Habitat du poisson

L’habitat du poisson est une des 11 catégories d’habitats fauniques qui bénéficient d’un statut de protection légal au Québec selon la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Réalisation d’activités dans un habitat faunique

Certaines activités pratiquées dans l’habitat du poisson peuvent nuire aux habitats et aux populations qui y vivent.

Si vous planifiez réaliser une activité telle dans cet habitat faunique, vous devez respecter certaines normes ou demander une autorisation. Pour plus d’informations, consultez la page demander une autorisation.

Avant de réaliser l’activité visée, il est de votre responsabilité de vous assurer de détenir toutes les autorisations requises, qu’elles soient municipales, provinciales ou fédérales.

Description

Grâce à ses nombreux lacs, milieux humides et cours d’eau, le Québec abrite une faune aquatique diversifiée, dont environ 240 espèces de poissons indigènes et plusieurs espèces de mollusques et de crustacés aquatiques. Les poissons utilisent de façon périodique, transitoire ou régulière, ces milieux qui possèdent des caractéristiques qui leur sont propres. Les perturbations à l’intérieur ou à proximité de ceux-ci peuvent avoir des effets considérables sur leur qualité et, conséquemment, sur le maintien de la biodiversité.

Les trois composantes essentielles de l’habitat du poisson sont :

  • La frayère;
  • La nourriture;
  • L’abri.

Les poissons doivent avoir un libre accès à ces composantes pour accomplir leur cycle vital. Ces composantes incluent les sites de migration, de reproduction, d’alevinage, de refuge et d’alimentation. Chez la plupart des espèces, la montaison, la fraie, l’incubation et l’alevinage ont lieu à des périodes et à des endroits différents au cours de l’année. Il est donc important de protéger les écosystèmes aquatiques pour limiter les impacts négatifs sur la faune.

Composition de l’habitat

Le choix de l’habitat dépend des besoins biologiques des espèces pour qu’elles puissent réaliser leur cycle de vie. Par exemple, la forme anadrome du saumon atlantique (Salmo salar) migre en mer afin de s’alimenter, puis retourne en eau douce pour se reproduire dans la rivière où il est né. De son côté, l’achigan à grande bouche (Micropterus nigricans) préfère les eaux calmes et plus chaudes des lacs.

Les caractéristiques des milieux aquatiques, comme la présence d’herbiers aquatiques, la température de l’eau, les conditions d’écoulement, la concentration en oxygène dissous et la salinité, déterminent les communautés de poissons qui peuvent y vivre. La libre circulation des poissons entre les milieux aquatiques est également nécessaire, car plusieurs espèces doivent se déplacer d’un milieu à un autre pour accomplir leur cycle de vie ou répondre à leurs besoins vitaux.

Localisation

L’habitat du poisson comprend les lacs, les marais, les marécages ou les cours d’eau délimités par une limite du littoral.

Au printemps, la zone inondée temporairement dans la partie supérieure du littoral fait aussi partie de l’habitat du poisson. Pour visualiser où se situe l’habitat du poisson, soit la limite correspondant au littoral, consultez le schéma illustrant la délimitation des rives et du littoral.

Seulement une partie de l’habitat du poisson situé dans le territoire marin au-delà de la pointe ouest de l’île d’Anticosti, incluant la baie des Chaleurs, est cartographiée légalement.

Il est recommandé de consulter régulièrement les hyperliens suivants pour vérifier les tracés des habitats fauniques, car ceux-ci pourraient être modifiés selon l’évolution des connaissances et la mise à jour des données :

Ces plans peuvent aussi être téléchargés sur Données Québec.

Menaces et sensibilité

Plusieurs menaces pèsent sur l’habitat du poisson.

Pollution de l’eau

La qualité de l’eau est essentielle pour le maintien des habitats et la santé des populations de poissons. La pollution de l’eau par les métaux peut réduire la production d’œufs et diminuer la capacité de reproduction de certains poissons du fleuve Saint-Laurent. Une exposition à des concentrations élevées de métaux a aussi des effets néfastes sur le système nerveux des poissons, des amphibiens et des oiseaux. Les métaux peuvent également modifier la structure des communautés benthiques, la base de la chaîne alimentaire dont dépendent les poissons.

Les pesticides peuvent causer des changements dans les communautés d’algues et de plantes aquatiques, ainsi que dans les communautés benthiques, en favorisant la présence des cyanobactéries et des algues vertes. La disparition de plantes aquatiques entraine une perte d’abris et d’accès à la nourriture pour certaines espèces de poissons.

