Aire de concentration d’oiseaux aquatiques

L’aire de concentration d’oiseaux aquatiques est une des 11 catégories d’habitats fauniques qui bénéficient d’un statut de protection légal au Québec selon la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Réalisation d’activités dans un habitat faunique

Certaines activités pratiquées dans les aires de concentration d’oiseaux aquatiques, ou de tout habitat fréquenté par la sauvagine, peuvent nuire aux habitats et aux populations qui y vivent.

Si vous planifiez réaliser une activité telle dans cet habitat faunique, vous devez respecter certaines normes ou demander une autorisation. Pour plus d’informations, consultez la page demander une autorisation.

Avant de réaliser l’activité visée, il est de votre responsabilité de vous assurer de détenir toutes les autorisations requises, qu’elles soient municipales, provinciales ou fédérales.

Description

Les aires de concentration d’oiseaux aquatiques sont des milieux où l’on retrouve de la nourriture de qualité en abondance pour ces espèces. Elles sont fréquentées lors de périodes critiques du cycle de vie de la sauvagine, notamment lors de la reproduction et de la migration. L’habitat est aussi utilisé comme aire de repos et d’alimentation, car il est généralement riche en plantes et en invertébrés aquatiques, sources de nourriture essentielles pour le maintien des populations de sauvagine. Plus de 38 espèces fréquentent ces aires.

Les aires de concentration d’oiseaux aquatiques assurent la préservation de la sauvagine, des espèces d’oiseaux migrateurs de la famille des anatidés, comme des bernaches, des canards et des oies.

Durant leur passage dans les aires de concentration, il est possible d’observer des milliers d’oiseaux aquatiques, d’où le terme « concentration ». Ces rassemblements en grand groupe les aident à se protéger contre les prédateurs, surtout à l’automne, lors de la période de mue qui limite leur capacité de vol et les rend plus vulnérables.

Composition de l’habitat

Les aires de concentration d’oiseaux aquatiques se composent de différents milieux :

  • Des marais : surface de terrain inondée de façon permanente ou temporaire, dominée par une végétation herbacée qui croît sur un sol minéral ou organique et comportant des arbustes et des arbres sur moins de 25 % de sa superficie;
  • Des zones inondables : espace ayant une probabilité d’être occupé par l’eau d’un lac ou d’un cours d’eau en période de crue;
  • Des zones intertidales : espace situé entre les marées les plus hautes et les plus basses, dans les régions affectées par les courants de marée, comme le fleuve Saint-Laurent;
  • Des herbiers : milieu aquatique caractérisé par une forte présence de plantes flottantes, émergentes et submergées. Ils sont notamment présents dans des eaux peu profondes, en bordure de lacs ou le long du fleuve Saint-Laurent. Les herbiers aquatiques sont essentiels au support de la faune aquatique en lui conférant nourriture et refuge;
  • Des bandes d’eau : portion d’un cours d’eau d’une largeur maximale de 1 km, mesurée perpendiculairement à la rive, s’étendant à partir du plus bas niveau d’eau atteint annuellement vers le centre du plan d’eau.

Ces milieux peuvent se trouver en eau douce ou salée. En général, il y a une variété de plantes en bordure de ces milieux ou dans l’eau comme :

  • Les scirpes (Scirpus sp.);
  • Les joncs (Juncus sp.);
  • Les carex (Carex sp.);
  • Les graminées.

Ces plantes font partie du régime alimentaire de certaines espèces de sauvagine, bien qu’elles se nourrissent aussi de céréales ou d’autres plantes cultivées sur des terres agricoles à proximité. Certaines espèces de sauvagine sont carnivores et ont un régime alimentaire plus large qui comprend :

  • Des poissons;
  • Des mollusques;
  • Des crustacés;
  • Des larves d’insectes;
  • Des vers marins (polychètes).

Leur présence au sein d’une aire de concentration laisse présager une abondance de proies.

Localisation

Environ 10 % du territoire québécois est recouvert d’eau douce. Ce territoire est au cœur de la conservation des populations d’oiseaux aquatiques qui le fréquentent à l’échelle nord-américaine, particulièrement pour les espèces migratrices qui utilisent la voie de l’Atlantique.

Les aires de concentration d’oiseaux aquatiques sont présentes à proximité des plans d’eau et des milieux humides. La majorité se trouvent le long des rives du Saint-Laurent. On en trouve également sur des lacs ou des rivières, comme sur le lac Brome ou sur la rivière Richelieu.

Il est recommandé de consulter régulièrement les hyperliens suivants pour vérifier les tracés des habitats fauniques, car ceux-ci pourraient être modifiés selon l’évolution des connaissances et la mise à jour des données :

Ces plans peuvent aussi être téléchargés sur Données Québec.

Menaces et sensibilité

Les aires de concentration d’oiseaux aquatiques sont des milieux naturels sensibles dont certaines menaces peuvent contribuer à leur dégradation.

