1. Accueil  
  2. Santé  
  3. Professionnels  
  4. Traumatologie  
  5. Continuum de services en traumatologie

Continuum de services en traumatologie : une chaîne interconnectée – Information pour les professionnels de la santé et des services sociaux

Le continuum de services en traumatologie (CST) constitue le modèle organisationnel de référence pour la prise en charge des personnes victimes de traumatismes au Québec. Il repose sur une approche intégrée, interdisciplinaire et intersectorielle qui vise à assurer une réponse cohérente, rapide et de qualité, de la prévention des traumatismes jusqu’à la réintégration sociale. Comme une chaîne d’intervention continue, chaque maillon joue un rôle complémentaire pour assurer une prise en charge rapide, sécuritaire et adaptée aux besoins des usagers et usagères.

Le CST repose sur une approche intégrée des trois niveaux de prévention qui orientent les interventions du réseau de la santé et des services sociaux en matière de traumatologie :

  • la prévention primaire, en amont des événements, vise à prévenir les incidents de nature traumatique;
  • la prévention secondaire, au moment de l’impact, cherche à limiter la gravité des blessures;
  • la prévention tertiaire, en aval, vise à réduire les séquelles physiques, psychologiques et sociales.

Pour de l’information complémentaire, consulter le dépliant explicatif de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) qui présente de façon claire et détaillée chaque étape du parcours, de la prévention des traumatismes jusqu’au maintien dans le milieu de vie : Continuum de services en traumatologie. Ce document est une ressource incontournable pour les professionnels et professionnelles souhaitant approfondir leur compréhension du modèle québécois de traumatologie et des rôles de chaque acteur impliqué.

Maillons 1 et 2 – Prévention et protection

La prévention et la protection constituent les premiers maillons du CST. Elles visent à réduire l’incidence des traumatismes et à limiter leur gravité en agissant avant et pendant l’événement.

Les interventions de prévention sont déployées dans les milieux de vie, de travail et de transport. Elles prennent la forme de campagnes de sensibilisation, de mesures éducatives et de réglementations visant à diminuer les risques – par exemple, la prévention des chutes chez les personnes aînées ou la sécurité routière.

Au moment de l’impact, des mesures techniques, législatives et comportementales permettent de protéger les individus et de réduire les conséquences d’un traumatisme. Le port du casque, les ceintures de sécurité, les dispositifs de retenue pour enfants et l’intervention rapide des services d’urgence sont autant d’exemples concrets qui illustrent cette logique de protection.

Ces actions s’inscrivent dans une approche populationnelle et intersectorielle, mobilisant les partenaires du réseau de la santé, les milieux municipaux, scolaires et communautaires. Elles sont essentielles pour prévenir les blessures graves et soutenir une réponse cohérente à l’échelle du territoire.

Maillons 3 à 6 – Les services préhospitaliers d’urgence

Les services préhospitaliers d’urgence (SPU) constituent un maillon essentiel du continuum de services en traumatologie. Ils assurent une prise en charge rapide, sécuritaire et adaptée dès l’appel au 911 et jouent un rôle déterminant dans la réduction des conséquences des traumatismes.

Dès la réception de l’appel, les centres de communication santé (CCS) évaluent la situation, établissent les priorités et affectent les ressources nécessaires. Sur le terrain, la police, les pompières et pompiers, les premières répondantes et premiers répondants et les techniciennes et techniciens ambulanciers paramédicaux interviennent pour sécuriser les lieux, stabiliser l’état de la victime et assurer son transport vers l’installation la plus appropriée.

L’orientation vers l’établissement désigné repose notamment sur l’Échelle québécoise de triage préhospitalier en traumatologie (EQTPT) (PDF 125 Ko), un outil clinique développé pour guider les décisions de transport en fonction de la gravité des blessures, de l’état physiologique de la victime et du mécanisme de l’événement. L’EQTPT permet d’assurer que les usagers et usagères soient dirigés vers l’installation la mieux équipée pour répondre à leurs besoins, dans les meilleurs délais.

Cette orientation s’appuie également sur des corridors de services et une communication directe avec les urgences hospitalières, assurant une transition fluide vers les soins spécialisés.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) encadre l’organisation des SPU avec un cadre normatif qui vise à garantir l’uniformité, la qualité et la sécurité des interventions sur l’ensemble du territoire québécois.

Pour en savoir plus :

Maillons 6 à 10 – Les services hospitaliers

Les services hospitaliers en traumatologie sont assurés par des installations désignées selon leur niveau de spécialisation, leur capacité d’intervention et leur position géographique. Ces établissements jouent un rôle essentiel dans la stabilisation, le traitement et la réorientation des personnes qui ont subi un traumatisme vers les ressources les plus appropriées.

Une cartographie interactive permet de visualiser les installations désignées en traumatologie.

