La biodiversité (ou diversité biologique) est la variété de la vie sur Terre. Cela inclut toutes les plantes, les animaux et les autres êtres vivants, ainsi que les endroits où ils vivent et la manière dont ils interagissent entre eux et avec leur environnement.
La perte de la biodiversité peut notamment compromettre la santé de notre planète et la sécurité alimentaire des populations. La situation est donc préoccupante, tant à l’échelle mondiale que locale.
Dans cette page :
Comprendre la biodiversité
Chaque écosystème représente une partie de la biodiversité d’un territoire spécifique. Pour préserver les différents écosystèmes nécessaires à la protection des espèces et de leurs habitats, la conservation des territoires est essentielle. Cela contribue également au maintien des services écologiques.
Écosystème
Un écosystème est un groupe de plantes, d’animaux et d’autres organismes qui vivent ensemble dans un endroit particulier et qui interagissent entre eux et avec leur environnement. Sa taille peut varier considérablement, car un écosystème peut être la souche d’un arbre, un petit étang ou carrément un océan.

Écosystème. © Freepik
Habitat et corridors écologiques
Un habitat est un endroit où sont réunies les conditions nécessaires à la survie d’une espèce ou d’une population. C’est une partie essentielle d’un écosystème. Un écosystème peut contenir plusieurs habitats qui contribuent à la diversité et à la structure globale de l'écosystème.
Les habitats fournissent des abris, de la nourriture et des lieux de reproduction aux animaux. Plusieurs d’entre eux ont besoin de différents habitats au cours de leur vie. Par exemple, les tortues géographiques pondent leurs œufs sur la terre, mais elles fréquentent surtout les milieux aquatiques en dehors de cette période. La connexion entre les différents types d’habitats est donc essentielle à leur survie.
Cette connexion est possible grâce aux corridors écologiques, qui sont des passages reliant des espaces naturels. Ils favorisent la santé des écosystèmes et la survie des espèces en leur permettant de se déplacer et de se rencontrer.
Services écologiques
La population bénéficie au quotidien de services rendus par les espèces et les milieux naturels, que l’on nomme « services écologiques ». Ils sont souvent regroupés en quatre catégories :
- Les services de régulation aident à maintenir l’équilibre du milieu dans lequel nous vivons. Pensons notamment à la régulation du climat ou à la purification de l’eau et de l’air.
- Les services d’approvisionnement fournissent les ressources nécessaires à notre bien-être et à notre confort, comme la nourriture et l’eau douce.
- Les services ontogéniques (relatifs au développement des individus) aident plus spécifiquement au développement du système immunitaire et à l’épanouissent humains.
- Les services socioculturels sont des bénéfices non matériels liés aux interactions des individus avec leur environnement, comme le plaisir associé à des activités récréatives ou la valeur éducative offerte par la nature.
Voici quelques exemples pour mieux comprendre l’influence des services écologiques sur notre qualité de vie.
Purification de l’eau
Les étangs, les marais, les marécages et les tourbières sont des milieux humides. Certains de ces milieux, lorsqu’ils bordent les lacs et les cours d’eau, sont considérés comme les « reins de la planète » : ils jouent un rôle de filtration des polluants, améliorant ainsi la qualité de nos eaux.
Les milieux humides ralentissent la circulation de l’eau, favorisent le dépôt des sédiments et interceptent les polluants. Les plantes et les microorganismes qui vivent dans ces milieux absorbent ces substances et les transforment en composés plus simples et moins néfastes pour les êtres vivants.
Par exemple, dans les secteurs agricoles, certains milieux humides contribuent de façon significative à la rétention des nitrates et des phosphates. Les milieux humides contribuent aussi à fixer dans leurs sols des contaminants comme les métaux lourds. Une fois liés aux sédiments du fond, les métaux seront peu réactifs et moins absorbés par les organismes vivants.
