Loup gris
Nom français
Loup gris
Autre(s) nom(s) français
Loup des bois, loup gris du Nord, loup
Nom anglais
Gray wolf, Grey wolf
Autre(s) nom(s) anglais
Timber wolf
Nom scientifique
Canis lupus
Dans cette page :
Description
Le loup gris est un canidé sauvage commun au Québec. Il occupe principalement les milieux forestiers de la rive nord du fleuve Saint-Laurent ainsi que la toundra. Il vit habituellement en meute.
Identification
Taille
Longueur totale : de 159 à 165 cm; hauteur à l'épaule : de 66 à 97 cm.
Poids
De 18 à 70 kg. Le mâle est plus gros que la femelle.
Coloration
Le pelage du loup peut varier du blanc au noir. Cependant, sa couleur typique est gris cendré ou fauve.
Traits caractéristiques
Le loup a un museau effilé, des oreilles arrondies et de longues pattes. Il a une queue longue et touffue.
Distinction
Le loup se distingue du coyote par sa taille plus grande, ses oreilles arrondies, son museau plus large et les coussinets plantaires de ses pattes arrière plus grands. Sa queue est haute lorsqu’il court tandis que le coyote garde sa queue plutôt basse.
Le coyote et le loup peuvent s’hybrider, ce qui signifie qu’ils peuvent se reproduire ensemble et avoir des descendants capables de survivre et de se reproduire. Ces hybrides présentent des caractéristiques intermédiaires en termes de taille et de coloration du pelage par rapport à leurs parents. Il est impossible de différencier, de manière certaine, un hybride d’un coyote ou d’un loup, même à l’aide de mesures précises.
Des analyses génétiques montrent que les grands canidés sauvages du Québec se répartissent en quatre regroupements génétiques : le loup gris, le loup boréal, le loup de l’Est et le coyote de l’Est, auxquels s’ajoutent de nombreux hybrides. Ces regroupements se côtoient et se reproduisent entre eux. Leur aire de répartition géographique se chevauche sur une grande partie du territoire. En 2017, le Ministère a publié une étude sur l’identité génétique et la répartition des grands canidés au Québec (PDF 2,76 Mo).
Selon cette étude, le groupe génétique du loup gris se trouve principalement au nord du 50e parallèle. Le groupe génétique du loup boréal se trouve dans la zone de la forêt boréale, tandis que le groupe génétique du loup de l’Est est dispersé dans une bande au sud de cette zone.
Espèce similaire
Chien domestique
Empreintes
Les empreintes du loup sont larges, de forme arrondie à ovale, avec des griffes visibles et non rétractables. Les deux coussinets centraux sont parallèles, contrairement à ceux des chiens, qui sont placés en forme d’éventail.

Distinction entre les empreintes du chien, du coyote et du loup. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Patron de déplacement
Le loup se déplace à la marche, c’est-à-dire qu’il place ses pattes l’une devant l’autre.

Déplacement à la marche du loup. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Répartition
Au Québec, le loup est présent sur tout le territoire, sauf sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, d’où il aurait disparu entre 1850 et 1900.
Présence au Québec
Origine
Indigène
Statut de résidence des populations
Cette espèce vit au Québec toute l’année.
État de la situation
Dans le cadre du Plan de gestion des animaux à fourrure, un bilan de l’exploitation est produit périodiquement pour s’assurer que les populations sont en bonne santé. L’état des populations de loups est suivi grâce à des indicateurs liés au piégeage, comme la vente de fourrures et les données provenant des piégeurs. Les populations de loups sont stables et l’espèce reste commune dans son aire de répartition habituelle.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S5.
Habitat
Le loup vit dans différents habitats tels que la toundra arctique, la forêt subarctique, la forêt boréale et la forêt mixte. Il utilise souvent les chemins forestiers pour se déplacer. Le loup évite généralement les zones habitées et perturbées par les activités humaines. Il est surtout actif au lever du soleil, mais il peut aussi être observé la nuit et en plein jour. Il ajuste ses périodes d’activité selon celles de ses proies principales (comme l’orignal, le cerf et le castor). Lorsqu’il se repose, le loup se couche sur le sol ou la neige, enroulé sur lui-même.
Domaine vital
Le domaine vital est la zone qu’un animal sauvage utilise pour effectuer l’ensemble de ses activités, comme se nourrir, se reposer et se reproduire. Chez le loup, cette zone peut varier de 39 à plus de 13 000 km2. Les loups sont très mobiles et ils parcourent de grandes distances rapidement pour chercher de la nourriture ou de nouveaux territoires.
Alimentation
Le loup se nourrit principalement de cervidés, comme le cerf de Virginie, l’orignal et le caribou. En été, il mange aussi des castors et parfois des lièvres, des marmottes ou des souris. Il s'attaque rarement aux animaux d'élevage et à l’homme.