Modification des rives des cours d’eau

L’artificialisation et la dégradation des rives des cours d’eau affectent considérablement l’intégrité de l’habitat du poisson. Une diminution du couvert végétal dans les rives peut augmenter localement la température de l’eau et ainsi réduire la disponibilité de l’oxygène pour les poissons. La végétation riveraine agit notamment comme une barrière physique qui limite l’érosion des berges et l’apport de sédiments dans les cours d’eau. En son absence, l’habitat aquatique est plus vulnérable face à un apport excessif de sédiments. Cet apport excessif en sédiments et nutriments augmente la turbidité de l’eau et peut colmater les frayères de poissons, réduisant le taux de survie des œufs.

Barrages

La construction de barrages crée des obstacles à la libre circulation des poissons, ce qui nuit aux espèces migratrices au cours de leur cycle de vie. De plus, les réservoirs formés à la suite de leur construction peuvent modifier les propriétés physicochimiques du plan d’eau et nuire au milieu.

Espèces exotiques envahissantes

La présence d’espèces exotiques envahissantes, tant végétales qu’animales, peut perturber les populations de poissons. Ces espèces peuvent augmenter la compétition avec les espèces indigènes pour la nourriture et les abris. Elles peuvent aussi transmettre des parasites ou des maladies, tout en modifiant certaines composantes de l’habitat. Le dépôt de poissons d’aquariums (p. ex. : poissons rouges) ou le dépôt d’individus venant d’un autre lac (p. ex. : crapet-soleil) dans un milieu naturel sont des exemples d’activités liées à cette menace.

Protection légale de l’habitat

Au Québec, l’habitat du poisson correspond à tous les lacs et cours d’eau jusqu’à la limite du littoral, auxquels il faut ajouter les milieux humides lorsqu’ils sont fréquentés par le poisson.

Pour être protégé, l’habitat du poisson doit répondre aux critères mentionnés ci-dessus et être situé sur les terres du domaine de l’État. Pour le Saint-Laurent, l’habitat du poisson s’étend jusqu’à la pointe ouest de l’île d’Anticosti. Pour tout territoire marin situé au-delà, incluant la baie des Chaleurs, l’habitat doit faire l’objet d’un plan préparé par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Ce plan détermine les limites officielles de l’habitat et doit avoir été publié dans la Gazette officielle du Québec.

Connaître le caractère public ou privé (domanialité) d’un lac ou d’un cours d’eau

Lors d’une demande d’autorisation pour réaliser une activité prévue dans l’habitat du poisson, assurez-vous que l’activité sera réalisée sur le domaine de l’État (hydrique et/ou terre immergée). En effet, certains lits de lacs et de cours d’eau au Québec sont du domaine privé. Il est donc important de connaître le caractère public du lit d’un lac ou d’un cours d’eau.

Bonnes pratiques pour protéger l’habitat

Afin de contribuer au maintien de l’habitat du poisson et de minimiser les impacts lors des activités qui y sont réalisées, de bonnes pratiques et de bons comportements doivent être adoptés :

  • Empruntez les chemins et les traverses de cours d’eau appropriés lors de vos randonnées ou de vos promenades en véhicule tout-terrain.
  • Nettoyez systématiquement vos embarcations et équipements nautiques pour éviter la propagation d’une espèce aquatique envahissante d’un lac ou d’un cours d’eau à un autre.
  • Évitez de perturber le tracé naturel d’un cours d’eau pour permettre au poisson de circuler librement entre les endroits qui constituent son habitat.
  • Prévenez toute contamination de l’eau, par exemple, en gardant vos réservoirs d’huile à moteur ou d’essence loin des cours d’eau pour éviter les déversements;
  • Signalez les situations préoccupantes, comme les cas de mortalité de masse dans l’habitat du poisson. Si vous êtes témoin d’un acte de braconnage ou de tout geste allant à l’encontre de la faune ou de ses habitats, signalez-le à SOS Braconnage – Urgence faune sauvage.
  • Soyez vigilant pour ne pas détruire accidentellement une frayère dans un lac, un cours d’eau ou le fleuve. Cela peut avoir des conséquences majeures sur les populations de poissons et, par conséquent, sur les activités de pêche, surtout si le nombre de frayères y est limité.
  • Évitez d’utiliser un véhicule tout-terrain ou un autre véhicule motorisé sur le littoral d’un plan d’eau. Leur utilisation peut détruire la végétation qui s’y trouve, une composante cruciale de la chaîne alimentaire de toutes les espèces de l’habitat. Elle sert de source primaire de nourriture et d’abri aux poissons.
  • Ne déplacez pas des roches dans un ruisseau pour y créer un bassin. Cette action peut avoir de graves conséquences sur la capacité de reproduction de certaines espèces. Le poisson pourrait ne pas être capable de remonter le cours d’eau pour frayer ou atteindre les sites viables, en période estivale.

Dernière mise à jour : 6 mai 2026

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