Les milieux humides contribuent ainsi à réduire les impacts des fertilisants et des autres contaminants sur la qualité de l'eau et les écosystèmes aquatiques.
Purification de l’air
Les plantes, surtout les arbres, captent de nombreux polluants présents dans l’air. Ils agissent comme des filtres naturels.
Les arbres contribuent à éliminer les polluants de l’air grâce à leurs stomates, de minuscules orifices situés sous leurs feuilles et qui servent aux échanges gazeux. Certains contaminants atmosphériques (poussière, pollen, cendres) peuvent être absorbés par les tissus de l’arbre, comme le tronc, les branches et les feuilles. Cependant, leur absorption ne se fait pas au même rythme pour chaque arbre.
En purifiant l'air, les plantes et les arbres contribuent, notamment, à réduire les risques de maladies respiratoires et le cancer chez les humains.
Fertilité des sols
Certains petits organismes qui vivent sous terre sont indispensables à la fertilité des sols. À l’intérieur d’un seul pied carré de sol, on peut trouver près de 50 000 acariens et insectes ainsi que 12 millions de vers. De la même façon, un seul gramme de sol peut contenir quelque 30 000 protozoaires (organismes unicellulaires), 50 algues, 400 000 champignons et des milliards de bactéries.
Le ver de terre est un bon exemple d’organisme indispensable. Il transforme les déchets agricoles en éléments nutritifs essentiels à la croissance des plantes. Lorsqu’on laisse les déchets de culture sur le sol, les vers les mangent. Ils transforment ainsi la matière végétale en engrais. En redescendant dans leurs tunnels, ils libèrent cet engrais à proximité des racines des plantes, là où elles en ont le plus besoin.
D’autres organismes du sol transforment les éléments nutritifs pour que les plantes puissent les absorber. Par exemple, les bactéries rhizobium vivent dans des nodules fixés aux racines des légumineuses telles que les pois, les haricots, le soja, le trèfle et la luzerne. Elles capturent l’azote présent dans l’air et le transmettent directement à la plante légumineuse, qui en a besoin pour sa croissance. Pour une majorité de plantes, l’azote doit provenir de la décomposition de la matière organique ou de l’apport continuel d’engrais azoté par l’agriculteur.
Certains champignons, les mycorhizes par exemple, s’associent avec les racines des plantes et les aident à assimiler les éléments nutritifs dont elles ont besoin, comme le phosphore et l’azote. Ces champignons représentent plus de 25 % de la biodiversité microbienne du sol.
Les sols fertiles sont essentiels pour la biodiversité et les cycles naturels. Ils favorisent la croissance des plantes, fournissent de l'oxygène et soutiennent les chaînes alimentaires. De plus, des sols en bonne santé stockent le carbone, aidant à atténuer les changements climatiques.
Régulation du microclimat
La régulation du microclimat désigne la façon dont les arbres et d'autres éléments de l'environnement peuvent changer les conditions météorologiques dans une petite zone.
Par exemple, en milieu urbain, les arbres rafraîchissent l’air de deux façons :
- Directement, en bloquant les rayons solaires;
- Indirectement, grâce au processus de transpiration (libération de la vapeur d’eau à travers les feuilles).
En disposant adéquatement les arbres sur son terrain, un propriétaire peut diminuer de près de 60 % ses dépenses en climatisation durant l’été. Même en hiver, les conifères peuvent atténuer la force des vents, ce qui permet de réduire les coûts de chauffage.
Régulation du climat de la planète
La régulation du climat de la planète fait référence, notamment, aux processus naturels qui influencent le climat sur Terre.
Par exemple, les tourbières et les forêts constituent de précieuses alliées dans la lutte contre les changements climatiques. Elles agissent comme des puits de carbone en accumulant du dioxyde de carbone (CO2) dans les sols et les arbres durant leur période de croissance.
Ainsi, ce CO2 emmagasiné ne contribue pas à l’augmentation de l’effet de serre et aux changements climatiques.