C’est un prédateur habile qui chasse en meute, s’attaquant aux proies vulnérables (jeunes, âgées, malades) ou à celles dont les déplacements sont difficiles en raison de la neige ou de la glace. Il enterre parfois des restes de carcasses pour les manger plus tard.
Reproduction
La reproduction du loup a lieu en hiver, principalement en février ou en mars.
Il atteint la maturité sexuelle à deux ou trois ans. Seul le couple alpha de la meute se reproduit, une fois par an. La gestation dure 63 jours. La femelle met bas en avril ou en mai dans des endroits variés, tels que des troncs creux, des souches ou des tanières creusées dans un talus sableux ou abandonnées par une autre espèce.
La tanière est composée d'une entrée de 36 à 67 cm de large et de 31 à 50 cm de haut, avec un tunnel de 2 à 9 m de long menant à une chambre. Les tanières peuvent être réutilisées chaque année.
Les portées comptent en moyenne de cinq à sept petits, mais elles peuvent varier de un à 14. Les jeunes naissent aveugles et sans défense, et ils ouvrent les yeux entre 11 et 15 jours, commencent à manger la nourriture régurgitée à trois semaines et sont sevrés entre cinq et huit semaines. La femelle reste avec les petits pendant les deux à trois premiers jours suivant leur naissance, puis des loups non-reproducteurs s’occupent des jeunes. La femelle participe progressivement à la chasse tout en revenant à la tanière pour allaiter ses petits.
Pour en savoir plus, consultez le cycle de vie du loup (PDF 400 Ko).
Comportement
Le loup vit généralement en meute, un groupe familial hiérarchisé de cinq à huit individus ou plus, dirigé par un couple dominant (les loups alpha, mâle et femelle). Il y a trois périodes dans l’année pour le loup :
- Période des naissances (d’avril-mai à juin-juillet) : les loups concentrent leurs activités autour de la tanière, où les jeunes sont gardés par quelques adultes, souvent de jeunes femelles.
- Période de rendez-vous (de juin-juillet à la mi-octobre) : les jeunes deviennent mobiles mais ils ne peuvent pas encore suivre la meute. Ils sont laissés dans des sites de rassemblement appelés « sites de rendez-vous ». Ces sites sont situés dans de petites clairières près d’un point d’eau.
- Période nomade (de la mi-octobre à avril-mai) : l’ensemble de la meute se déplace et chasse ensemble sur son territoire.
Maladies
Le loup peut être porteur de plusieurs parasites et maladies, comme la rage, la gale sarcoptique, le distemper canin ou l’échinococcose.
En cas de contact
Évitez d’approcher, de toucher, de caresser ou de nourrir un loup, même s’il a l’air inoffensif. Il pourrait vous blesser, vous transmettre des maladies ou des parasites. Si vous avez été en contact avec un loup (par exemple, en cas de morsures ou de griffures), prenez les mesures nécessaires.
Ne manipulez jamais une carcasse de loup à mains nues et suivez les consignes pour vous en débarrasser de façon sécuritaire.
En cas de présence importune
Si la présence de loups est jugée importune, il est important de mettre en œuvre des actions de manière progressive. En premier lieu, avant même que des dommages n’apparaissent, plusieurs actions de prévention peuvent être réalisées. De plus, de manière complémentaire, on peut réduire les risques de conflits en pratiquant la chasse ou le piégeage afin de réduire le nombre de loups présents en périphérie tout en assurant la mise en valeur de l’espèce. Finalement, en dernier recours, si ces approches n’ont pas les résultats escomptés et que des dommages sont toujours présents, un propriétaire peut adopter des méthodes de contrôle ciblées visant les loups importuns.
Méthodes de prévention
Différentes mesures préventives peuvent aider à limiter les conflits avec les loups, avant même qu’ils ne se produisent.
Gestion des animaux de ferme
En raison de la répartition du loup, les cas de prédation sur des animaux de ferme par le loup sont rares. Si de tels dommages surviennent, plusieurs méthodes peuvent être adoptées.
On peut mettre les animaux de ferme à l’abri dans l’étable pour la nuit. C’est un des moyens les plus efficaces, comme les garder dans des enclos éclairés. Les mises bas doivent se dérouler dans des enclos et les jeunes animaux doivent y être gardés.
Il est recommandé d’éviter d’utiliser les pâturages situés près de la forêt pendant les périodes critiques. On peut réduire une partie du couvert végétal près des enclos.
Un autre bon moyen de protéger les animaux de ferme est d’utiliser des chiens de berger pour protéger le troupeau. Certains éleveurs emploient des ânes, des lamas ou des alpagas, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l’efficacité de cette mesure.