Les installations de traumatologie sont classées selon les niveaux suivants :

  • Centres de stabilisation : situés en région éloignée et isolée, ils assurent des soins de stabilisation essentiellement respiratoire. La victime de traumatisme doit y demeurer moins de 10 minutes;
  • Installations primaires : situées à plus de 30 minutes d’une installation de traumatologie secondaire ou tertiaire, elles offrent des services de chirurgie générale et d’anesthésie;
  • Installations secondaires : elles offrent des services de chirurgie générale, d’orthopédie, des soins intensifs polyvalents et des services de réadaptation précoce;
  • Installations secondaires régionales ou de neurotraumatologie : elles offrent des services supplémentaires d’orthopédie, de soins intensifs et de neurotraumatologie à la région ou au territoire qu’elles desservent;
  • Installations tertiaires et tertiaires pédiatriques : elles offrent des soins spécialisés et ultraspécialisés en traumatologie et en neurochirurgie, ainsi que des soins intensifs spécialisés et des services de réadaptation précoce interdisciplinaires. Certaines installations tertiaires, faisant partie d’un consortium d’établissements, sont responsables des services surspécialisés en neurotraumatologie pour les régions qu’elles desservent. Certaines installations font également partie d’un centre d’expertise;
  • Centres d’expertise et consortiums : ils offrent des services surspécialisés aux personnes qui subissent une blessure médullaire, des brûlures graves ou un traumatisme craniocérébral modéré ou grave ou qui nécessitent une réimplantation microchirurgicale d’urgence. Ils remplissent leur mandat dans le contexte d’un consortium d’établissements, en partenariat avec des installations de réadaptation.

Ces maillons hospitaliers sont évalués selon le modèle de Donabedian, qui repose sur trois dimensions complémentaires :

  • la structure (ressources humaines, équipements, organisation);
  • les processus (protocoles, pratiques cliniques, coordination);
  • les résultats (qualité, sécurité, efficacité des soins).

Ce modèle guide les exigences de désignation des installations en traumatologie et oriente les évaluations périodiques menées par l’INESSS, sous la responsabilité du MSSS.

Pour en savoir plus :

Ententes de transfert interétablissements

Afin d’assurer une continuité fluide et sécuritaire des soins pour les personnes victimes de traumatismes, des ententes de transfert interétablissements sont mises en place entre les installations désignées en traumatologie du réseau de la santé et des services sociaux. Ces ententes, coordonnées par le MSSS, encadrent les modalités de transfert des usagers et usagères lorsque les ressources spécialisées nécessaires ne sont pas disponibles localement ou que l’état de la personne ne les requiert plus (rapatriement géographique ou retour en centre référent).

Reposant sur une logique de complémentarité entre les établissements, ces ententes reconnaissent les rôles et les responsabilités de chacun au sein du Réseau de traumatologie de Québec (RTQ). Elles précisent les obligations des installations d’origine – celles qui demandent le transfert – et des installations receveuses ou des centres d’expertise – celles qui accueillent l’usager ou l’usagère – afin d’assurer une prise en charge optimale, rapide et coordonnée.

Les objectifs de ces ententes sont multiples :

  • garantir l’accessibilité à des soins spécialisés de qualité, en temps opportun, selon les besoins cliniques des usagers et usagères;
  • optimiser l’utilisation des ressources humaines, matérielles et financières du réseau;
  • maintenir une collaboration soutenue entre les installations désignées en traumatologie;
  • assurer un retour structuré et planifié des usagers et usagères vers leur région d’origine lorsque leur état le permet.

L’entente-cadre se décline en cinq ententes particulières, chacune adaptée à une clientèle :

  • les usagères et usagers de 16 ans et plus transférés vers un centre de traumatologie tertiaire, secondaire régional ou de neurotraumatologie;
  • les enfants de 15 ans et moins transférés vers un centre de traumatologie tertiaire pédiatrique;
  • les victimes de brûlures graves (16 ans et plus) transférées vers un centre d'expertise pour les personnes victimes de brûlures graves (CEVBG);
  • les personnes ayant subi une blessure médullaire, adulte ou pédiatrique, transférées vers un centre d’expertise pour les blessés médullaires (CEBM);
  • les usagères et usagers de 14 ans et plus nécessitant une réimplantation ou une revascularisation microchirurgicale d’urgence, transférés vers le centre d’expertise pour les victimes d'amputation traumatique (CEVARMU).

Chaque entente est accompagnée d’annexes détaillant les critères de transfert (urgent ou différé), les modalités de stabilisation avant transfert, les documents cliniques à transmettre et les conditions de retour vers l’installation d’origine.

Maillons 11 à 14 – Les services posthospitaliers

Les services posthospitaliers assurent la continuité du parcours de soins et de réadaptation en soutenant la récupération fonctionnelle, l’intégration sociale et le maintien dans le milieu de vie. Ils sont adaptés aux besoins des personnes ayant subi des traumatismes graves, comme des blessures orthopédiques complexes, des traumatismes craniocérébraux modérés ou graves, des brûlures graves ou des blessures médullaires.

Ces services comprennent :

  • la réadaptation en établissement (interne) : offerte dans des centres régionaux ou suprarégionaux, elle vise à développer les capacités résiduelles, compenser les incapacités et favoriser la reprise des habitudes de vie;
  • la réadaptation en mode ambulatoire (externe) : destinée aux personnes autonomes, elle leur permet de poursuivre la réadaptation tout en demeurant dans leur milieu de vie;
  • le soutien à l’intégration et au maintien dans le milieu de vie : offert par les établissements et les organismes communautaires, il vise à maintenir les acquis, favoriser la participation sociale et assurer une qualité de vie satisfaisante.

Ces services sont souvent coordonnés dans le cadre de consortiums interétablissements, assurant une réponse adaptée et continue, peu importe la région.

Pour en savoir plus :

Dernière mise à jour : 24 novembre 2025

Évaluation de la page
Veuillez compléter la vérification reCAPTCHA.

L’information sur cette page vous a-t-elle été utile?

Pourquoi l’information n’a pas été utile?

Vous devez sélectionner une option

Quel est le problème?

Vous devez sélectionner une option

Pourquoi l’information a été utile?

Veuillez préciser la nature du problème