Atténuation des inondations et des sécheresses
Les milieux humides et les zones inondables contribuent à retenir et à absorber une partie de l’eau de pluie et de la fonte des neiges. De façon générale, la présence de végétation aide à réguler le débit des cours d’eau et contribue à atténuer les inondations et les sécheresses.
Sans végétation, la crue des rivières augmenterait jusqu’à 40 % lors des précipitations. Selon les estimations, chaque augmentation de 5 % de la couverture forestière d’une ville réduirait le volume des eaux de ruissellement d’environ 2 %, diminuant d’autant les frais nécessaires à l’installation de tuyaux d’égouts de grand diamètre.
À l’inverse, lorsque les précipitations de pluie sont rares, certains milieux humides et forestiers relâchent graduellement l’eau accumulée pour éviter les sécheresses. En période de sécheresse, les rivières alimentées par les milieux forestiers peuvent avoir un débit de trois à cinq fois plus élevé que les rivières alimentées par des milieux ouverts comme les terres agricoles ou les prairies.
Bénéfices pour la santé
L’accès à la nature contribue à une bonne santé physique et mentale. Une balade en forêt peut vous aider à réduire votre stress. Fréquenter les milieux naturels permet aussi de diminuer les risques de développer des maladies.
Les effets bénéfiques sur la santé humaine sont réels : l’initiative Prescri-Nature invite d’ailleurs les médecins à prescrire l’exposition à la nature à leurs patients.
Visionnez la vidéo Le Québec est riche de sa nature – Les services écologiques rendus par nos espèces et leurs habitats pour en savoir davantage.
Menaces pour la biodiversité
Plusieurs activités humaines et les changements climatiques peuvent constituer des menaces pour la biodiversité, comme :
- La transformation des écosystèmes. Par exemple, la destruction des milieux humides pour le développement urbain peut entraîner la perte de l’habitat de reproduction de certaines espèces;
- L’augmentation des espèces exotiques envahissantes. Par exemple, l’introduction de certaines espèces, comme le myriophylle à épis, dans les lacs du Québec, appauvrit l’écosystème local et entraîne des impacts sur les activités socioéconomiques (baignade, pêche, navigation, etc.);
- La dégradation de la qualité de l’environnement. Par exemple, la pollution des cours d’eau par certains rejets industriels ou agricoles contribue à l’eutrophisation, qui favorise entre autres la prolifération des algues bleu-vert et réduit la qualité de l‘eau pour les poissons et les autres organismes aquatiques;
- Les changements climatiques. Par exemple, l’érosion des côtes peut perturber les écosystèmes marins et terrestres qui en dépendent, notamment les espèces et leurs habitats;
- L’exploitation des ressources. Par exemple, la coupe d’arbres à un rythme qui ne permet pas leur renouvellement naturel peut détruire des habitats forestiers essentiels pour certaines espèces.
Conserver le territoire pour protéger la biodiversité
Il est important de freiner la perte de la biodiversité à travers le Québec, notamment :
- Pour préserver les écosystèmes et les services écologiques dont nous dépendons;
- Pour renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques et aux autres défis environnementaux;
- Pour maintenir la qualité de vie et le bien-être des populations.
Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire d'intégrer les milieux naturels et leurs fonctions écologiques dans la planification et l'aménagement du territoire québécois.
Plusieurs actions peuvent être réalisées, comme :
- Créer des aires protégées pour préserver, notamment, des milieux naturels importants;
- Créer des programmes et concevoir d’autres initiatives pour restaurer les milieux naturels dégradés;
- Favoriser l’agriculture durable;
- Développer des infrastructures vertes;
- Sensibiliser l’ensemble de la population pour qu’elle contribue à ces actions dans la mesure de ses capacités.
Gestes pour préserver la biodiversité
Le maintien d’un bon état de la biodiversité est essentiel à notre survie. Comme les activités humaines sont en partie responsables de la perte de la biodiversité, la contribution de tous est nécessaire.
