Gestion de la faune et des habitats fauniques
Animaux marqués
On installe une étiquette ou un émetteur télémétrique sur certaines espèces pour faciliter la gestion et la conservation de la faune. Des données importantes sont recueillies sur chaque animal marqué, ce qui contribue à l’acquisition de connaissances sur l’espèce.
Importance de déclarer un animal marqué
Déclarer un animal marqué est une façon simple et efficace de collaborer à la gestion des espèces avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. La déclaration d’un gibier ou d’un poisson marqué permet aussi de savoir si la viande peut être consommée en toute sécurité.
Différentes utilisations des dispositifs de marquage
Le type de dispositif utilisé indique généralement la raison pour laquelle l’animal a été marqué.
Capture et relocalisation
La capture et la relocalisation d’un animal doivent être effectuées lorsque celui-ci présente un danger pour le public, comme un orignal coincé près d’une route ou un ours noir rôdant en milieu urbain.
Les animaux sont habituellement immobilisés à l’aide de produits anesthésiants, puis relocalisés dans un endroit propice. Ces animaux sont alors munis d’une étiquette ronde et jaune à l’oreille, ce qui permet leur identification si un citoyen, un chasseur ou un piégeur le signale.

Étiquette utilisée par la Protection de la faune du Québec lors d'une relocalisation. © MELCCFP
Projet de recherche et suivi des populations
Plusieurs projets menés sur le terrain visent à acquérir des connaissances sur l’état et l’évolution des populations. À cette fin, les animaux sont capturés et marqués, par exemple avec une étiquette à l’oreille ou sur une nageoire, afin de les identifier. La capture permet de prendre diverses mesures sur les animaux, telles que le poids et la taille, de collecter des échantillons, comme des poils et des écailles, ou de faire des prélèvements sanguins.
Pour les projets de recherche et le suivi des populations de mammifères et d’oiseaux, la couleur et la forme des étiquettes varient en fonction de l’espèce étudiée.

Étiquette d'oreille fixée sur un ours noir

Étiquette de tarse (patte) fixée sur une perdrix grise

Étiquette d'oreille fixée sur un orignal
La capture des animaux permet aussi de poser un émetteur télémétrique lorsque cela est nécessaire. L’émetteur télémétrique est utilisé pour suivre et analyser les déplacements de l’animal marqué. Ce suivi permet d’observer les comportements spécifiques à une espèce, comme la période de reproduction ou de mise bas, et de recueillir des données sur la survie et les causes de mortalité. Il aide aussi à comprendre l’utilisation de l’habitat et à étudier les interactions prédateurs-proies ou humains-animaux. Les émetteurs sont des outils essentiels pour planifier et réaliser certains inventaires fauniques.
Les émetteurs télémétriques sont adaptés en fonction du poids et de la physionomie des animaux marqués. Leur utilisation, leurs caractéristiques comme leur poids et leur forme, ainsi que les procédures pour les poser, sont encadrées par des protocoles rigoureux et approuvés pour respecter le bien-être de l’animal.

Émetteur télémétrique installé sur un lagopède des saules

Collier télémétrique installé sur un ours noir

Collier télémétrique installé sur un orignal
Les poissons peuvent être identifiés à l’aide d’étiquettes externes de type « T-bar ». Ces étiquettes sont insérées près des nageoires dorsales et elles ont la forme d’un petit tube allongé et coloré. Chaque étiquette porte un numéro unique, associé à un projet de recherche, et peut également indiquer les coordonnées des équipes responsables de leur installation.

Étiquette externe de type « T-bar ».
Les étiquettes internes de type « transpondeur passif » (« PIT tag ») sont aussi couramment utilisées sur les poissons. Elles ont la forme d’un petit tube ressemblant à une pilule et elles sont généralement insérées sous la peau ou dans le muscle à l’aide d’une aiguille. Chaque étiquette contient un transpondeur radio qui émet un numéro unique lorsqu’elle est activée par un appareil lecteur. Cette technologie est similaire à celle des micropuces utilisées pour les animaux de compagnie. Les étiquettes « PIT tag » peuvent également être utilisées pour marquer des mammifères.

Étiquette de type « transpondeur passif » (« PIT tag »).
Les émetteurs télémétriques les plus couramment utilisés sur les poissons sont des émetteurs acoustiques qui diffusent un signal sonore, adapté au milieu aquatique. Ces émetteurs sont souvent implantés dans la cavité abdominale par chirurgie, car ils offrent les meilleures performances pour le suivi et la recherche en milieu aquatique.