Dégradation de la qualité de l’eau

Les aires de concentration d’oiseaux aquatiques étant liées directement aux milieux aquatiques, la qualité de l’eau joue un rôle important dans l’habitat. La contamination de l’eau par les métaux et les pesticides affectent de différentes façons les organismes qui y vivent.

L’exposition à des concentrations élevées de métaux a des effets néfastes sur le système nerveux des poissons, des amphibiens et des oiseaux. Les métaux peuvent également modifier la structure des organismes vivants au fond des milieux aquatiques, la base de la chaîne alimentaire.

Les pesticides peuvent entraîner autant de changements dans les communautés d’algues et de plantes aquatiques en favorisant la présence des cyanobactéries au détriment des algues vertes, altérant ainsi la qualité de l’eau.

Destruction des milieux humides

La destruction des milieux humides et le changement d’affectation du territoire peuvent avoir des effets négatifs sur des populations de sauvagine. Par exemple, la perte des marais intertidaux le long du fleuve Saint-Laurent a contribué à la réduction des populations de canard noir (Anas rubripes). De plus, l’intensification des cultures agricoles, causant une perte de milieux naturels, a eu un impact négatif sur cette espèce, contrairement aux bernaches et aux oies qui en bénéficient, puisqu’elles se nourrissent des céréales riches en valeurs nutritives cultivées sur les terres agricoles.

Modifications dans l’habitat

La coupe d’arbres et de chicots Lire le contenu de la note numéro 1 peut nuire à certaines espèces de sauvagine, telles que le garrot d’Islande (Bucephala islandica), qui les utilisent comme site de nidification. Tout ce qui peut bouleverser l’hydrologie de l’habitat, comme l’installation d’un barrage hydroélectrique, peut aussi entraîner des modifications notables dans l’environnement et modifier les écosystèmes qui y sont reliés.

Protection légale de l'habitat

Au Québec, une aire de concentration d’oiseaux aquatiques doit être constituée d’un marais, d’une zone inondable Lire le contenu de la note numéro 2 , d’une zone intertidale, d’un herbier aquatique ou d’une bande d’eau d’au plus 1 km de largeur à partir de la ligne des basses eaux, pour une superficie d’au moins 25 ha (0,25 km2). De plus, l’habitat doit être fréquenté par des oies, des bernaches ou des canards (au moins 50 oiseaux par kilomètre linéaire ou 1,5 oiseau par hectare) lors des périodes de nidification ou de migration.

Pour être protégée, une aire de concentration d’oiseaux aquatiques doit faire l’objet d’un plan préparé par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Ce plan détermine les limites officielles de l’habitat, lequel doit se trouver sur les terres du domaine de l’État, et doit avoir été publié dans la Gazette officielle du Québec.

Bonnes pratiques pour protéger l’habitat

Afin de contribuer au maintien des aires de concentration d’oiseaux aquatiques et de minimiser les impacts lors d’activités réalisées dans l’habitat, de bonnes pratiques et certains comportements doivent être adoptés :

  • Si vous êtes propriétaire d’un terrain riverain situé à proximité d’une aire de concentration d’oiseaux :
    • Agrandissez et revégétalisez votre bande riveraine en y plantant des arbres et des arbustes indigènes adaptés à ce type de milieu pour rafraîchir l’eau localement. Laisser la bande riveraine à son état naturel est aussi une bonne option. C’est un endroit recherché et utilisé par la sauvagine pour s’abriter ou se reproduire.
    • Laissez en place quelques arbres morts (chicots) afin qu’ils puissent être utilisés comme nid. Vous pouvez également installer des nichoirs.
  • Si vous êtes observateurs d’oiseaux, effectuez vos sorties en étant respectueux de la nature. Des codes d’éthique existent au sein de la communauté d’ornithologues pour que ce loisir soit pratiqué en harmonie avec la nature et les autres observateurs. Consultez les codes d’éthique établis par Oiseaux Canada et par QuébecOiseaux pour en savoir plus.
  • Éviter de circuler dans les herbiers aquatiques avec de la machinerie ou tous types de véhicules.
  • Si vous êtes témoin d’un acte de braconnage ou de tout geste allant à l’encontre de la faune ou de ses habitats, signalez-le à SOS Braconnage – Urgence faune sauvage.
  • La circulation d’embarcations nautiques peut déranger la sauvagine qui s’y trouve. Évitez de vous approcher d’elle.
  • Les animaux de compagnie peuvent s’apparenter à des prédateurs et provoquer un stress à la sauvagine. Gardez votre animal en laisse et en contrôle lors de vos promenades à proximité des oiseaux.
  • L’utilisation de drones peut déranger les oiseaux. Conservez une distance d’au moins 100 mètres pour les observer et, au besoin, approcher la zone à basse altitude. Une approche verticale pourrait être perçue comme une attaque d’un prédateur par la sauvagine.
  • Respectez la loi. Il est interdit de nuire, déranger ou détruire les œufs ou les nids d’oiseaux.

Dernière mise à jour : 6 mai 2026

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