Voici quelques exemples de gestes simples et concrets.
Signalez vos observations
Lors d’une promenade en nature, soyez attentif aux espèces floristiques et fauniques. Vos observations peuvent contribuer à la conservation des espèces et à l’amélioration des connaissances sur celles-ci.
Si vous pensez avoir observé une espèce en situation précaire, faites un signalement au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec.
Vous pouvez également transmettre vos observations de toute autre espèce floristique ou faunique sur diverses plateformes de science citoyenne, comme :
- Chauves-souris aux abris : pour les chauves-souris;
- eBird : pour les oiseaux;
- Carapace : pour les tortues;
- iNaturalist - Projets - Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec : pour les espèces fauniques et floristiques;
- iPêche pour les poissons d’eau douce du Québec;
- Atlas des amphibiens et reptiles du Québec : pour les amphibiens et les reptiles.
Respectez les règles de chasse, de pêche et de piégeage
Informez-vous sur les règlements de chasse, de pêche et de piégeage avant de pratiquer votre activité. Respectez, entre autres, la réglementation propre à chaque zone, les dates de pêche et les quotas permis pour préserver les populations animales à long terme.
L'enregistrement obligatoire de certaines espèces permet d’évaluer avec justesse l’état des populations afin d’éviter une surexploitation qui compromettrait l’équilibre des écosystèmes.
Adoptez de bonnes pratiques de pêche
En tant qu’adepte de la pêche, vous pouvez contribuer à la saine gestion des populations de poissons et à la préservation de l’environnement en adoptant de bonnes pratiques et en joignant le mouvement Je pêche responsable.
Récoltez de façon responsable une espèce floristique
Si vous souhaitez récolter des espèces floristiques, assurez-vous de bien les identifier afin d’éviter de récolter des espèces menacées ou vulnérables. Adoptez un comportement respectueux en ne récoltant qu’une partie des plantes et en laissant sur place des individus de la même espèce. Ces gestes peuvent empêcher la disparition des espèces et de leurs habitats pour conserver au maximum la biodiversité.
Dénoncez les actes illégaux
Vous êtes témoin d’une activité qui semble nuire à l’environnement, comme le dépôt de déchets en pleine nature ou le déversement de produits toxiques dans un cours d’eau? Faites un signalement à caractère environnemental.
Vous êtes témoin d’un acte de braconnage ou d’un comportement qui semble nuire à la faune sauvage? Faites un signalement à SOS Braconnage – Urgence faune sauvage.
Soyez vigilant face aux espèces envahissantes
Plusieurs espèces envahissantes établies au Québec viennent de pays étrangers. Introduites par des activités humaines (libération d’animaux de compagnies exotiques dans la nature, embarcation de plaisance non nettoyée, etc.), elles peuvent avoir un impact majeur sur la biodiversité locale.
De bonnes pratiques existent pour éviter leur propagation. Si vous pensez avoir vu une espèce envahissante, signalez votre observation à l’aide de l’outil Sentinelle.
Laissez les animaux sauvages dans la nature
Plusieurs animaux sauvages laissent leurs petits seuls pour des périodes plus ou moins longues. Si vous en observez un, n’intervenez pas. Ces jeunes animaux ont développé un instinct pour survivre dans leur environnement naturel. Tenter de les secourir aura souvent pour conséquence d’en faire des animaux orphelins et de diminuer leurs chances de survie.
Pour en savoir plus, consultez la page Web Bonnes pratiques à adopter en présence d’animaux sauvages.
Soutenez un organisme de conservation de la biodiversité
En offrant du temps ou en faisant un don à l’un des organismes qui œuvrent pour la protection de la biodiversité, vous contribuez directement à préserver les écosystèmes, à protéger les espèces en danger et à promouvoir des pratiques durables. Vous contribuerez ainsi à assurer un avenir durable pour notre planète.
Dernière mise à jour : 1 août 2025