Îles ou presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux

Une île ou presqu’île habitée par une colonie d’oiseauxest une des 11 catégories d’habitats fauniques qui bénéficient d’un statut de protection légal au Québec selon la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Réalisation d’activités dans un habitat faunique

Certaines activités pratiquées dans les îles ou presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux peuvent nuire aux habitats et aux populations qui y vivent.

Si vous planifiez réaliser une activité telle dans cet habitat faunique, vous devez respecter certaines normes ou demander une autorisation. Pour plus d’informations, consultez la page demander une autorisation.

Avant de réaliser l’activité visée, il est de votre responsabilité de vous assurer de détenir toutes les autorisations requises, qu’elles soient municipales, provinciales ou fédérales.

Description

Les îles et les presqu’îles sont des écosystèmes particuliers. Bien qu’elles occupent de petites superficies, elles peuvent abriter une riche biodiversité. Leur isolement contribue au maintien des diverses espèces fauniques et floristiques indigènes qui y vivent. Ces écosystèmes sont vulnérables à l’envahissement des espèces exotiques et aux impacts des changements climatiques qui exacerbent les processus d’érosion.

Les oiseaux ont de la facilité à coloniser des endroits plus isolés, comme les îles et les presqu’îles. Ces territoires offrent un espace de tranquillité, important pour les oiseaux lors de la reproduction et de la nidification, car ils sont à l’abri du dérangement par les humains et des prédateurs. Pour ces raisons, il est important de préserver l’état et le caractère naturels des îles et des presqu’îles.

Composition de l’habitat

Une île est une masse terrestre isolée et entourée d’eau. Les îles possèdent des caractéristiques qui leur sont propres. Leur forme et leur taille varient en fonction du processus de leur formation.

Quant aux presqu’îles, elles sont similaires aux îles, mais demeurent rattachées au continent par une bande de terre appelée « isthme ». Leur colonisation par la faune terrestre est donc facilitée. Cette notion de connectivité est un facteur déterminant de la biodiversité qu’on peut trouver dans ces habitats.

De manière générale, les mammifères terrestres sont peu présents ou même absents des îles, et ceux qui sont présents ont généralement été introduits ou ont colonisé les îles en se déplaçant sur les glaces. Lorsqu’elles sont présentes, ces espèces peuvent toutefois être très dommageables pour les oiseaux nichant sur les îles. Certains mammifères marins, comme les phoques, peuvent fréquenter les îles pour s’y reposer sur les berges. Les oiseaux sont les animaux les plus présents sur les îles.

Localisation

Les îles et les presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux se situent principalement le long du Saint-Laurent, allant de l’estuaire moyen jusqu’à l’estuaire maritime et au golfe du Saint-Laurent.

Parmi ces îles et presqu’îles, l’île aux Perroquets, à proximité de Blanc-Sablon, est l’île habitée par une colonie d’oiseaux la plus au nord du Québec. Une des plus importantes colonies de macareux moines (Fratercula arctica)et une population abondante de petits pingouins (Alca torda) y sont notamment présentes.

Des îles et des presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux sont également présentes sur des lacs de grande étendue, comme le lac Macamic et le lac Abitibi. Les espèces d’oiseaux qu’on y retrouve sont différentes de celles qu’on retrouve sur le Saint-Laurent.

Au total, on recense 115 îles ou presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux, ce qui représente une superficie d’environ 602 ha (6,02 km2).

Il est recommandé de consulter régulièrement les hyperliens suivants pour vérifier les tracés des habitats fauniques, car ceux-ci pourraient être modifiés selon l’évolution des connaissances et la mise à jour des données :

Ces plans peuvent aussi être téléchargés sur Données Québec.

Menaces et sensibilité

L’érosion côtière aggravée par les changements climatiques est la principale menace qui pèse sur les îles et les presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux. Cet enjeu est de taille pour ces colonies du Saint-Laurent qui doivent s’y adapter rapidement. En effet, les processus d’érosion naturels sont accentués par la réduction du couvert de glace protecteur, la hausse du niveau de la mer et l’intensification des tempêtes. Depuis quelques décennies, le niveau de la mer est à la hausse au Québec. Sa progression est plus importante dans le sud du golfe du Saint-Laurent que la moyenne mondiale. Les zones déjà affectées par l’érosion auront donc tendance à s’étendre et à s’aggraver avec le temps.

Le réchauffement et l’acidification des océans sont également des menaces liées aux changements climatiques pour les oiseaux marins et aquatiques. Par exemple, une eau plus chaude et plus acide peut favoriser la prolifération de phytoplanctons qui relâchent des neurotoxines. Ces toxines peuvent s’accumuler dans la chaîne alimentaire. Des concentrations trop élevées de ces toxines peuvent réduire le succès de reproduction des poissons et des oiseaux, voire causer des mortalités. L’augmentation de la température de l’eau et les vagues de chaleur océaniques peuvent aussi modifier la distribution des espèces qui sont consommées par les oiseaux. Cela peut obliger les oiseaux à dépenser plus d’énergie pour se nourrir en plongeant plus profondément ou en se déplaçant davantage. Par ailleurs, l’augmentation de la température peut aussi diminuer la qualité nutritive des poissons en affectant leur croissance, leur métabolisme et leur capacité à s’oxygéner.

Considérant toutes ces menaces, il est important de limiter le dérangement et la destruction d’habitats supplémentaires. Grâce à l’encadrement des activités que procure la protection légale des îles et presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux, ces menaces sont diminuées.

Protection légale de l’habitat

Au Québec, une île ou presqu’île habitée par une colonie d’oiseaux doit avoir une superficie inférieure à 50 hectares et compter au moins 25 nids d’espèces d’oiseaux vivant en colonie par hectare, autres que des hérons, pour être protégée légalement.

Pour être protégée, une île ou presqu’île doit faire l’objet d’un plan préparé par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Ce plan détermine les limites officielles de l’habitat, lequel doit être situé sur les terres du domaine de l’État, et doit avoir été publié dans la Gazette officielle du Québec.

Bonnes pratiques pour protéger l’habitat

Afin de contribuer au maintien des îles et des presqu’îles habitées par une colonie d’oiseaux et de minimiser les impacts lors d’activités réalisées dans l’habitat, de bonnes pratiques et certains comportements doivent être adoptés :

  • Demeurez au large des îles et des presqu’îles lors de vos sorties en embarcation nautique, surtout si vous apercevez des oiseaux sur les berges. Évitez de vous y accoster, afin de limiter les perturbations causées par les activités humaines et de prévenir l’introduction d’espèces exotiques envahissantes.
  • Si vous êtes observateurs d’oiseaux, effectuez vos sorties en étant respectueux de la nature. Des codes d’éthique existent au sein de la communauté d’ornithologues pour que ce loisir soit réalisé en harmonie avec la nature et les autres observateurs. Consultez les codes d’éthique établis par Oiseaux Canada et par QuébecOiseaux pour en savoir plus.
  • Si vous êtes témoin d’un acte de braconnage ou de tout geste allant à l’encontre de la faune ou de ses habitats, signalez-le à SOS Braconnage – Urgence faune sauvage.
  • Puisque les poissons sont une source importante de nourriture pour les oiseaux aquatiques, respectez les limites de possessions déterminées par le gouvernement du Québec afin d’éviter la surpêche dans les plans d’eau.
  • Si vous utilisez un drone pour observer les oiseaux, conservez une distance de 100 mètres pour ne pas les déranger.
  • Respectez la loi. Il est interdit de nuire, déranger ou détruire les œufs ou les nids d’oiseaux.

Dernière mise à jour : 6 mai 2026

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