Zone d’insertion des émetteurs acoustiques sur le bar rayé, le doré et l’alose savoureuse, aspect des points de suture dans les jours suivant la chirurgie et taille des émetteurs. © L. L’Hérault et J.R. Tomelleri
Exemples de projets de recherche et de suivi de populations
- Caribou migrateur : le suivi télémétrique des populations de caribous migrateurs dans le nord du Québec, notamment les troupeaux de la rivière aux Feuilles et de la rivière George, permet de documenter et de quantifier leurs déplacements.
- Ours noir : les données des colliers GPS installés sur les ours noirs indiquent que, lors des saisons où les ressources alimentaires naturelles comme les petits fruits sauvages, les glands de chêne et les faines de hêtre abondent, les ours réduisent leurs déplacements et sont moins vulnérables à la chasse sportive.
- Orignal : le suivi des orignaux dans le cadre des travaux sur la tique d’hiver dans plusieurs régions du Québec se poursuit et permet de comprendre l’impact de ces tiques sur la survie des veaux orignaux pendant leur premier hiver.
- Bar rayé : le suivi télémétrique du bar rayé vise à déterminer son aire de répartition, à identifier les habitats critiques et à quantifier les déplacements des deux populations présentes au Québec : celle du fleuve Saint-Laurent et celle du sud du golfe du Saint-Laurent.
- Anguille d’Amérique : le marquage des anguilles d’Amérique avec des transpondeurs passifs (« PIT tag ») et leur recapture permet d’estimer la distance parcourue, le temps de déplacement entre les habitats, de même que les taux de croissance et de survie. Ces données peuvent aussi être utilisées pour évaluer l'abondance des populations lorsque suffisamment d’individus sont marqués et recapturés dans la cadre d'un même projet.
Prélèvement et consommation d’un animal marqué
Il est permis de prélever un animal portant une étiquette ou un émetteur télémétrique. Cependant, il est recommandé de le déclarer pour contribuer à l’acquisition de connaissances sur l’espèce, car des données importantes y sont associées.
Dans certains cas, il est déconseillé de consommer la chair d’un gibier ou d’un poisson marqué.
Les techniciens de la faune, les biologistes ou les agents de protection de la faune doivent parfois administrer des médicaments aux animaux, comme des produits anesthésiants. L’autorité vétérinaire responsable du produit a l’obligation de fixer un délai minimal entre l’administration du produit et le moment où la chair doit être exempte de résidus du produit. Après ce délai, la viande du gibier abattu ou du poisson pêché peut être consommée en toute sécurité.
Consommation d’un animal marqué
Prélever un animal dans un délai trop court pourrait rendre la viande impropre à la consommation. Il est donc important de communiquer avec le Ministère lorsque vous prélevez un animal portant une étiquette ou un émetteur.
Mammifères ou oiseaux
Si vous prélevez un mammifère ou un oiseau marqué, composez le numéro de téléphone inscrit sur l’étiquette ou parfois sur l’émetteur. Indiquez vos coordonnées, la région, l’espèce et le numéro de l’étiquette ou de l’émetteur et déclarez les informations importantes pour le suivi. Vous pourrez aussi vérifier si vous pouvez consommer sa viande.
Si le numéro de téléphone n’est plus visible :
- Pour les étiquettes rondes et jaunes : communiquez avec la direction de la protection de la faune de la région concernée, ou, dans un deuxième temps, le bureau de la direction de la gestion de la faune de cette région;
- Pour les autres types d’étiquettes et d’émetteurs : communiquez avec le bureau de la direction de la gestion de la faune de la région concernée.
En tout temps, le service à la clientèle pourra vous diriger vers la ressource appropriée.
Poissons
La chair des poissons qui portent une étiquette externe ou un transpondeur passif peut être consommée en toute sécurité. Si des coordonnées sont inscrites sur l’étiquette, vous êtes invité à déclarer votre prise en appelant au numéro indiqué. Dans le cas contraire, vous n’avez aucune action à réaliser.
Pour les poissons portant un émetteur acoustique dans la cavité abdominale, la chirurgie nécessite l’utilisation de produits anesthésiants. Il est recommandé d’éviter de consommer des poissons dont les points de suture sur l’abdomen sont visibles et de les remettre à l’eau. Pour l’alose savoureuse, les points de suture se situent derrière la nageoire pectorale. Pour toute question sur la consommation d’un poisson portant un émetteur et pour déclarer votre capture, écrivez à DPEFA@environnement.gouv.qc.ca. Le Ministère pourra récupérer l’émetteur et les informations qu’il contient.
Dernière mise à jour : 23 octobre 2025