Il est important d’éliminer les carcasses d’animaux morts pour ne pas attirer les loups et éviter qu’ils s’habituent à venir près des fermes.
Les animaux domestiques (chats, chiens, etc.) devraient être vaccinés et gardés à l’intérieur lorsque des loups sont présents dans le secteur.
Utilisation de clôtures
L’installation de clôtures est une mesure préventive que les éleveurs peuvent adopter. La clôture électrique est souvent essentielle contre les prédateurs et elle s’avère très efficace pour protéger le bétail. Il est important que la clôture soit bien construite et que l’électrification soit puissante. Il faut également couper les herbes qui pourraient réduire son efficacité, surtout entre juillet et septembre. Les coûts varient en fonction des équipements utilisés et de la superficie à clôturer.
Utilisation de répulsifs sonores et visuels
Un système d’effarouchement sonore ou visuel, comme des sons électroniques ou un gyrophare, peut donner de bons résultats. D’autres méthodes, comme laisser une radio allumée en continu, utiliser des canons au propane et assurer une présence humaine, peuvent contribuer à éloigner les loups. Cependant, peu de recherches ont été réalisées pour évaluer l’efficacité de ces techniques.
Utilisation de répulsifs gustatifs et odorants
Aucun répulsif n’a montré une efficacité suffisante pour être homologué.
Chasse sportive et piégeage
En complément aux méthodes de prévention, la chasse et le piégeage durant les périodes légales sont de bonnes options pour limiter les inconvénients liés à la présence des loups et réduire les risques de conflits. Ces activités permettent la mise en valeur de l’animal, par exemple, en favorisant la commercialisation de la fourrure.
Le loup est à la fois un animal à fourrure et un petit gibier. Il peut donc être chassé et piégé. Le piégeage est toutefois plus efficace que la chasse. Ces activités peuvent être pratiquées durant l’automne et l’hiver, sans aucune limite de capture.
Si vous ne pratiquez pas ces activités, vous pouvez autoriser des chasseurs ou des piégeurs à accéder à votre terrain pour chasser ou capturer l’animal. Dans tous les cas, informez-vous sur la réglementation en vigueur pour la chasse sportive ou le piégeage.
Méthodes de contrôle
En dernier recours, vous pouvez éliminer un loup avec des pièges mortels ou encore l’abattre. Malheureusement, cette opération doit souvent être répétée si plusieurs loups sont impliqués.
Pour recourir légalement à ces approches, il faut qu’un loup cause des dommages à vos biens ou à votre propriété. De plus, il faut d’abord avoir mis en place des mesures pour prévenir les dommages. Si et seulement si ces méthodes de prévention ne permettent pas de régler le problème, vous pouvez tenter d’abattre ou de capturer l’animal responsable des dommages.
Si vous souhaitez agir en l’absence de dommages ou pour éliminer un groupe de loups sans être en mesure de prouver leur lien avec les dommages observés, vous devez obtenir une autorisation du Ministère en faisant une demande de permis pour la capture d’animaux sauvages à des fins scientifiques, éducatives ou de gestion de la faune (permis SEG).
De plus, le loup est un animal à déclaration obligatoire. Si vous blessez ou éliminez un loup, vous devez communiquer avec un agent de protection de la faune pour le déclarer.
Capture à l’aide d’un piège mortel
La capture à l’aide de collets mortels est une méthode efficace et pratique, mais leur installation demande de l’expérience et de la minutie. Les techniques de piégeage efficaces sont décrites dans les documents produits par la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec. Toutefois, il est fortement recommandé de faire appel à un piégeur certifié et expérimenté. L’utilisation de ses services permettra d’empêcher les loups de se familiariser avec les méthodes de piégeage.
Consultez la liste des pièges autorisés pour la capture vivante et mortelle des loups.
Abattage à l’aide d’une arme à feu
Cette méthode est généralement peu efficace et demande beaucoup de temps. Assurez-vous d’avoir le bon poste d’affût et d’éliminer les odeurs qui pourraient indiquer votre présence.
Les calibres intermédiaires (ex. : .204, .222, .223 et .22-250) permettant un tir à longue distance sont recommandés.
Pour en savoir plus
Plan de gestion des animaux à fourrure 2018-2025 (PDF 4,81 Mo)
Périodes et carte de secteurs pour le piégeage du loup
Données sur les quantités de fourrures vendues
Plan de gestion du petit gibier au Québec 2011-2018
Règles de chasse au petit gibier
Données sur les ventes des permis de chasse au petit gibier
Les loups au Québec : Meutes et mystères
Les grands canidés au Québec – des connaissances en constante évolution
Dernière mise à jour : 19 mars 2026
