Héronnière

La héronnière est une des 11 catégories d’habitats fauniques qui bénéficient d’un statut de protection légal au Québec selon la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Réalisation d’activités dans un habitat faunique

Certaines activités pratiquées dans une héronnière peuvent nuire aux habitats et aux populations qui y vivent. La plupart de ces activités doivent être réalisées entre le 1er août et le 31 mars, période durant laquelle les risques de dérangement sont plus faibles.

Si vous planifiez réaliser une activité telle dans cet habitat faunique, vous devez respecter certaines normes ou demander une autorisation. Pour plus d’informations, consultez la page demander une autorisation.

Avant de réaliser l’activité visée, il est de votre responsabilité de vous assurer de détenir toutes les autorisations requises, qu’elles soient municipales, provinciales ou fédérales.

Description

Une héronnière est un regroupement de nids d’une ou plusieurs espèces de grands échassiers, des oiseaux qui s’alimentent principalement de poissons et d’amphibiens. Au Québec, la protection légale de cet habitat faunique vise principalement les nids du grand héron (Ardea herodias), mais aussi ceux de la grande aigrette (Ardea alba) et du bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), qui peuvent nicher au même endroit. Le grand héron est d’ailleurs utilisé comme espèce sentinelle du Saint-Laurent ou espèce indicatrice des changements dans un écosystème, car les concentrations de contaminants retrouvées dans ses tissus reflètent le niveau de contamination de son milieu.

Composition de l’habitat

Le grand héron a tendance à nicher en colonies, établissant son nid principalement dans des étangs de castors, sur des îles, en milieux riverains et, plus rarement, en milieux forestiers. Les nids sont construits en hauteur dans des arbres et sont constitués de branches sèches entremêlées. Ils ont généralement un mètre de diamètre, ce qui facilite leur repérage lors d’inventaires aériens, lorsque la canopée (couverture des arbres au sommet, visible du ciel) est dégagée.

La qualité d’une héronnière dépend en partie de l’état et de l’abondance des arbres supports, utilisés par le grand héron pour la nidification. Les héronnières qui se trouvent dans les étangs de castor sont de plus petite taille et moins pérennes que celles qu’on retrouve dans d’autres milieux naturels, car les arbres supports meurent en raison de la hausse du niveau de l’eau. Une abondance d’arbres supports possédant encore leurs branches et ramilles est un indicateur d’une héronnière de qualité. Par ailleurs, une eau exempte de contaminants contribue au maintien de la santé des populations de grands hérons.

Localisation

Une des plus grandes héronnières protégées légalement au Québec est située au refuge faunique de la Grande-Île, dans l’archipel du lac Saint-Pierre. Elle occupe une superficie de 23 ha (0,23 km2). Cette héronnière est suivie par les équipes du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs depuis plus d’une quarantaine d’années. Lors du dernier inventaire, en 2023, 524 nids y avaient été recensés.

Il est recommandé de consulter régulièrement les hyperliens suivants pour vérifier les tracés des habitats fauniques, car ceux-ci pourraient être modifiés selon l’évolution des connaissances et la mise à jour des données :

Ces plans peuvent aussi être téléchargés sur Données Québec.

Menaces et sensibilité

Les principales menaces qui pèsent sur les héronnières sont la perte, la fragmentation et la conversion de l’habitat. Étant donné que le grand héron se situe au sommet de la chaîne alimentaire, il est sujet à l’accumulation de contaminants dans son organisme si les milieux aquatiques ou humides dans lesquels il s’installe sont pollués.

Le bihoreau gris, la grande aigrette et le grand héron ne sont pas des espèces menacées ou vulnérables au Québec.

Protection légale de l'habitat

Au Québec, la héronnière se caractérise par un site où l’on retrouve au moins cinq nids utilisés par le grand héron, le bihoreau gris ou la grande aigrette au cours d’au moins une des cinq dernières saisons de reproduction.

Pour être protégée, la héronnière doit faire l’objet d’un plan préparé par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Ce plan détermine les limites officielles de l’habitat, lequel doit être situé sur les terres du domaine de l’État, et doit avoir été publié dans la Gazette officielle du Québec.

Bande de protection

Une bande de protection de 500 mètres de largeur autour des nids actifs d’une héronnière est prévue par le Règlement sur les habitats fauniques. Des interdictions additionnelles s’appliquent dans les 200 premiers mètres près des nids.

Cette mesure vise à limiter le dérangement des espèces utilisant la héronnière et à assurer, notamment, la préservation de leur habitat et le maintien des arbres supports.

Bonnes pratiques pour protéger l’habitat

Afin de contribuer au maintien des héronnières et de minimiser les impacts lors d’activités réalisées dans l’habitat, de bonnes pratiques et certains comportements doivent être adoptés :

  • Si vous êtes propriétaire d’un terrain situé à proximité d’une héronnière ou d’un milieu humide, conservez les arbres matures et les arbres morts. Les arbres supports sont essentiels pour la nidification du grand héron.
  • Si vous êtes observateurs d’oiseaux, pratiquez votre loisir en étant respectueux de la nature. Des codes d’éthique existent au sein de la communauté d’ornithologues pour que ce loisir soit réalisé en harmonie avec la nature et les autres observateurs. Consultez les codes d’éthique établis par Oiseaux Canada et par QuébecOiseaux pour en savoir plus.
  • Si vous êtes témoin d’un acte de braconnage ou de tout geste allant à l’encontre de la faune ou de ses habitats, signalez-le à SOS Braconnage – Urgence faune sauvage.
  • Puisque les poissons sont une source importante de nourriture pour le grand héron, respectez les limites de possessions déterminées par le gouvernement du Québec afin d’éviter la surpêche dans des plans d’eau.
  • N’effectuez pas d’activités qui pourraient perturber, modifier ou détruire les milieux aquatiques et humides. Ces milieux sont des habitats essentiels pour une multitude d’espèces fauniques et floristiques.
  • Si vous utilisez un drone pour observer les oiseaux, conservez une distance de 100 mètres pour ne pas les déranger.
  • Respectez la loi. Il est interdit de nuire, déranger ou détruire les œufs ou les nids d’oiseaux.

Dernière mise à jour : 6 mai 2026

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