui pose des gestes d’intimidation qu’elle n’a aucun pouvoir sur vous. Tentez aussi d’éviter la personne qui cherche à vous intimider. Si cela n’est pas possible, assurez-vous de ne jamais être seule ou seul avec elle.

Aller chercher du soutien

Parlez à une personne de confiance ou à des amis. À tout moment, vous pouvez demander de l’aide professionnelle. Consultez la page Ressources d’aide en cas d’intimidation et de cyberintimidation.

Dénoncer

Dénoncez la situation en utilisant un moyen mis en place dans votre milieu. Vous pouvez demander à une personne de confiance de vous accompagner dans ce processus de dénonciation. Signalez toute infraction criminelle à la police; plusieurs gestes sont encadrés par la loi et peuvent même constituer des crimes.

En résumé, rappelez-vous que vous n’avez rien à vous reprocher. Pratiquez des activités ou des sports pour lesquels vous avez un intérêt afin de développer de l’assurance et entourez-vous de gens en qui vous avez confiance.

Je suis témoin d’intimidation

Les témoins ont plus de pouvoir que l’on pense dans une situation d’intimidation.

L’inaction peut inciter les auteures ou auteurs d’intimidation à continuer de mal agir, en pensant que les témoins approuvent leurs gestes. Lorsqu’elles ou ils rient, appuient ou reprennent les gestes d’intimidation (par exemple en répandant une rumeur), les témoins contribuent à l’intimidation et en aggravent les conséquences sur les personnes qui en sont victimes.

Voici des exemples d’actions que vous pouvez accomplir comme témoin :

  • Éviter d’encourager des gestes d’intimidation.
  • Vous rapprocher de la personne ciblée pour qu’elle et l’auteure ou auteur des gestes intimidants comprennent que c’est la personne victime d'intimidation que vous appuyez.
  • Exprimer verbalement votre désaccord à l’auteure ou auteur des gestes, si vous vous sentez capable de le faire.
  • Demander aux autres témoins d’agir avec vous.
  • Offrir votre aide à la personne victime d'intimidation après l’événement.
  • Aviser quelqu’un en position d’autorité.

Dans tous les cas, si vous craignez pour votre propre sécurité, allez chercher de l’aide ou optez pour la dénonciation auprès d’une autorité compétente ou d’une personne de confiance.

Comme témoin, vous pourriez avoir besoin d’une aide professionnelle. Consultez la page Ressources d’aide en cas d’intimidation et de cyberintimidation.

Je pose des gestes d'intimidation

Il est parfois difficile de reconnaître que l’on pose des gestes d’intimidation. Il arrive aussi que nous en soyons conscients, mais que nous ayons de la difficulté à modifier nos comportements. Voici quelques conseils pour améliorer votre relation avec les autres :

  • Réfléchissez à vos mots et à leur effet sur les autres avant de les exprimer sous le coup de l’émotion.
  • Ayez conscience que votre geste sera inévitablement connu.
  • Réfléchissez aux conséquences que peut avoir votre geste sur les autres, et aussi sur vous.
  • Allez chercher du soutien professionnel; cela pourrait vous aider à mieux gérer et à exprimer vos émotions.

Quelles que soient vos motivations, vous êtes responsable de votre comportement. Plusieurs gestes sont encadrés par des lois et certains constituent même des crimes prévus par le Code criminel canadien, comme user de violence ou menacer une personne de mort ou de blessures.

Je suis un parent

Un enfant qui pose, subit ou voit des gestes d’intimidation n’ose pas toujours partager ses expériences avec ses parents. Ainsi, en tant que parent, il est important de rester à l’écoute de votre enfant et d’observer des changements soudains dans son comportement.

Plusieurs conseils et ressources sont disponibles pour vous aider à accompagner votre enfant dans des situations d’intimidation. Pour en savoir davantage, consultez la page Intimidation à l’école.

Conséquences de l'intimidation

Subir de l’intimidation peut entraîner une grande variété de conséquences nuisibles, tant pour la personne qui en est victime que pour son entourage. Il en est de même pour la personne qui pose des gestes d’intimidation. Ces conséquences peuvent affecter la santé physique, la santé mentale et les relations sociales.

Les conséquences de l’intimidation et de la cyberintimidation peuvent être différentes selon les personnes et leurs caractéristiques particulières. En voici quelques exemples :

  • anxiété;
  • prise ou perte de poids;
  • sentiment d’embarras, de tristesse, de colère, de peur ou de honte;
  • isolement;
  • faible estime de soi;
  • symptômes dépressifs, dépression;
  • problèmes de concentration en classe;
  • malaises physiques divers, comme des maux de ventre ou de tête.

Pour une liste plus complète, consultez le Plan d’action concerté pour prévenir et contrer l’intimidation et la cyberintimidation.

Facteurs de risque

L’intimidation est un phénomène social complexe. Plusieurs facteurs peuvent influencer le risque qu’une personne soit victime ou auteure d’intimidation, notamment les normes culturelles et sociales, le milieu de vie, les caractéristiques individuelles et la qualité de ses relations familiales, amicales ou entre pairs.  

Il est difficile de définir précisément les caractéristiques des personnes qui subissent de l’intimidation. Toutefois, certaines caractéristiques personnelles peuvent augmenter le risque d’être victime d’intimidation. Par exemple :

  • avoir une faible estime de soi;
  • être introvertie ou introverti (de nature renfermée);
  • avoir des relations difficiles avec les autres.

Ces caractéristiques peuvent aussi augmenter le risque qu’une personne utilise l’intimidation comme moyen de prendre sa place dans la société.

Certaines normes de la société peuvent renforcer des préjugés ou des stéréotypes envers des groupes de personnes perçues comme différentes. Ces personnes sont ainsi plus à risque d’être victimes d’intimidation. Ces préjugés peuvent porter sur :

  • l’appartenance à un groupe ethnique, culturel ou religieux;
  • l’orientation sexuelle;
  • le sexe à la naissance ou l’identité de genre;
  • l’apparence ou une caractéristique physique, comme le poids, ou un handicap;
  • la neurodivergence, la déficience intellectuelle ou les troubles mentaux;
  • la situation socioéconomique;
  • la toxicomanie, l’itinérance ou la délinquance.

Aide, protection et prévention

Différentes ressources peuvent vous apporter du soutien et vous aider à dénoncer la situation ou à faire cesser l’intimidation. Pour en savoir davantage, veuillez consulter la page Ressources d’aide et outils pour prévenir et contrer l’intimidation.

Il est aussi possible de mettre en place des moyens pour réduire le risque que se produisent des situations d’intimidation. Pour plus de détails, consultez la section Prévention.

Dernière mise à jour : 22 juillet 2026

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