Gestion des forêts publiques
Sylviculture et suivis des traitements sylvicoles
La sylviculture est la science et l’art de cultiver la forêt. Elle permet de gérer l’établissement de la régénération, la croissance, la composition, l’état de santé, la productivité des sols et la qualité des peuplements forestiers. Concrètement, elle permet de favoriser la régénération et la croissance des arbres en plus de prévenir les feux de forêt et de protéger la biodiversité.
Au Québec, le gouvernement est responsable de réaliser la planification forestière en territoire public et, par conséquent, de choisir et de faire exécuter les traitements sylvicoles et d’en évaluer les résultats. La sylviculture se concrétise par quatre grandes étapes qui sont le diagnostic, la prescription sylvicole, la mise en œuvre et les suivis. Ces éléments sont des actes professionnels réservés aux ingénieurs forestiers.
Dans cette page :
Diagnostic sylvicole
Le diagnostic sylvicole est une étape importante de la sylviculture. Il consiste à évaluer l’écart entre l’état actuel d’un peuplement forestier et l’état souhaité. Il s’appuie sur la collecte d’informations sur les peuplements, comme leur composition, leur structure et leur santé, afin de guider l’analyse et le choix d’un scénario sylvicole ainsi que des traitements et modalités sylvicoles à appliquer.
Le scénario sylvicole, proposé à l’étape du diagnostic, doit prévoir la réalisation d’une combinaison de traitements selon différentes séquences et intensités, sur des zones et des périodes données.
Les traitements sylvicoles sont donc des interventions planifiées. Ils servent à guider le développement des forêts selon des objectifs précis tels que le renouvellement du peuplement et l’amélioration de son rendement ou de sa qualité.
Catégories de traitements sylvicoles
Les traitements sylvicoles sont classés en quatre catégories en fonction de leur objectif principal :
- Traitements par procédés de régénération : Ces traitements ou séquences de traitements visent à récolter et à régénérer un peuplement en installant ou en favorisant la croissance de nouvelles jeunes pousses d’arbres. Les traitements les plus répandus sont la coupe avec protection de la régénération et des sols ainsi que les coupes progressives irrégulières.
- Traitements du site : Ces traitements visent à améliorer les conditions d’un site pour permettre d’établir de jeunes arbres et d’en favoriser la croissance. Les traitements les plus répandus sont la scarification et le déblaiement.
- Traitements de régénération artificielle : Ces traitements visent à installer de jeunes arbres dans un peuplement forestier en utilisant des méthodes artificielles pour le régénérer. Ils comblent un manque de régénération naturelle en introduisant des essences désirées. Les traitements les plus répandus sont la plantation uniforme et le regarni.
- Traitements d’éducation (soins culturaux) : Ces traitements sont appliqués aux arbres pour améliorer leur croissance, leur qualité et leur vigueur. Les traitements les plus répandus sont le dégagement, le nettoiement, l’éclaircie précommerciale systématique et l’éclaircie commerciale.
Les traitements sylvicoles sont réalisés sur plusieurs milliers d’hectares chaque année. Pour avoir un portrait clair des travaux de sylviculture dans les forêts publiques du Québec, consultez le document Ressources et industries forestières — Portraits statistiques.
Prescription sylvicole
La prescription sylvicole est préparée par un ingénieur forestier à partir du diagnostic sylvicole. Elle tient compte de différents aspects du territoire, tels que les lois et règlements ainsi que les impacts sociaux, environnementaux et économiques.
La prescription officialise le choix du scénario sylvicole et des traitements sylvicoles, ainsi que les modalités à appliquer dans un peuplement forestier. Elle contient aussi les suivis de conformité et d’efficacité à effectuer.
Fiches d’aide à la décision pour les traitements sylvicoles
Pour aider les sylviculteurs et les ingénieurs forestiers à poser le bon diagnostic et à élaborer une prescription sylvicole adéquate, le gouvernement met à leur disposition les Fiches d’aide à la décision pour les traitements sylvicoles au Québec.
Cet outil décisionnel contient de nombreux renseignements relatifs aux différents traitements sylvicoles comme les résultats escomptés, les bénéfices, les facteurs de réussite, les éléments de mise en œuvre, etc.
Mise en œuvre de la prescription sylvicole
La mise en œuvre d’une prescription sylvicole est l’application concrète d’un traitement sylvicole.
Par exemple, lors de l’établissement d’une plantation, les travailleurs sylvicoles doivent suivre les spécifications détaillées (les modalités) dans la prescription en effectuant la mise en terre des arbres à une distance précise.
Autre exemple : pour certains traitements de la famille des coupes partielles, notamment la coupe de jardinage par pied d’arbres, les marteleurs attestés doivent d’abord effectuer, généralement à l’aide d’un jet de peinture, le martelage des arbres à abattre ou à conserver. Ces travaux sont encadrés par une directive de martelage et doivent être conformes aux informations fournies dans le guide La carie des arbres.
Suivis des traitements sylvicoles
En tant que gestionnaire des forêts publiques, le gouvernement doit superviser la réalisation des interventions, ce qui inclut les suivis nécessaires pour s’assurer que les travaux respectent, entre autres, les normes du Règlement sur l’aménagement durable des forêts du domaine de l’État.
Les suivis des traitements permettent donc de s’assurer du respect des critères établis de la prescription (suivi de conformité) et de mesurer l’atteinte des objectifs sylvicoles fixés ainsi que l’efficacité des traitements appliqués, à moyen et à long terme (suivi d’efficacité et suivi de validation).
L’évaluation des interventions réalisées sur le terrain peut se décliner en trois types de suivis :
- Suivi de conformité : ce suivi permet de confirmer qu’un traitement a été adéquatement réalisé sur le terrain et qu’il respecte la prescription sylvicole.
- Suivi d’efficacité : ce suivi permet de vérifier 5, 10 ou 15 ans après la réalisation des traitements sylvicoles, si la forêt réagit comme prévu.
- Suivi de validation : ce suivi permet de recueillir, plusieurs années après les traitements, les données relatives à la croissance de la forêt.
Consultez le document Suivis forestiers des traitements sylvicoles réalisés au Québec et rentabilité des investissements (PDF 1,79 Mo) pour en savoir davantage.
Pour mieux comprendre les suivis forestiers, visionnez cette vidéo.
Valeur des traitements sylvicoles
Certaines entreprises mandatées par le gouvernement pour effectuer des traitements sylvicoles dans les forêts publiques reçoivent un paiement.
Le paiement accordé est basé sur la valeur des traitements sylvicoles, selon qu’il s’agit de traitements commerciaux ou non commerciaux.
Les traitements doivent alors répondre à des cibles établies selon certains critères de suivis de conformité pour que les montants prévus leur soient versés.
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 15 octobre 2025